L’Aprilia RS-GP 2027 a effectué le test Pirelli de Brno avec un moteur de 850 cm³ et une aérodynamique déjà remaniée, donnant un premier aperçu des changements imposés pour la prochaine saison.
Le 22 juin 2026, les prototypes du futur MotoGP ont roulé sous une forte chaleur sur l’Automotodrom Brno, en République tchèque. Malgré une séance à huis clos, des images permettent de distinguer plusieurs évolutions sur les machines confiées à Marco Bezzecchi et Raúl Fernández.
Aprilia avait engagé de véritables prototypes de 850 cm³, et non des motos de 1 000 cm³ simplement dotées de nouveaux éléments de carénage. Si la silhouette reste proche de celle des RS-GP actuelles, les différences se concentrent notamment sur l’aileron avant et les conduits situés au bas des flancs.
Un règlement qui touche le moteur, les pneus et les appuis
La baisse de cylindrée, de 1 000 à 850 cm³, vise à réduire la vitesse en ligne droite. Elle s’accompagne du remplacement des Michelin par les pneus Pirelli et d’une réduction générale de l’aérodynamique. La partie arrière sera elle aussi réglementée.
Les dispositifs de réglage de hauteur de caisse et les embrayages électroniques disparaîtront également. Le poids minimum passera de 157 à 153 kg, tandis que la capacité du réservoir sera ramenée de 22 à 20 litres. Pour les Sprints, elle diminuera de 12 à 11 litres.
Il ne s’agit donc pas seulement de retirer des ailettes. Les constructeurs doivent faire fonctionner ensemble une motorisation plus petite, d’autres pneus et des surfaces aérodynamiques moins développées. Les images de Brno montrent une première réponse d’Aprilia à ces contraintes, avant les modifications attendues à Valence.
Pour cette journée, Pirelli avait apporté 400 pneus. À l’avant, cinq options étaient proposées : une tendre, deux médiums et deux dures. À l’arrière, les pilotes disposaient de trois options tendres et de deux dures.
Des chronos officieux déjà proches des références en course
Aucun chronométrage officiel n’a été publié à l’issue du test. Des temps officieux placent néanmoins Marco Bezzecchi et Raúl Fernández en 1 min 53 s 9, devant Fermín Aldeguer en 1 min 54 s 0. Toprak Razgatlıoğlu aurait tourné en 1 min 54 s 2, Pedro Acosta en 1 min 54 s 3 et Marc Márquez en 1 min 54 s 4.
Ces valeurs restent des indications, et non un classement homologué. Elles situeraient les deux Aprilia à moins de trois secondes du record absolu de Brno, établi cette année par Ai Ogura en 1 min 51 s 139.
L’écart serait encore plus réduit avec le meilleur tour en course, signé par Fabio Di Giannantonio en 1 min 53 s 122. Sur la base des temps ayant circulé, il serait inférieur à une seconde.
Une seule journée ne permet toutefois pas de mesurer précisément l’effet de chaque changement. Ces chronos ne disent notamment rien de la part respective du moteur, des pneus ou de la réduction des appuis dans la performance globale. Ils offrent surtout un premier point de comparaison pour les prochains essais.
L’Aprilia RS-GP 2027 réduit son aileron avant
Le changement le plus visible concerne l’aileron avant. Il retrouve une architecture quasiment monoplan, même s’il reste composé de plusieurs éléments. Son envergure est également contenue : il ne dépasse plus la largeur des flancs de la moto.
La différence avec l’ensemble utilisé sur la RS-GP de 1 000 cm³ est nette. Aprilia conserve une parenté visuelle entre les deux générations, mais la surface frontale apparaît moins développée sur le prototype destiné à 2027.


La version de course équipée de Michelin permet de comparer les deux configurations. Les clichés des machines actuelles correspondent aux motos engagées cette année à Brno ou en Indonésie, et non aux prototypes chaussés de Pirelli.

Des conduits raccourcis et un arrière encore en évolution
Dans leur partie supérieure, les flancs ne semblent pas présenter de différence majeure. Plus bas sur le carénage, l’évolution est plus marquée : Aprilia a revu les éléments aérodynamiques latéraux.

Les conduits aérodynamiques dits « downwash » sont nettement plus courts. Avec l’aileron avant, ils constituent l’un des signes les plus visibles de la réduction de l’aérodynamique sur la future RS-GP. Les images ne permettent pas, à elles seules, d’en chiffrer l’effet sur les appuis ou la vitesse de pointe.


Les petits appendices latéraux placés derrière les jambes des pilotes ne sont plus présents sur cette configuration, sans que leur absence permette de conclure à un abandon définitif. À l’arrière, le prototype utilise aussi l’avant-dernière version de l’aileron de selle, un élément également employé en course.
Des palettes sont enfin visibles sur le bras oscillant. Elles préfigurent celles adoptées ensuite en Australie et illustrent les points communs entre certains développements de la machine actuelle et ceux du projet 2027.


Le test de Brno donne ainsi un premier aperçu du développement : un véritable moteur de 850 cm³, un aileron avant resserré et des conduits latéraux raccourcis. Le prochain rendez-vous sera Valence, où les évolutions apportées depuis cette journée de juin permettront de mieux cerner la direction retenue par Aprilia.





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