La restructuration Volkswagen voulue par Oliver Blume se heurte à un vote défavorable du conseil de surveillance, signe d’un rapport de force tendu autour de l’avenir industriel du groupe.
Restructuration Volkswagen : un vote qui bloque la direction
Le conseil de surveillance de Volkswagen aurait rejeté le projet de réorganisation présenté par la direction, par 12 voix contre 7. Pour Oliver Blume, le signal est sévère : le patron du groupe veut simplifier une structure devenue difficile à piloter, au moment où la pression s’accentue sur plusieurs fronts.
Le constructeur fait face à la montée des marques chinoises, à des coûts douaniers importants sur le marché américain et à des doutes persistants sur la compétitivité de ses usines allemandes. La gouvernance de Volkswagen complique encore l’équation, puisque les représentants syndicaux et le Land de Basse-Saxe disposent ensemble d’une majorité au conseil de surveillance.
Le plan évoqué dans plusieurs médias allait très loin : jusqu’à 100 000 emplois supprimés dans le groupe et une possible fermeture de quatre usines en Allemagne. La communication publiée par Volkswagen après la réunion n’a toutefois mentionné ni suppressions de postes, ni fermetures de sites. Elle s’est limitée à un « plan d’avenir » reprenant des objectifs déjà annoncés de simplification des opérations, sans nécessiter de validation du conseil.
Des syndicats déjà mobilisés dans les usines
La restructuration envisagée toucherait progressivement un portefeuille très large, des marques généralistes VW et Skoda à Porsche, en passant par Lamborghini. Pour les représentants des salariés, l’enjeu dépasse donc la simple optimisation industrielle : il concerne aussi la répartition de la production et la sécurité de l’emploi dans le groupe.
IG Metall, principal syndicat industriel allemand, a organisé des manifestations sur plusieurs sites Volkswagen en Allemagne. Son message à la direction est clair : toute stratégie doit préserver la production. L’accord social en vigueur contient une trêve sur les grèves, mais les syndicats ont prévenu qu’ils pourraient durcir le mouvement si la direction revenait sur les engagements liés à l’emploi.
La Basse-Saxe, où se trouve le siège de Wolfsburg, aurait tenté de construire un compromis pendant les discussions. Une proposition propre du Land aurait même été envisagée, avant d’être abandonnée.
Le contexte financier resserre encore l’étau. Les marges bénéficiaires de Volkswagen ont été divisées par deux en cinq ans, sous l’effet du recul en Chine, du coût de l’électrification et des droits de douane. Au deuxième trimestre, les livraisons ont chuté de 8,6 %, à 2,07 millions de véhicules. Sur le premier semestre, elles atteignent 4,12 millions d’unités, en baisse de 6,3 %, avec un plongeon de 25,9 % en Chine que les progressions européennes et sud-américaines ne compensent qu’en partie.
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