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Les voitures BYD interdites d’accès à la base de Kadena

Les voitures BYD sont interdites depuis le 26 octobre 2026 sur la base américaine de Kadena, au Japon, y compris pour les taxis et les livraisons. Les autorités craignent une collecte de données sensibles, sans avoir présenté de preuve publique d’espionnage impliquant le constructeur.

Une voiture BYD illustrant les restrictions d’accès à la base américaine de Kadena au Japon. Actualités
© BYD

Les voitures BYD sont interdites d’accès à la base américaine de Kadena, au Japon, depuis le 26 octobre 2026, par crainte que leurs équipements embarqués ne collectent des informations sensibles.

Les voitures BYD sont interdites d’accès à une base militaire américaine au Japon.
Les voitures BYD sont désormais interdites d’accès à une base militaire américaine au Japon. Une décision qui illustre la méfiance grandissante envers les véhicules chinois connectés. — © BYD

À Kadena, une interdiction pour tous les usages

Voitures particulières, taxis ou véhicules de livraison : tous les véhicules du constructeur chinois sont concernés. Située sur l’île d’Okinawa, la base de Kadena est l’une des principales installations de l’US Air Force en Asie. Elle accueille notamment des chasseurs F-22 et F-35, des appareils de reconnaissance et un système de missiles Typhon.

Les autorités américaines redoutent que les caméras, capteurs et systèmes de géolocalisation recueillent des informations sur ces équipements ou leurs déplacements. « Ces véhicules présentent un risque inacceptable et impossible à atténuer pour notre personnel et notre mission », a déclaré Alli Stormer, porte-parole de la base, à Reuters.

Aucune preuve publique d’espionnage impliquant BYD n’a toutefois été présentée par les autorités. L’interdiction intervient quelques mois après l’inscription du constructeur sur une liste du Pentagone recensant des entreprises chinoises soupçonnées de liens avec l’armée de Pékin.

Des mesures similaires existent ailleurs. Certains sites militaires britanniques limitent l’accès aux véhicules chinois. En Pologne, ceux-ci sont interdits dans les installations militaires depuis février 2026, et les soldats ne peuvent plus connecter leurs téléphones professionnels à leurs systèmes multimédias. Israël a également restreint l’usage de BYD par certains responsables militaires.

Des Changan S07 auraient enregistré les déplacements de militaires en Norvège.
En Norvège, des Changan S07 utilisées par des militaires auraient enregistré leurs déplacements, jusqu’aux codes d’accès de certaines installations sensibles. Aucune transmission de ces données vers la Chine n’a toutefois été démontrée. — © Changan

En Norvège, lors d’un exercice militaire en septembre, des soldats auraient découvert que leurs voitures de location chinoises conservaient des vidéos de leurs déplacements. Des codes d’accès à des installations auraient même été filmés. Rien ne permet cependant d’affirmer que ces données ont été transmises à un tiers ou utilisées pour espionner.

Ces restrictions mettent en lumière les enjeux de sécurité des données liés aux voitures connectées : les équipements utiles à la conduite peuvent aussi enregistrer l’environnement d’un site sensible.

Les nouveaux modèles Polestar sont privés d’accès au marché américain.
La marque suédoise Polestar, contrôlée par le chinois Geely, fait également les frais des restrictions américaines sur les voitures connectées. Ses nouveaux modèles sont désormais privés d’accès au marché américain. — © Polestar
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Collecter des données ne prouve pas leur transmission

Caméras, GPS et microphones peuvent capter des images, des trajets ou des conversations. Certains modèles disposent aussi de radars et de lidars capables de détecter les objets alentour. Ces informations peuvent permettre de reconstituer des déplacements ou d’observer l’activité d’une installation.

Un lidar cartographie l’environnement d’une voiture à l’aide de faisceaux laser.
Les lidars, de plus en plus présents sur les voitures modernes, utilisent des faisceaux laser pour cartographier leur environnement en trois dimensions. Une technologie utile à la conduite, mais qui suscite aussi des inquiétudes autour de la collecte de données sensibles. — © Volvo

Pour autant, leur collecte ne signifie pas qu’elles sont conservées ou envoyées à l’étranger. Tout dépend des équipements, des logiciels et des possibilités de transmission du véhicule. Une connexion Internet ne constitue pas, à elle seule, une preuve d’espionnage.

Cette méfiance existe aussi dans l’autre sens. Dès 2021, la Chine avait interdit les Tesla dans certains complexes gouvernementaux, en raison de craintes similaires concernant leurs caméras. Ces restrictions ont été levées en 2024, après une validation portant sur la sécurité de leurs données.

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