La blessure d’Isack Hadjar l’a déjà écarté de trois Grands Prix et rend désormais son retour à Bakou tributaire de sa récupération, d’une possible lésion tendineuse et du verdict du simulateur.

La blessure d’Isack Hadjar s’éternise
La trêve estivale devait permettre à Isack Hadjar d’entretenir sa condition physique. Une séance d’entraînement comprenant de la boxe a finalement eu l’effet inverse. Touché au poignet en août, le Français a successivement renoncé au Grand Prix des Pays-Bas à Zandvoort, à Monza, puis au Grand Prix d’Espagne à Madrid. Liam Lawson l’a remplacé dans la deuxième Red Bull lors de ces trois Grands Prix.
Red Bull avait d’abord évoqué une blessure au poignet, sans entrer dans les détails. Les informations apparues par la suite ont fait état d’une petite fracture. Si celle-ci suffit à expliquer l’indisponibilité du pilote, une nouvelle hypothèse circule dans le paddock depuis lundi 14 septembre.
Le problème pourrait également concerner un tendon. Cette possible atteinte tendineuse expliquerait une convalescence plus longue que prévu, mais elle reste au conditionnel. Red Bull n’a publiquement confirmé aucune rupture ni déchirure. La fracture demeure donc le seul diagnostic établi, contrairement à la rumeur concernant le tendon.

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Red Bull refuse de précipiter le retour
Laurent Mekies se veut rassurant sur le déroulement de la récupération. Le patron de Red Bull assure qu’il n’y a « rien d’anormal » et que les délais correspondent au type de blessure dont souffre Hadjar. Il ne fixe toutefois aucune date ferme pour son retour au volant de la RB22.
L’écurie ne souhaite pas replacer son pilote dans la monoplace avec un poignet encore diminué. Un retour à 90 % ou 95 % n’est pas envisagé. Hadjar devra être revenu presque à 100 % avant de recevoir le feu vert, une exigence essentielle pour supporter les efforts répétés imposés par le volant durant tout un week-end.
Cette prudence fait écho à l’échange entre Hadjar et Marc Márquez. La carrière du pilote de MotoGP avait été lourdement perturbée par son retour trop rapide à la compétition après une fracture de l’humérus en 2020. Pour le Français comme pour Red Bull, mieux vaut perdre quelques courses que risquer une aggravation susceptible de prolonger encore son absence.
Le simulateur décidera de sa présence à Bakou
La prochaine étape passera par une nouvelle évaluation, suivie d’un passage au simulateur. Red Bull veut y reproduire des contraintes proches de celles d’un Grand Prix afin d’observer la réaction du poignet. Tenir le volant ne suffira pas : Hadjar devra supporter la durée et la répétition des efforts sans difficulté anormale.
Ce test sera particulièrement important avant le Grand Prix d’Azerbaïdjan. Le circuit urbain de Bakou impose des corrections permanentes et ne laisse aucune marge face aux murs. Un manque de force ou une gêne persistante au poignet pourrait vite devenir pénalisant, même si le pilote se sent capable d’enchaîner quelques tours.
La décision tombera après cette séance. Si Hadjar se sent suffisamment proche de son niveau physique normal, il pourra retrouver son baquet. Dans le cas contraire, Lawson disputera une quatrième course consécutive avec Red Bull. L’écurie préfère ainsi évaluer son pilote dans des conditions contrôlées plutôt que directement pendant le week-end de course.
Liam Lawson prépare deux scénarios
Cette incertitude oblige Liam Lawson à travailler simultanément pour Red Bull et Racing Bulls. Après Madrid, le Néo-Zélandais expliquait ne pas encore savoir précisément quelle monoplace il piloterait à Bakou. La décision pourrait ne tomber que le mercredi ou le jeudi précédant le Grand Prix.
Son intérim commence pourtant à porter ses fruits. En trois courses avec Red Bull, Lawson a inscrit 14 points. Il ne compte désormais plus que 12 points de retard sur Hadjar au championnat, un écart qui se réduit à mesure qu’il accumule les kilomètres dans la RB22.
Ces résultats ne signifient pas que le baquet d’Hadjar est officiellement menacé. Red Bull continue de présenter Lawson comme un remplaçant temporaire et conditionne le retour du Français à son seul état physique. Chaque forfait supplémentaire offre néanmoins au Néo-Zélandais davantage d’expérience dans la monoplace, tandis qu’Hadjar reste privé de roulage réel.
La prudence face à l’urgence sportive
Après trois absences, l’envie de revenir à Bakou sera forte. Le calendrier doit ensuite enchaîner plusieurs courses rapprochées, ce qui donnerait encore plus de poids à un nouveau forfait dans la deuxième partie de saison. Hadjar doit cependant éviter que cette urgence sportive ne se transforme en problème médical durable.
Le simulateur constituera donc son premier rendez-vous décisif avant l’Azerbaïdjan. Il ne s’agira ni de signer un chrono ni de prouver sa capacité à supporter la douleur, mais de vérifier si son poignet répond normalement pendant un effort prolongé.
Red Bull a fixé une limite claire : le Français ne reprendra pas simplement parce qu’il peut serrer les dents et conduire. Son retour dépendra de sa capacité à disputer l’intégralité d’un Grand Prix sans compromettre la suite de sa saison. À Bakou, sa récupération restera prioritaire sur le calendrier.
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