Marc Márquez a choisi de contenir ses émotions après les sprints pour préserver une énergie qui lui manquait cruellement le dimanche en début de saison.
Une deuxième place en Autriche, puis une victoire au Japon : sur les podiums des sprints, le pilote Ducati avait pourtant de bonnes raisons de sourire. Mais c’est son visage fermé qui a retenu l’attention. Au Japon, même son septième succès de la saison dans cet exercice n’a donné lieu qu’à une célébration mesurée.
Cette retenue ne traduisait pas un manque de satisfaction. Le champion du monde en titre cherchait à mieux répartir ses ressources sur l’ensemble du week-end, avec une priorité : aborder dans le meilleur état possible la course principale, celle qui distribue le plus de points.
Marc Márquez veut éviter les montagnes russes émotionnelles
L’Espagnol a expliqué à Motorsport.com que cette retenue était volontaire. « Ce n’est pas que je sois sérieux, c’est que je préserve mon énergie. Les hauts et les bas émotionnels demandent beaucoup d’énergie. »
Pour lui, la préparation physique ne suffit pas à absorber toute la fatigue d’un GP. Il distingue la capacité du corps à supporter l’effort du coût des variations d’adrénaline qui accompagnent la compétition.
« Physiquement, nous pouvons y faire face parce que nous sommes bien entraînés. Mais pendant un Grand Prix, le niveau d’adrénaline augmente fortement, puis redescend brusquement. C’est épuisant », a-t-il confié au même média.
Ses célébrations contenues relèvent donc de la gestion de l’énergie, plutôt que d’une déception sportive. Le résultat du samedi compte, mais Márquez veut éviter de le payer le lendemain. Les difficultés physiques traversées pendant la première moitié de la saison expliquent l’importance qu’il accorde à cette approche.
Une épaule blessée et des dimanches sans énergie
Lors d’un échange à Phillip Island avec Motorsport.com, le pilote Ducati est revenu sur l’origine de cette méthode. Sa réflexion a commencé au moment où les séquelles de sa blessure à l’épaule droite pesaient le plus lourd.
Cette blessure remontait à sa chute en Indonésie en 2025, peu après la célébration de son titre. Ses conséquences l’ont handicapé au début de la saison suivante. Une opération, pratiquée pendant le week-end du GP de France, a mis fin aux pertes soudaines de sensibilité dans son bras, provoquées par une compression du nerf radial.
L’intervention n’a toutefois pas levé toutes les contraintes. Les dommages accumulés dans la partie supérieure droite de son corps lui imposaient davantage de kinésithérapie et de récupération. Ce travail s’ajoutait à un programme de GP déjà devenu plus exigeant avec l’arrivée des sprints en 2023.
« Pendant la première moitié de la saison, j’étais complètement vidé le dimanche. Je me réveillais et je n’avais qu’une envie : passer toute la journée allongé sur le canapé. Et ce n’était pas une question de condition physique », a expliqué Márquez à Motorsport.com.

Le mental devait compenser les difficultés physiques
Les indicateurs de son entraînement contrastaient avec cette sensation d’épuisement. Ses séances de vélo et ses autres exercices donnaient de bons résultats. Malgré son problème au bras, il estimait être en forme sur le plan cardiovasculaire.
Ce décalage l’a conduit à regarder au-delà de sa seule préparation physique. « J’ai alors commencé à comprendre que lorsqu’on est blessé ou confronté à des difficultés physiques, le mental doit davantage prendre le relais. Il est très difficile de déconnecter mentalement », a-t-il détaillé.
Même un entretien mobilise son attention, expliquait-il, puisqu’il cherche à se concentrer pleinement sur les questions et ses réponses. Les sollicitations hors de la piste entrent donc elles aussi dans cette gestion de l’énergie. Il ne s’agit pas seulement de contenir les émotions du podium, mais aussi de mieux organiser les heures entre les séances.
Davantage de temps au calme dans le paddock
Le numéro 93 s’efforce désormais de limiter le temps passé en dehors de son box ou de son espace personnel. Il privilégie les moments dans sa chambre et accorde davantage d’attention à sa condition physique.
« J’ai compris qu’en passant davantage de temps dans ma chambre et en me concentrant sur ma condition physique, je me sentais mieux ensuite et j’avais plus d’énergie », a-t-il expliqué à Motorsport.com.
Márquez reconnaît aussi que sa conviction peut contribuer au bénéfice ressenti. Il ne sépare pas complètement la méthode de la confiance qu’il lui accorde : « Peut-être que le fait d’être convaincu de l’efficacité de cette méthode m’aide également. »
Son attitude impassible sur le podium s’inscrit ainsi dans une démarche plus large de récupération. Derrière la joie peu démonstrative du samedi, l’objectif reste de garder davantage de ressources pour courir le dimanche.





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