Départs F1 : pourquoi la FIA intervient
Les départs F1 ont vite retrouvé une place sensible dans le débat. Un presque accident spectaculaire dès l’ouverture de saison, puis plusieurs envols manqués sur les trois premiers rendez-vous : le sujet ne pouvait pas rester de côté. Le duo Mercedes semble avoir été le plus touché, mais la FIA présente son ajustement comme une réponse à un danger très concret. Une monoplace qui reste scotchée sur la grille devient une cible.
Dans l’idée, le principe est limpide. Si les systèmes embarqués détectent une accélération trop faible juste après l’extinction des feux, le MGU-K peut fournir un surcroît d’énergie. Pas question de transformer un mauvais départ en envol parfait. Le but est d’aider la voiture à atteindre plus vite une vitesse suffisante pour réduire le risque de collision.
Nikolas Tombazis, directeur monoplaces de la FIA, insiste sur cette logique de sécurité. « En gros, il y a une détection de la façon dont la voiture accélère après un court laps de temps suivant le départ », explique-t-il. « Et si cela se situe sous un certain seuil, alors le système s’active. » Tout se joue donc autour de ce seuil, aussi sensible sur le plan technique que sportif.
Un filet de sécurité, pas un gain de performance
La FIA sait qu’elle touche à l’un des moments les plus exposés du week-end. Un départ peut ruiner le travail du samedi après-midi. Il peut aussi rebattre l’ordre en quelques mètres. Tombazis assure pourtant que cette aide ne doit pas devenir un outil de performance. Depuis le début de saison, l’intervention aurait été rare, avec deux ou trois cas au total.
Deux exemples permettent de cadrer le dispositif. Le mauvais départ de Verstappen en Chine n’aurait probablement pas déclenché l’assistance. Celui de Liam Lawson en Australie, en revanche, l’aurait fait « sans aucun doute ». La nuance est importante : le système cible les envols catastrophiques, pas les départs simplement moyens ou ratés dans des proportions habituelles.
Aux soupçons de manipulation possible, Tombazis oppose une réponse nette. « Nous avons clairement indiqué que ce n’est pas censé être un mécanisme avec lequel les gens seraient, disons, tentés de le faire exprès pour en tirer avantage », affirme-t-il. Sa formule résume la philosophie du dispositif : « Cela transformerait un départ désastreux en mauvais départ. Cela ne transformerait pas un mauvais départ en bon départ. »
Pas de pénalité automatique, mais une surveillance
La FIA avait d’abord envisagé une sanction automatique. Lors des premières discussions avec les écuries, l’idée était d’imposer un drive through à la fin du premier tour dès qu’une voiture utilisait ce mécanisme. L’objectif : décourager tout « petit jeu » autour de l’assistance.
Les équipes ont rejeté cette approche de manière unanime. Leur argument tient en une idée simple : lorsqu’une monoplace se retrouve dans cette situation, elle est déjà hors de contrôle du pilote et en très mauvaise posture. Les positions perdues suffiraient donc comme sanction sportive. La FIA a accepté cette lecture, sans renoncer à intervenir si nécessaire.
Tombazis prévient que l’instance gardera le dossier sous surveillance. « Si nous voyons que, pour une raison ou une autre, nous avons manqué quelque chose et que des gens commencent à l’utiliser pour obtenir un avantage, alors nous interviendrons, bien sûr », dit-il. Pour l’heure, la FIA estime toutefois que ce scénario n’est pas celui attendu.
Essais avant introduction en course
Le système ne sera pas activé au départ de la course à Miami. Avant une utilisation en conditions réelles, il passera par la séance d’essais prolongée du vendredi, à chaque départ d’entraînement effectué par un pilote. La FIA observera aussi les vrais départs afin d’évaluer ce qui se serait produit avec ce filet de sécurité.
Cette phase de validation illustre la prudence de l’instance. L’aide du MGU-K au départ touche un équilibre délicat : mieux protéger les pilotes sans gommer la difficulté d’un exercice clé. La ligne défendue par la FIA est claire : éviter les voitures quasi immobiles sur la grille, sans offrir de raccourci à ceux qui ratent simplement leur envol.
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