Le chiffre donne presque le tournis : Fernando Alonso compte 428 départs en GP et n’a toujours pas envie de ranger le casque. À 44 ans, l’Espagnol refuse de considérer 2026 comme un dernier tour de piste annoncé. Chez Aston Martin, il se dit encore compétitif, motivé et heureux au volant. Trois mots qui, dans son cas, suffisent à refroidir les rumeurs de retraite.
Alonso ne sent pas encore la fin
« Je n’ai pas le sentiment que ce soit le moment », a déclaré le double champion du monde à la chaîne officielle de l’Automobile Club de Monaco, en marge du Grand Prix de Monaco Historique. Difficile de faire plus clair. Alonso ne se projette pas encore dans l’après.
Cette résistance à l’idée d’arrêter vient de loin. « J’ai disputé ma première course à trois ans, et j’en ai 44. Cela fait donc 41 ans de ma vie que je suis derrière un volant », a-t-il rappelé. Pour lui, quitter la compétition ne relèvera pas d’une simple formalité. « Le moment où je devrai arrêter de courir sera une décision très dure et difficile à accepter. »
Le discours reste mesuré. Alonso ne promet pas de prolonger indéfiniment, mais il n’entend pas forcer le calendrier. « Le temps le dira, je le sentirai », a-t-il poursuivi. « Pour l’instant, je ne sens pas que ce soit le moment. Je me sens compétitif, je me sens motivé, je me sens heureux quand je pilote. Donc, oui, j’espère que ce ne sera pas la dernière saison. »
Un record qui change d’échelle
La longévité de Fernando Alonso raconte aussi l’évolution de la F1. Pendant des années, le record de Riccardo Patrese, avec 256 départs en Grand Prix, paraissait presque hors d’atteinte. La sécurité a progressé, les calendriers se sont étoffés, et les carrières ne se lisent plus tout à fait avec les mêmes repères.
Dix pilotes ont désormais dépassé la marque de l’Italien. Patrese avait construit son total sur 17 saisons en F1. Avec 24 courses par an, un tel volume peut aujourd’hui être atteint en un peu plus de dix saisons. Alonso, lui, domine ce classement avec ses 428 départs, sans compter les années passées hors de la F1 pour poursuivre ses ambitions en WEC et en IndyCar.
Cette durée n’a pas émoussé son pilotage. Ses départs et ses dépassements cette année montrent qu’il garde son adresse, mais aussi cette ruse en piste qui le caractérise. Voilà ce qui rend son cas si particulier : la question n’est pas seulement de savoir quand il partira, mais avec quelle voiture il pourra encore jouer gros.
Aston Martin, Honda et l’ombre de Newey
Si 2026 devait être sa dernière saison en F1, l’idée d’une sortie par le haut avait du sens. Sa monoplace est conçue par Adrian Newey et motorisée par Honda. Sur le papier, l’association donne à Aston Martin des arguments pour viser plus haut.
Mais Alonso ne semble pas prêt à refermer le chapitre. Il avait déjà indiqué qu’il quitterait très probablement la F1 après avoir aidé Aston Martin à devenir une équipe gagnante. Dans cette logique, une saison supplémentaire, voire davantage, reste une possibilité cohérente.
Tout dépendra aussi de ce qu’Aston Martin et Honda pourront lui mettre entre les mains. Alonso ne cherche pas seulement à rester sur la grille. Il veut encore se battre. Tant qu’il ressentira cette envie au volant, la retraite peut attendre.
Restez informé
Suivez-nous sur Google Actualités





