Le turbo d’Alonso a été remplacé à Singapour à la demande du pilote, mais Honda affirme que ses données ne révélaient pas de défaillance majeure, contrairement au diagnostic de l’Espagnol.

Honda et Alonso ne font pas le même diagnostic
Fernando Alonso avait signalé un manque de réponse de sa voiture à la sortie des virages. Honda a suivi son retour et changé la pièce. Pour Shintaro Orihara, responsable de piste du motoriste, les relevés ne permettaient pourtant pas de conclure à une casse. « Le turbo n’était pas cassé », a-t-il expliqué.
Honda ne conteste pas les difficultés ressenties au volant. Orihara considère même le pilote comme « le meilleur capteur ». Son retour a donc justifié l’intervention, malgré l’absence de défaut majeur identifié dans les données. Alonso maintient, lui, que le turbo « était cassé et devait être changé ».
On parle donc d’un désaccord sur l’état du composant, pas sur le manque de réponse de l’Aston Martin. Une réaction anormale à l’accélération peut coexister avec une pièce jugée fonctionnelle à partir des relevés. Cela n’explique toutefois pas l’origine des difficultés rencontrées par le pilote.
Le remplacement ne règle pas tout
Honda précise qu’il s’agissait du sixième turbo d’Alonso cette saison. L’Espagnol a pris le départ depuis la voie des stands, comme Lance Stroll. Les modifications effectuées sous régime de parc fermé ont imposé ce départ aux deux pilotes. Elles concernaient notamment les réglages de suspension des deux Aston Martin.
Alonso a gagné quelques places, mais a terminé seizième, loin des points. Le remplacement du turbo n’a donc pas effacé toutes ses difficultés. Le pilote a notamment décrit des problèmes de déploiement électrique autour des périodes de voiture de sécurité virtuelle. La puissance arrivait parfois à des endroits où elle n’était pas utile, puis manquait dans les lignes droites. « C’était frustrant », a-t-il résumé.
On ne peut donc pas réduire le manque de rythme au seul débat sur le turbo. Mike Krack, chez Aston Martin, a reconnu que l’équipe espérait placer au moins une voiture en Q2. Mais elle n’avait pas été assez rapide. Orihara a également admis que le résultat reflétait le niveau actuel de compétitivité de l’ensemble.
Honda doit désormais analyser les données récoltées avant les prochaines courses. À Singapour, les relances, les virages lents et la récupération d’énergie ont mis à l’épreuve la réponse de la motorisation. Changer le turbo n’a pas suffi à rendre cette réponse constante.







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