Jean-François Baldé a construit sa carrière entre endurance et Grands Prix, jusqu’à devenir vice-champion du monde 250cc et remporter cinq victoires en GP.
Les premières courses sur une Suzuki 250cc
Jean-François Baldé naît en 1950 à Mulhouse. Il rejoint le Var à 13 ans, puis la mécanique et la compétition prennent progressivement leur place dans sa vie. Ses débuts en course arrivent à 18 ans, sur une Suzuki 250cc. Le chemin vers les Grands Prix ne sera pas direct.
Avant de se consacrer pleinement à la vitesse, le Français se tourne vers l’endurance. Passé sur Kawasaki, il court sur les circuits de l’Hexagone et commence à bâtir son palmarès. On tient là un fil conducteur de sa carrière, mais ses résultats dépasseront cette marque et cette discipline.

Le Mans gagné, le Bol d’Or perdu
En 1973, Baldé remporte les 1000 kilomètres du Mans avec Christian Léon. Trois ans plus tard, il gagne de nouveau cette épreuve, cette fois aux côtés de Gilles Husson. Le Mans compte donc dans ses premières réussites, avant son installation durable parmi les meilleurs en championnat du monde.
L’année 1976 aurait aussi pu lui offrir le Bol d’Or, alors disputé sur le circuit Bugatti. Associé au Canadien Yvon Duhamel sur Kawasaki, il lutte contre deux autres équipages pour la victoire. La course se déroule devant 130 000 spectateurs. L’épreuve reste toutefois marquée par la mort de Gilbert Lavelle pendant les essais.
Face à Baldé et Duhamel, une autre Kawasaki est confiée à Christian Sarron et Denis Boulom. Honda oppose à ces deux équipages le duo Alex George et Jean-Claude Chemarin. Au petit matin, la lutte pour la première place reste ouverte.
Un long arrêt aux stands, vers 11 heures, coûte cher à Baldé et Duhamel. Sur l’autre Kawasaki, Denis Boulom poursuit la bataille malgré une petite chute, sans pouvoir empêcher la victoire de la Honda. Baldé laisse échapper ce succès, mais prouve déjà qu’il peut jouer les premiers rôles face à des équipages de premier plan.
Deux catégories pour s’installer parmi les meilleurs
Ses débuts internationaux se construisent parallèlement à l’endurance. Entre 1973 et 1975, il participe au Grand Prix de France grâce à des invitations. Ces apparitions restent ponctuelles : Baldé ne dispute pas encore de campagne régulière au plus haut niveau.
Le déclic arrive en 1976, une nouvelle fois au Mans. Sur Yamaha, Baldé monte sur le podium du Grand Prix de France en 350cc. Ce résultat reste isolé dans sa saison, mais précède une présence plus soutenue en compétition internationale.
Avec Kawasaki, le Français multiplie ensuite les performances en 250cc, en 350cc et en 750cc. La saison 1980 confirme sa progression. Il termine troisième du championnat 350cc, derrière Anton Mang et Kork Ballington. En 250cc, il prend également la troisième place du classement général. On ne parle plus d’un podium isolé : Baldé tient désormais son rang sur la durée, dans deux catégories.
Les attentes changent alors de dimension pour 1981. Baldé remporte d’entrée le Grand Prix d’Argentine en 250cc et s’affirme comme un candidat au titre. Anton Mang reste toutefois plus rapide et gagne cinq des sept courses du championnat. La régularité du Français lui permet de devenir vice-champion du monde 250cc, sans parvenir à renverser son rival.
Sa campagne en 350cc prend une autre tournure. Trois abandons consécutifs l’écartent de la lutte pour le titre. Il termine malgré tout troisième du championnat pour la deuxième année de suite, de nouveau derrière Mang. Baldé accumule les places d’honneur dans les deux catégories, mais le titre mondial lui échappe encore.

Trois victoires en 1982, mais pas de titre
En 1982, les deux programmes de Baldé prennent des directions différentes. Ses résultats en 250cc ne lui permettent pas de viser le sommet. En 350cc, en revanche, il se mêle à la course au titre et peut désormais rivaliser avec la vitesse d’Anton Mang.
Il remporte le Grand Prix de France à Nogaro, puis s’impose à Assen et à Silverstone. Avec trois victoires, cette campagne rassemble à elle seule la majorité de ses succès en Grands Prix. Elle ne lui apporte pourtant pas de couronne mondiale.
Mang devient champion avec une seule victoire. Didier de Radiguès, sur Chevallier, termine lui aussi devant Baldé au classement général. On mesure ici la limite du seul nombre de succès : gagner davantage ne suffit pas à décrocher le titre. Malgré ses victoires sur plusieurs circuits, le Français doit se contenter d’une nouvelle troisième place en 350cc.
La disparition de cette catégorie referme ensuite un chapitre décisif. L’aventure avec Kawasaki s’arrête et Baldé se recentre sur les 250cc. Il lui faut changer de machine et d’environnement technique.
Une dernière victoire sur Chevallier, le rebond sur Honda
Son choix se porte sur une Chevallier à moteur Yamaha. Le changement paie dès le Grand Prix d’ouverture, à Kyalami. Baldé y décroche la pole position, signe le meilleur tour en course et remporte la victoire. Ce coup du chapeau lui permet d’envisager une nouvelle candidature au titre.
La suite ne tient pas cette promesse. Malgré sa vitesse, les résultats ne suivent pas, puis une grave blessure aux ligaments met fin à sa saison. Kyalami restera sa dernière victoire en Grands Prix. Après une telle entrée en matière, cette interruption l’empêche de concrétiser ses ambitions.
Son retour sur Pernod-Yamaha est difficile. On doit attendre 1986 pour le retrouver régulièrement aux avant-postes. À 36 ans, Baldé pilote alors une Honda NSR250 engagée par l’ancien champion du monde Takazumi Katayama.
Dans une catégorie très disputée, il monte quatre fois sur le podium et termine cinquième du championnat. Ce retour parmi les meilleurs intervient après sa blessure et les difficultés rencontrées sur Pernod-Yamaha. Juste devant lui, à la quatrième place du classement général, figure encore Anton Mang, adversaire récurrent de ses années Kawasaki.
La fin de carrière est moins favorable. Sur la Defi à moteur Yamaha, Baldé se retrouve en fond de grille, avant de prendre sa retraite à la fin de 1989. Son bilan en Grands Prix compte cinq victoires. Il totalise aussi 26 podiums et sept pole positions.
Les succès en endurance, le titre de vice-champion du monde et les podiums sur différentes machines donnent toute sa mesure à ce parcours. On retient Kawasaki comme fil conducteur, sans réduire cette carrière à la marque japonaise. La victoire sur Chevallier et le retour aux avant-postes avec Honda montrent que Baldé a aussi su briller ailleurs.







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