La Ventra électrique veut limiter et capter les particules de ses freins et de ses pneus, une pollution désormais visée par Euro 7.

Une voiture électrique n’émet pas de gaz d’échappement en roulant. Ses pneus s’usent pourtant au contact de la chaussée, et ses freins produisent des poussières. Avec l’électrification du parc, ces émissions hors échappement prennent plus de place dans le débat sur la pollution automobile.
L’équipe d’étudiants TU/ecomotive, de l’université de technologie d’Eindhoven, aux Pays-Bas, travaille sur ce problème. Son nouveau prototype, la Ventra, cherche à limiter ces particules à la source et à en récupérer une partie en roulant. Le dispositif de capture est intégré à la structure d’une voiture légère.
L’équipe avait déjà développé les prototypes Zem et Phoenix. Cette fois, elle cible des résidus qui concernent aussi les voitures thermiques et hybrides.
Un châssis léger, puis une capture électrostatique

Tout commence par la masse. Le châssis central en fibre de carbone pèse 45,5 kg. Les étudiants cherchent ainsi à limiter l’usure des pneus sans alourdir la voiture. Moins de matière arrachée aux pneumatiques pendant le roulage, c’est aussi moins de particules à récupérer.
Le deuxième levier est un procédé électrostatique. En roulant, la Ventra attire et piège les particules fines issues de ses propres pneus et de son freinage. On n’est donc pas face à un simple filtre de l’air ambiant : le dispositif cible ce que la voiture produit elle-même. Réduction à la source et capture vont de pair.
Le principe pourrait inspirer des systèmes intégrés plus discrètement à d’autres voitures. Pour l’instant, la Ventra reste un démonstrateur technologique.
Un coupé léger, sans bilan environnemental complet
Le prototype pèse 790 kg au total. La chasse aux kilos ne se limite donc pas au châssis. La batterie associée au moteur électrique offre 290 km d’autonomie en cycle WLTP.
Les particules collectées ne seraient pas forcément jetées. L’équipe envisage de les réutiliser en sécurité, notamment pour fabriquer des revêtements en émail. Le projet s’intéresse ainsi à leur devenir après récupération.
Mais attention : la légèreté ne dit pas tout du bilan environnemental. La fabrication de la coque en fibre de carbone a aussi une empreinte. Réduire l’usure en roulant ne suffit pas à établir le bilan complet de la Ventra.
Euro 7 ne s’arrête plus au pot d’échappement
Avec Euro 7, le contrôle de la pollution automobile dépasse les seuls gaz d’échappement. La norme prévoit des plafonds pour les particules liées à l’abrasion des freins et à l’usure des pneus sur la chaussée.
Pour une voiture électrique, l’absence de gaz d’échappement ne règle donc pas la question. Ses freins et ses pneus restent concernés. Même logique pour les modèles thermiques et hybrides : quel que soit le moteur, ces pièces s’usent. On comprend pourquoi la Ventra combine réduction de l’usure et récupération des poussières.
Le sujet touche aussi la composition et la fabrication de ces composants indispensables à chaque trajet. Elles devront répondre aux contraintes d’homologation.
Freins et pneus : d’autres pistes que la capture
Chez les spécialistes du freinage et les pneumaticiens, la réponse ne prendra pas forcément la forme du système de la Ventra. Parmi les pistes figurent des dépoussiéreurs intégrés aux étriers et des gommes qui perdent moins de matière. Les formulations des composants, les bandes de roulement et les procédés de fabrication sont aussi concernés.
Brembo fait partie des équipementiers engagés dans cette évolution avec de nouvelles gammes de freins. La Ventra explore une autre voie : une voiture conçue autour de la pollution hors échappement. On ne peut plus regarder seulement le pot : les particules viennent aussi des freins et du contact des pneus avec la route.






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