Des échanges en cours sur l’assemblage de véhicules en Europe
Ford et le groupe chinois Geely mènent actuellement des discussions autour d’une possible collaboration. L’idée à l’étude consisterait à associer une capacité de fabrication en Europe et un partage de technologies automobiles.
Les échanges portent notamment sur l’option de voir des usines européennes de Ford assembler des véhicules qui seraient ensuite vendus localement par Geely. Selon plusieurs personnes au fait du dossier, ces conversations se poursuivent depuis plusieurs mois.
La piste industrielle jugée la plus avancée, avec un site espagnol cité
D’après deux sources, le volet de fabrication en Europe apparaît plus avancé que les autres aspects des discussions. Ford a récemment dépêché une équipe en Chine pour intensifier les négociations, après des réunions organisées dans le Michigan entre des dirigeants des deux groupes la semaine précédente.
Parmi les sites mentionnés, l’usine Ford de Valence est présentée comme le principal candidat pour s’inscrire dans un éventuel dispositif industriel.
Technologies embarquées et conduite automatisée parmi les thèmes étudiés
Au-delà de l’assemblage, les deux groupes étudient aussi une coopération autour de technologies embarquées, dont des systèmes de conduite automatisée. À ce stade, le périmètre exact d’un éventuel accord n’est pas précisé.
Contexte commercial et réglementaire : États-Unis et Union européenne
Les constructeurs chinois restent largement tenus à l’écart du marché américain, en raison de droits de douane et de restrictions mis en place sous l’administration Biden, sur fond de préoccupations de sécurité nationale liées aux logiciels et aux données des véhicules. Un plan impliquant des technologies chinoises aux États-Unis pourrait attirer l’attention de l’administration Trump et de parlementaires.
En Europe, produire des véhicules au sein du bloc pourrait permettre à Geely de contourner les droits imposés par l’Union européenne sur les voitures électriques fabriquées en Chine. En 2024, l’Union européenne a instauré des prélèvements provisoires pouvant atteindre 37,6% sur les véhicules électriques chinois importés.
Autres initiatives industrielles en Europe et éléments de contexte autour de Geely
D’autres acteurs comptent également s’appuyer sur des capacités de production en Europe. Leapmotor envisage d’utiliser une usine de Stellantis en Espagne via une coentreprise, tandis que Guangzhou Automobile Group et XPeng travaillent avec Magna International en Autriche.
Geely coopère déjà avec Renault en Corée du Sud et au Brésil. Le groupe a aussi été critiqué à Washington après la décision de Ford d’obtenir une licence de technologie de batteries auprès de CATL.
Ventes de Geely Auto et objectifs à l’horizon 2030
Geely Auto, qui regroupe notamment Zeekr et Lynk & Co, a indiqué que ses ventes avaient progressé de 39% en 2025, à un peu plus de trois millions de véhicules. De son côté, Geely Holding Group a récemment présenté un plan visant à porter les ventes mondiales au-delà de 6,5 millions de véhicules d’ici 2030, dans le cadre d’une nouvelle feuille de route stratégique.
Par ailleurs, le Financial Times a évoqué des discussions entre Ford et Xiaomi sur une production de véhicules électriques aux États-Unis, une information démentie par les deux entreprises.





