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Alonso fustige la F1 hybride et sa décennie perdue

Alonso fustige la F1 hybride et sa décennie perdue

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Fernando Alonso ne mâche pas ses mots sur la F1 hybride. À Montréal, l’Espagnol a estimé que l’ère ouverte en 2014 avec les groupes propulseurs turbo-hybrides avait fait perdre à la discipline « presque une décennie, voire plus » de course pure.

La F1 hybride remise en cause par Alonso

Alonso parle en pilote qui a connu plusieurs générations de moteurs. Sa carrière a commencé à l’époque des V10, avant les V8 puis l’ère hybride. Alors que Mohammed ben Sulayem défend un retour des V8 sur la grille, l’Espagnol estime que les évolutions actuelles ne vont pas assez loin.

« L’ADN de ces unités de puissance sera toujours le même », a-t-il déclaré. Selon lui, ces motorisations continueront de récompenser le fait d’aller lentement dans les virages. Il juge aussi que la trajectoire prise par le monde vers l’électrification ne s’applique pas naturellement à la compétition : « La course est un animal différent. »

Son reproche ne relève donc pas seulement d’une préférence mécanique. Il vise la manière dont l’hybride influence la conduite, la gestion de l’énergie et la nature même des duels en piste.

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Des dépassements trop dépendants de la batterie

En prenant Montréal comme exemple, Alonso a aussi contesté l’authenticité de certains dépassements. « Dans les lignes droites, quand vous avez plus de batterie que les autres, ce sera très facile », a-t-il expliqué. « Ce ne sera pas un dépassement, c’est juste une manœuvre d’évitement. »

Il décrit le mécanisme ainsi : lorsqu’un pilote dispose de plus de batterie, l’autre « clippe » et réduit sa puissance d’environ 500 chevaux. Le premier se retrouve alors avec environ 500 chevaux de plus, ce qui transforme l’attaque en simple passage dans la ligne droite.

C’est ce point qui cristallise sa critique : le spectacle peut exister à l’image, mais le mérite sportif du dépassement lui paraît affaibli si l’écart vient surtout de l’énergie disponible.

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La F1 n’est qu’une partie du sport auto

Interrogé sur les expériences de Max Verstappen en GT3, Alonso a élargi le sujet. Il ne considère pas forcément cela comme de la « course pure », mais voit d’un bon œil le fait que des pilotes découvrent d’autres catégories et d’autres manières d’aimer le sport automobile.

Lui-même a quitté temporairement la F1 pour disputer l’Indy 500 et le WEC. Il se souvient que son premier test à Indianapolis avait attiré environ 2 millions de spectateurs sur YouTube, alors qu’il roulait seul sur l’ovale.

Pour Alonso, la F1 reste le sommet, mais elle ne représente qu’« 1 % » de l’environnement du sport automobile. Si des pilotes de premier plan se rendent au Nürburgring, aux 24 Heures du Mans ou ailleurs, ils peuvent ouvrir les yeux des fans sur des disciplines qu’il juge, elles aussi, magiques.

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A propos de l'auteur

Quentin, rédacteur essais chez Moteur Actu, est spécialiste de la culture automobile japonaise (JDM) : Toyota, Nissan, Honda, Mazda, Subaru, Mitsubishi et Lexus. Ses essais "à hauteur de conducteur" mêlent mesures objectives, retour d'expérience sur route et conseils d'achat directs, sans complaisance avec les constructeurs.

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