Les stations-service à Monaco pourraient bientôt se limiter à deux sites en activité, avec des conséquences sur la circulation et la concurrence entre distributeurs de carburant.

Dans une Principauté indissociable des Ferrari, Lamborghini et Bentley, trouver une pompe pourrait devenir plus compliqué. La station Esso située au pied du stade Louis-II a définitivement fermé le 31 août 2026, après près d’un demi-siècle d’activité. Elle laisse place aux travaux prévus dans l’enceinte sportive, sans perspective de réinstallation.
Une autre fermeture se profile près du cimetière. Cette station doit interrompre temporairement son activité pour permettre le réaménagement de l’îlot Charles-III. Il pourrait alors ne rester que Romano Energy et Pit Stop pour assurer le ravitaillement dans la Principauté.
Cette réduction de l’offre a été évoquée au Conseil national lors des débats sur le budget rectificatif 2026. Au-delà du confort des propriétaires de grosses cylindrées, c’est l’accès au carburant qui est en jeu sur un territoire de seulement 2 km².
Des stations-service à Monaco difficiles à remplacer

Installer de nouvelles pompes suppose de trouver un terrain adapté, d’aménager des cuves de stockage et de respecter les contraintes de sécurité. Autant de conditions difficiles à réunir dans une Principauté où le foncier est particulièrement convoité.
Selon Nice-Matin, Frédéric Cottalorda, conseiller de gouvernement-ministre de l’Économie et des Finances, a reconnu devant les élus qu’il n’existait pas de solution simple pour ouvrir une nouvelle station. Le président du Conseil national, Thomas Brezzo, a suggéré d’étudier la conservation des cuves existantes.
Faute de remplacement, certains automobilistes pourraient devoir rejoindre Cap-d’Ail ou Roquebrune-Cap-Martin pour faire le plein. Ces déplacements supplémentaires risqueraient d’alourdir la circulation sur des axes déjà chargés. À Cap-d’Ail, la station TotalEnergies de la Moyenne Corniche reste d’ailleurs fermée depuis 2023, après un éboulement.
La concurrence inquiète aussi les élus
Jean-Louis Grinda, vice-président du Conseil national, a alerté sur un risque de quasi-monopole et ses conséquences possibles sur les tarifs. Aucune flambée des prix liée aux fermetures n’est toutefois démontrée. L’inquiétude porte sur la diminution du choix : avec moins de distributeurs, les automobilistes auraient moins de possibilités de comparer les prix avant de se ravitailler.

L’électrification du parc ne supprime pas ce besoin. En 2025, les voitures électriques représentaient 21,9 % des immatriculations neuves à Monaco, soit la même proportion que les modèles essence. Les hybrides essence-électrique occupaient également une place croissante.
Or, ces dernières ont toujours besoin de carburant, tout comme les voitures thermiques encore en circulation. Le développement de l’électrique ne résout donc pas, à lui seul, la question du maintien des stations-service.





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