Le règlement F1 2026 avait déjà révélé ses failles en 2022, mais la gouvernance et l’opposition des motoristes ont empêché la FIA de le corriger à temps.
Les failles du règlement F1 2026 connues dès 2022
Nikolas Tombazis, directeur des monoplaces de la FIA, reconnaît que les premières alertes sont apparues dès 2022, au fil des simulations. « Nous savions qu’il y avait ces problèmes, mais nous étions déjà un peu trop avancés pour changer les choses et certains avaient engagé trop de ressources », explique-t-il.
Les critiques formulées par les pilotes depuis le début de la saison n’ont donc pas pris la Fédération au dépourvu. Tombazis assure que plusieurs difficultés avaient été anticipées au cours des deux années précédant l’entrée en vigueur de la nouvelle formule. Des ajustements avaient bien été envisagés, mais ils se sont heurtés aux règles de gouvernance.
Pourquoi les motoristes ont empêché une correction rapide
Signé en 2022, un accord liait la FIA, la FOM et les fabricants de groupes propulseurs. Ce cadre devait notamment soumettre les nouveaux venus aux règles financières et opérationnelles dès 2023, avant même le lancement du championnat 2026. En contrepartie, la FIA ne pouvait pas modifier seule la réglementation : au moins quatre motoristes devaient approuver tout changement. Quatre d’entre eux ont toutefois refusé les ajustements discutés.
Cette rigidité a conduit au maintien d’un partage de puissance proche de 50/50 entre les deux composantes de la motorisation. La répartition doit désormais évoluer au cours des prochaines saisons, avec un ensemble de mesures prévu pour 2027, puis un partage 60/40 en 2028. Tombazis regrette que cette solution n’ait pas été adoptée plusieurs années plus tôt.
Cette forte électrification répondait également à un enjeu industriel. La F1 voulait attirer davantage de constructeurs, notamment Audi et Honda, afin d’éviter de se retrouver avec seulement deux groupes propulseurs. Cette exigence a cependant accentué les difficultés techniques de la nouvelle formule.
Tombazis défend malgré tout le spectacle proposé en piste. Mercedes a certes pris l’avantage et remporté de nombreuses victoires, mais il estime que les courses ont offert beaucoup de bagarres. La FIA entend désormais répondre aux demandes des pilotes tout en préservant l’intérêt des spectateurs.
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