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Claudio Domenicali, PDG de Ducati, évoque l’avenir de la marque italienne.

Domenicali juge le rachat de Ducati par Ferrari improbable

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Le rachat de Ducati par Ferrari alimente une rumeur séduisante, mais Claudio Domenicali distingue cette hypothèse encore improbable d’un possible changement d’actionnaire pour le constructeur moto.

Une vente de Ducati reste possible, mais pas décidée

Sur le papier, le scénario a tout pour séduire les passionnés de mécanique italienne. Ferrari et ducati réuniraient sous un même toit deux marques mondiales, associées à Maranello pour l’une et à Borgo Panigale pour l’autre. Cette proximité d’image ne suffit toutefois pas à transformer la rumeur en projet concret.

Pour Claudio Domenicali, les deux sujets doivent être clairement séparés. Volkswagen pourrait envisager de céder Ducati afin de se recentrer sur la fabrication automobile. Le nom de Ferrari comme potentiel repreneur ne relève, à ce stade, que d’une hypothèse.

Le PDG de Ducati précise qu’« aucune décision n’a encore été prise ». Il reconnaît néanmoins l’existence d’un plan au sein du groupe allemand. Celui-ci pourrait amener plusieurs entreprises acquises au fil du temps, et pas seulement Ducati, à accueillir un nouvel actionnaire.

Ducati appartient à la galaxie Volkswagen depuis son acquisition par Audi en 2012. Une éventuelle cession ne serait donc pas la conséquence d’un problème propre à la marque de Borgo Panigale, mais d’un choix de portefeuille de sa maison mère. La nuance est importante : Volkswagen réfléchit à ses priorités, sans qu’une vente soit actée.

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Une marque forte dans un marché plus difficile

Cette réflexion intervient alors que Ducati estime traverser l’une de ses meilleures périodes sur les plans sportif et technologique. Domenicali considère même la marque comme étant « au sommet de son histoire » en matière de performances en compétition et de technologie produit.

Le contexte du marché se révèle moins favorable. Le dirigeant cite les droits de douane aux États-Unis, les difficultés rencontrées en Chine et un environnement globalement compliqué pour l’industrie motocycliste. Ducati assure résister à ces tensions, mais sa solidité ne la met pas à l’abri des arbitrages stratégiques de Volkswagen.

Le paradoxe réside dans l’écart entre les performances de Ducati et les objectifs de son actionnaire. Une entreprise peut afficher un haut niveau technologique et sportif tout en changeant de propriétaire si le groupe qui la contrôle souhaite concentrer ses moyens sur d’autres activités.

Claudio Domenicali, directeur général de Ducati Motor Holding SpA
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Le futur propriétaire devrait préserver les bénéfices

Domenicali décrit Volkswagen et Audi comme d’excellents actionnaires depuis 2012. Leur soutien a permis à Ducati de poursuivre une stratégie axée sur la technologie et les produits haut de gamme. Le PDG apporte toutefois une précision essentielle sur le modèle qu’il souhaite protéger.

Les investissements du constructeur ont été financés par les bénéfices générés par Ducati, puis réinvestis dans l’entreprise. Borgo Panigale ne cherche donc pas seulement un acquéreur capable de signer un gros chèque. L’identité du futur actionnaire compterait autant que les conditions financières d’une éventuelle opération.

Domenicali souhaite qu’un repreneur continue à développer la marque tout en conservant ses ressources en son sein. Les profits devraient rester disponibles pour financer les produits, la technologie et la progression de Ducati, plutôt que d’être simplement retirés de l’entreprise.

Cette exigence dessine le profil recherché. Un nouvel actionnaire devrait prolonger la stratégie menée sous Audi et accepter de préserver l’autonomie financière qui a permis à Ducati d’investir. Un changement de propriétaire ne devrait pas remettre en cause le fonctionnement grâce auquel la marque finance elle-même son développement.

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Pourquoi le rachat de Ducati par Ferrari reste improbable

Interrogé sur Ferrari, Domenicali prend d’abord ses distances avec les spéculations. Il explique avoir vu circuler de nombreuses idées farfelues et ne présente aucun élément indiquant que le constructeur de Maranello prépare une offre pour Ducati.

Son appréciation de Ferrari reste très positive. Le dirigeant décrit la firme comme une marque extraordinaire, peut-être la plus prestigieuse du monde automobile. À ses yeux, tout type de partenariat avec elle pourrait être extrêmement intéressant. Cette ouverture à une collaboration ne valide cependant pas le scénario d’un rachat.

Quant à la possibilité de voir Ferrari devenir propriétaire de Ducati, le patron de la marque moto se montre explicite : l’idée lui paraît « un peu tirée par les cheveux ». Invité à prolonger le rêve, il répond avec humour qu’« il y a des fantasmes bien pires ».

Ferrari n’est donc pas présenté comme un acheteur engagé dans une opération. La seule possibilité reconnue concerne un changement d’actionnaire si Volkswagen décide de se recentrer sur son cœur de métier automobile. Après quatorze années sous le contrôle d’Audi, Ducati pose déjà sa condition essentielle : son éventuel prochain propriétaire devra continuer à investir dans la marque et lui laisser les moyens financiers produits par sa propre activité.

Entretien avec Claudio Domenicali de Ducati à l’EICMA 2018

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A propos de l'auteur

Louis, rédacteur en chef de Moteur Actu depuis 2024, couvre quotidiennement l'actualité automobile et la Formule 1. Spécialisé sur les véhicules électriques, l'industrie européenne et les nouveautés constructeurs, il décrypte les annonces, résultats financiers et tendances du marché auto.

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