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Maverick Viñales court blessé pour éviter une retenue

Maverick Viñales explique courir malgré sa blessure à l’épaule pour éviter les retenues prévues par son contrat KTM après trois Grands Prix manqués. Contraint à l’abandon lors du sprint en Australie, le pilote Tech3 demande une évolution de ces clauses.

Maverick Viñales au guidon de sa KTM Tech3 lors du Grand Prix d’Australie à Phillip Island. Moto GP
© Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Maverick Viñales dispute le GP d’Australie avec une épaule encore douloureuse et explique que son contrat avec KTM l’expose à des retenues sur salaire lorsqu’il manque trop de courses.

À Phillip Island, le pilote Tech3 ne se bat pas seulement contre le chronomètre. Sa blessure à l’épaule gauche limite toujours ses mouvements et fait de chaque sortie une épreuve physique. Rester chez lui pour se soigner aurait pourtant aussi une conséquence financière, affirme-t-il.

« Pour moi, courir dans ces conditions n’a aucun sens, car je suis le premier à ne pas vouloir rouler en queue de peloton et je souffre énormément. Mon épaule me fait mal, mais si je reste chez moi, je ne suis pas payé », a déclaré l’Espagnol à Motorsport.com.

Son témoignage met en lumière le conflit entre les besoins de récupération d’un pilote blessé et ses obligations contractuelles. Dans son cas, le seuil d’absences autorisées est déjà dépassé.

Une épaule qui ne récupère toujours pas

Les difficultés de Viñales remontent à sa chute en qualifications au Sachsenring, lors du Grand Prix d’Allemagne de la saison précédente. Le bilan était lourd : luxation de l’épaule gauche, fracture du trochiter et lésions du ligament supra-épineux.

Deux opérations ont suivi. La première avait permis de poser une plaque. Près d’un an plus tard, la seconde a servi à la retirer, car elle causait davantage de problèmes qu’elle n’en résolvait. C’est au Grand Prix des États-Unis, deuxième manche de cette saison, que le pilote avait décidé d’interrompre sa participation pour rentrer en Europe et subir cette nouvelle intervention.

Sept mois après, la récupération reste incomplète. Viñales occupe la dernière place des pilotes titulaires au championnat avec six points, après avoir manqué sept Grands Prix. Ce bilan lui a également coûté sa place sur la grille pour la saison prochaine.

L’étape australienne a donc une saveur particulière. L’Espagnol fait ses adieux à Phillip Island, son circuit préféré, où il compte une victoire et trois podiums en MotoGP. Sur cette piste où il a souvent brillé, ses journées du vendredi et du samedi ont surtout été marquées par la douleur et une mobilité réduite de la partie supérieure gauche du torse.

Maverick Viñales (Tech3)
© Gold and Goose Photography / Getty Images
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Maverick Viñales contraint d’abandonner le sprint

Le sprint a illustré ses limites actuelles. Viñales a abandonné au septième tour, gêné par la douleur, le gonflement de son épaule et la position de pilotage inhabituelle qu’il doit adopter pour rouler.

Il ne s’agit donc pas seulement d’un manque de performance. Son état physique l’empêche de piloter normalement, tandis que les efforts en piste compliquent sa récupération. L’enchaînement des déplacements laisse peu de place à la période de rééducation dont il estime avoir besoin.

Le pilote Tech3 décrit notamment les conséquences des deux rendez-vous précédents : « Lors des deux courses consécutives en Indonésie et au Japon, j’ai vraiment souffert. Je suis revenu avec une bursite et du liquide dans l’épaule, et les ligaments étaient également dans un très mauvais état. J’ai eu besoin d’une semaine pour récupérer. »

Il ajoute : « Mon bras a besoin d’une véritable période de rééducation, et là-bas, j’ai trop forcé. » La succession des Grands Prix complique ainsi la situation d’un pilote qui n’a toujours pas retrouvé ses moyens physiques.

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Des retenues dès la quatrième course manquée

Pour expliquer sa décision de continuer à courir, Viñales renvoie aux clauses de son contrat, signé directement avec KTM, bien qu’il roule au sein de Tech3.

Selon lui, cet accord autorise l’absence à trois Grands Prix avant l’application de retenues sur salaire. Au-delà, celles-ci dépendent du nombre de manches auxquelles il ne participe pas. Avec sept rendez-vous déjà manqués, cette disposition pèse sur sa décision de prendre la piste.

« Je ne peux rien y faire. Évidemment, je me suis blessé en Q1 alors que je pilotais pour KTM, mais les contrats que l’on signe sont ce qu’ils sont. On accepte de pouvoir manquer trois courses et, à partir de la quatrième, ils commencent à retirer de l’argent », a-t-il expliqué.

Pour Viñales, le choix entre courir et se reposer a donc une conséquence directe sur sa rémunération. Prendre le temps de récupérer entraîne une perte de salaire, alors même que sa blessure est survenue au guidon de la KTM.

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Un chantier pour l’association des pilotes

L’Espagnol souhaite porter ce sujet au niveau collectif. À ses yeux, la modification de ces clauses doit figurer parmi les priorités de l’association des pilotes que les concurrents du MotoGP semblent déterminés à créer.

« Nous devons faire pression sur eux pour que cela change, car c’est un sport dangereux et les blessures en font partie », a-t-il plaidé, en citant également le cas de Toprak, auquel il attribue une absence de six courses après une chute.

Son abandon à Phillip Island illustre cette revendication : être présent sur un Grand Prix ne signifie pas être physiquement capable de le disputer jusqu’au bout. Viñales réclame des contrats qui ne placent plus les pilotes blessés devant ce choix entre rééducation et salaire.

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La rédaction

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