Les droits de douane automobiles ravivent les tensions entre l’Union européenne et les États-Unis. Les États membres veulent appliquer sans tarder la partie européenne d’un accord commercial, alors que Donald Trump menace de porter à 25 % les tarifs visant les voitures et camions européens.
Droits de douane automobiles : un accord sous pression
Les négociations entre représentants du Parlement européen et du Conseil doivent reprendre autour d’un texte destiné à réduire les droits de l’UE sur des biens américains. Le Parlement souhaite toutefois ajouter plusieurs garde-fous avant de donner son feu vert.
La menace tarifaire a été lancée le vendredi 1er mai. Donald Trump reproche à l’UE de ne pas avoir respecté des engagements pris en juillet 2025 dans son complexe de golf de Turnberry, en Écosse. Le point central concerne la suppression de prélèvements européens sur des biens industriels importés des États-Unis.
Le texte a déjà été suspendu deux fois par le Parlement européen. La première suspension est intervenue après des menaces visant des alliés européens qui n’avaient pas soutenu la tentative de Donald Trump d’acquérir le Groenland. La seconde a suivi l’introduction de nouveaux droits américains à l’importation.
Les États membres de l’UE soutiennent largement une résolution rapide entre le Parlement et le Conseil. Manfred Weber, chef du Parti populaire européen, premier groupe du Parlement, veut une conclusion assez rapide pour permettre une approbation finale dès ce mois-ci, un calendrier jugé ambitieux. Bernd Lange, président de la commission du commerce international et négociateur du Parlement, a qualifié la conduite de Donald Trump d’« inacceptable » et estime qu’elle renforce l’argument en faveur de garanties supplémentaires.
Pourquoi l’automobile est directement concernée
Pour l’industrie automobile, le dossier dépasse les seuls échanges entre l’Europe et les États-Unis. L’incertitude autour de l’accord États-Unis-Mexique-Canada ajoute une autre pression sur les constructeurs, notamment sur les véhicules et les composants.
En avril, Nissan, Hyundai et Toyota ont averti que les voitures d’entrée de gamme abordables pourraient disparaître du marché américain si l’accord nord-américain n’était pas renouvelé ou s’il était profondément révisé. Ces marques figurent parmi les rares à proposer encore de petites voitures accessibles aux États-Unis, alors que les constructeurs nationaux se sont largement tournés vers les SUV et les pick-up.
Des dirigeants du secteur ont prévenu l’administration américaine qu’en l’absence d’allégement tarifaire significatif, certains constructeurs étrangers pourraient ne plus trouver viable de produire et de vendre des voitures à prix contenu sur le marché américain.
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