Gresini estime que le MotoGP 2027 pourrait offrir aux équipes satellites une occasion de prendre l’avantage sur les structures d’usine, à condition de comprendre rapidement les nouveaux pneus Pirelli.
Le changement de règlement ne condamne pas les équipes clientes à subir la loi des constructeurs. C’est la conviction de Michele Masini, directeur sportif de Gresini Racing, qui s’attend à une hiérarchie « plus ou moins » comparable à celle d’aujourd’hui. Le responsable italien y voit même une possibilité de faire la différence dès les premières courses.
Les pneus Pirelli, première clé du MotoGP 2027
La prochaine génération de MotoGP cumule les changements : moteurs de 850 cm³, restrictions aérodynamiques renforcées et interdiction des correcteurs d’assiette. À cette refonte s’ajoute le remplacement de Michelin par Pirelli. Les équipes devront donc apprendre à exploiter une nouvelle moto tout en découvrant le comportement de ses pneus.
Les constructeurs ont pris de l’avance dans ce travail : certains ont commencé à faire rouler leurs prototypes dès décembre 2025. Les essais privés et le test officiel de Brno, en juin 2026, leur étaient réservés. De leur côté, les équipes satellites ont dû attendre le rendez-vous du Red Bull Ring, en septembre 2026, pour découvrir les nouvelles machines chaussées de Pirelli.
Ce décalage ne suffit pourtant pas à inquiéter Masini. À ses yeux, la rapidité d’apprentissage des équipes peut peser davantage que leur statut au début de la saison.
« En termes de performances, il sera crucial de comprendre immédiatement les pneus Pirelli. L’un des aspects les plus importants en course est la gestion des pneus, en fonction de la moto que l’on pilote », a expliqué Michele Masini à Motorsport.com.
Le directeur sportif envisage ainsi qu’une équipe satellite puisse mieux s’en sortir que certaines structures d’usine. Comprendre rapidement les gommes et savoir les gérer pourrait donner un avantage, particulièrement lors des deux premières courses. Sans promettre un bouleversement durable de la hiérarchie, il voit là une occasion à saisir au lancement du nouveau règlement.

Gresini compte sur une collaboration inchangée avec Ducati
La refonte technique pourrait accroître la dépendance des satellites envers leur constructeur partenaire. Pour Gresini, l’accompagnement de Ducati sera précieux afin de comprendre une machine dont le caractère va évoluer, notamment sous l’effet des nouveaux pneus.
Masini ne prévoit cependant aucune dégradation de cette relation. « Je pense que le soutien ne changera pas. Il n’y a pas lieu de le modifier, car au final, nous travaillons sans relâche ensemble chaque jour de chaque week-end de Grand Prix », affirme-t-il.
Sa confiance porte aussi sur le matériel que fournira Ducati. Il se dit convaincu que le constructeur mettra à disposition des pilotes un très bon ensemble technique, tout en maintenant la collaboration actuelle avec Gresini.
L’équipe italienne aborde donc cette transition comme une opportunité plutôt que comme une menace. Elle a remporté au moins un Grand Prix chaque année depuis sa séparation avec Aprilia, cinq ans auparavant. Pour Masini, résoudre certains problèmes avant les autres pourrait permettre de traduire le travail d’adaptation en résultats dès les premières manches.
Des motos nouvelles pour tous, mais des accords différents
Le passage au nouveau règlement modifiera aussi la comparaison entre les machines. En 2026, Gresini engage une GP26 pour Álex Márquez, aux spécifications d’usine, tandis que Fermín Aldeguer dispose d’une GP25 de la saison précédente.
En 2027, toutes les équipes devront aligner des motos répondant aux nouvelles règles. Elles ne disposeront pas pour autant du même matériel au fil de la saison.
Chaque satellite possède son propre accord avec son constructeur. Ces contrats définissent les spécifications fournies et la fréquence des mises à jour. L’écart entre une moto actuelle et celle de l’année précédente peut ainsi varier selon les marques et les saisons.
Les écuries d’usine pourraient donc conserver un avantage en recevant certaines évolutions avant les structures clientes. L’optimisme de Gresini tient surtout à sa capacité à bien exploiter la nouvelle génération dès le départ, sans compter sur la disparition des différences contractuelles ou des rythmes de développement.
Sepang doit donner une vision plus précise
Gresini a découvert la Ducati GP27 au Red Bull Ring en septembre, avec l’équipe travaillant du côté de Fermín Aldeguer dans le stand. Masini décrit ce roulage comme un premier contact avec la moto et les pneus, plutôt que comme une évaluation définitive de leur potentiel.
Pirelli poursuit le développement des gommes destinées à la saison prochaine. Pour tester la version finale des nouveaux composés, les équipes devront attendre les premiers essais de présaison à Sepang, en février 2027, indique le directeur sportif.
D’ici là, Masini espère que le test du mardi suivant le GP de Valence permettra d’avancer, même si son utilité dépendra des conditions météo. C’est aux essais de Sepang et de Buriram que Gresini devrait, selon lui, se faire une idée précise de la situation.
La confiance affichée par l’équipe n’efface pas le travail restant. Pour tirer un avantage de cette remise à zéro, elle devra surtout comprendre les Pirelli plus vite que ses adversaires.





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