Attendu chez Snipers en Moto3 en 2027, David Da Costa aborde les Grands Prix avec les leçons d’une saison où la vitesse a souvent précédé les résultats.
Le passage en mondial se rapproche pour le Lyonnais. Champion de France en catégorie OGP en 2023, il a poursuivi sa formation en ETC, en Red Bull Rookies Cup et en JuniorGP. Dans un entretien accordé à PaddockGP, le Français revient sur cet apprentissage, entre adaptation à la Honda, travail mental et confiance à reconstruire dans les bagarres.
Au-delà des places obtenues, il raconte comment il a appris à trouver le rythme, puis à l’exploiter lorsque les positions comptent, des qualifications aux dépassements en course.
David Da Costa mesure l’écart entre le FSBK et l’international
« Le FSBK, c’est une bonne école », estime le futur pilote de Snipers auprès de PaddockGP. De son passage en championnat de France, il retient de bons adversaires et des courses disputées. Il se montre toutefois plus réservé sur le niveau actuel, qu’il juge un peu insuffisant dans les petites catégories, notamment lorsque des pilotes engagés à l’international viennent y faire une pige.
Il a mesuré la différence en rejoignant les compétitions internationales. En France, explique-t-il, un dépassement coûteux pouvait faire perdre une seconde dans un virage sans nécessairement empêcher de rester dans le groupe de tête. En ETC ou en Espagne, la marge lui paraît bien plus étroite.
« Si tu doubles et que tu perds deux dixièmes, le groupe de tête peut déjà partir loin devant toi. » Dépasser ne consiste donc plus seulement à gagner une position : il faut aussi préserver le rythme, sous peine de voir les premiers s’échapper pendant la manœuvre.
Une Honda à brusquer pour trouver le rythme
En début de saison de JuniorGP, l’objectif était de signer régulièrement des top 10. Les premiers essais ont pourtant fait craindre une adaptation plus longue. Avec son équipe, Da Costa envisageait jusqu’à trois week-ends avant de pouvoir obtenir un résultat.
La première séance du rendez-vous d’ouverture n’a pas immédiatement dissipé ces difficultés. Le déclic est venu d’un changement radical de réglages, accompagné d’une remise en question du pilote. On lui avait expliqué que la Honda exigeait d’être suffisamment brusquée pour fonctionner correctement. Sans cet engagement, il ressentait des mouvements qui compliquaient son pilotage.
« Je déconnecte. Si je tombe, je tombe, mais j’essaie », s’est-il alors dit. Le gain a été immédiat : deux ou trois secondes au tour, une base de réglages enfin satisfaisante et un accès direct à la Q2 dès le lendemain. Le week-end s’est achevé avec une dixième et une treizième place. L’adaptation tant redoutée avait pris une autre tournure.

Transformer la vitesse des essais en résultats
La suite a confirmé sa capacité à marquer des points. Da Costa explique y être toujours parvenu, sauf à Magny-Cours, où il a chuté. Cette manche représentait pourtant, à ses yeux, son meilleur week-end : parmi les trois premiers aux essais, il s’était qualifié septième.
Terminer entre le top 15 et le top 10 répondait en partie à ses attentes initiales. Mais sa vitesse lui faisait désormais viser un podium. L’écart entre les séances libres et les qualifications devenait la principale difficulté : capable d’occuper les premières positions aux essais, il retombait ensuite entre la septième et la quatorzième place sur la grille.
Après Magny-Cours, une pause d’un mois a précédé un enchaînement de quatre week-ends. Le Français a alors commencé à travailler avec une coach spécialisée dans la préparation mentale et la psychologie du sport. Il juge cet accompagnement bénéfique : il a commencé à mener des courses et a décroché une première ligne à Jerez puis à Misano en Rookies Cup.
Les résultats espérés n’ont toutefois pas pleinement suivi. Il évoque des circonstances défavorables, des casses moteur, puis une blessure venue compliquer sa progression.
Retrouver sa place dans les bagarres
Entre ses deux saisons de Rookies Cup, Da Costa a aussi dû surmonter son appréhension des affrontements en piste. Il sortait de deux années marquées par de nombreuses blessures consécutives à des accrochages avec d’autres pilotes. Même en fermant la porte, il craignait qu’un adversaire manque son freinage et le percute.
Cette peur s’est atténuée. Il travaille désormais sur la manière de s’imposer, avec un objectif précis : gagner une place sans en perdre deux dans la foulée. Il reconnaît que ce point lui a coûté cher cette année.
Avant son arrivée en Moto3 en 2027, sa priorité est donc de convertir la vitesse montrée aux essais en positions conservées en course, sans sacrifier le rythme dans les duels.







Commentaires 0
Modérés avant publication