Le Renault 4 Troop transforme une base civile hybride en prototype tactique destiné aux forces terrestres françaises.
Renault 4 Troop : un centre de commandement mobile
Présenté à l’occasion du salon Eurosatory, à Villepinte, le Renault 4 Troop prend la forme d’un Véhicule Civil Multi-Rôles, ou VCMR. Ce prototype doit y rester exposé jusqu’au 18 juin 2026, dans un contexte où le ministère des Armées souhaite associer les constructeurs automobiles aux futurs engins de défense nationale.
Renault ne mène pas ce projet seul. Le constructeur s’est associé à Thales, spécialiste français de l’aérospatial, de la défense, de la sécurité et du transport terrestre. L’objectif est de combiner une base automobile issue du groupe Renault avec des systèmes embarqués avancés, afin d’offrir aux forces terrestres un poste de commandement mobile.
Le 4 Troop repose sur la base du Rafale et reçoit quatre roues motrices ainsi qu’une motorisation hybride. Sa mission dépasse le simple transport : il a été conçu pour coordonner des opérations, piloter l’emploi de drones et de robots, soutenir la reconnaissance, mais aussi accompagner des missions d’escorte, de surveillance et de logistique.
Thales apporte l’IA et la connectivité tactique
La dimension la plus stratégique du projet se situe dans l’électronique embarquée. Thales fournit des technologies de communications sécurisées, de connectivité tactique, de coordination opérationnelle et d’aide à la décision. Le véhicule s’appuie notamment sur la Combat Digital Platform, pensée pour commander tout en manœuvrant sur le terrain.
Dans cette configuration, le Renault 4 Troop devient un outil de coordination mobile, avec des capacités renforcées par l’intelligence artificielle. Pour une unité engagée, l’intérêt est concret : mieux percevoir son environnement, réagir plus vite et synchroniser plusieurs moyens, y compris des drones et des robots, depuis un véhicule capable de suivre le rythme des opérations.
Renault met également en avant une approche pragmatique, fondée sur des plateformes civiles déjà maîtrisées industriellement. Le constructeur insiste sur la rapidité de production, la durabilité et l’optimisation économique, trois critères importants lorsqu’un véhicule doit être adapté à des missions variées sans repartir d’une feuille blanche.
Le prototype embarque enfin un système d’alimentation Vehicle-to-Load, ou V2L, qui permet d’alimenter directement certains équipements électriques sur le terrain. Cette fonction renforce l’autonomie énergétique du véhicule lors des opérations et pourrait être adaptée à plusieurs modèles du groupe Renault, du SUV au véhicule utilitaire.
Franck Naro, vice-président Ingénierie, Développement Projets Véhicule & Vie Série du Groupe Renault, résume cette logique autour d’une mobilité opérationnelle « pragmatique et souveraine », basée sur des plateformes civiles éprouvées et sur une capacité industrielle « immédiatement mobilisable ».
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