La voiture électrique aux États-Unis figure désormais dans les projets de plus de la moitié des 4 000 conducteurs interrogés, contre 10 % un an auparavant.

La voiture électrique aux États-Unis profite du carburant cher
Ce revirement survient dans un contexte politique peu favorable à l’électrique. L’administration de Donald Trump a assoupli les réglementations sur la pollution des voitures thermiques et supprimé les crédits d’impôt accordés pour l’achat d’un véhicule électrique. En 2025, ces décisions accompagnaient encore un marché largement tourné vers les motorisations traditionnelles.
La hausse des prix à la pompe bouleverse toutefois les priorités. La guerre déclenchée par Donald Trump en Iran alimente cette flambée, tandis que 57 % des répondants estiment que le coût du carburant influencera le choix de leur prochain véhicule. Même avec des aides réduites, l’électrique devient ainsi une option économique à considérer.
Les prix restent modestes à l’échelle européenne, mais atteignent des niveaux records pour les États-Unis. L’essence dépasse 4 dollars le gallon, soit plus de 1,06 dollar par litre, tandis que le gazole s’établit à 6 dollars le gallon, environ 1,59 dollar par litre. Ce renchérissement touche directement un pays où l’essence reste largement dominante.

Un intérêt qui ne se traduit pas encore dans les ventes
L’étude menée par Here Technologies avec SBD Automotive révèle une évolution spectaculaire des intentions. Plus de la moitié des 4 000 conducteurs interrogés se disent prêts à acheter une voiture électrique à l’avenir, alors qu’ils n’étaient que 10 % à envisager cette possibilité un an plus tôt.
Une intention d’achat ne se transforme cependant pas toujours en vente. Depuis le début de 2026, les modèles électriques représentent moins de 6 % du marché américain des voitures neuves. Cette part recule même de 3 % par rapport à 2025, maintenant un écart important entre l’intérêt déclaré et les choix réellement effectués.
Plusieurs obstacles demeurent. L’offre électrique reste plus restreinte qu’en Europe, les incitations financières ont diminué et le maillage des bornes demeure moins dense. Les disparités entre États compliquent aussi l’adoption, car l’accès à la recharge publique ne progresse pas partout au même rythme.
Le marché américain reste donc partagé. La hausse des carburants incite davantage d’automobilistes à envisager une autre énergie, sans provoquer pour l’instant un basculement comparable à celui observé en Europe.
Autonomie et recharge rassurent les conducteurs
Le prix de l’énergie n’explique pas à lui seul ce changement. Pour 35 % des personnes interrogées, l’amélioration de l’autonomie et des capacités de recharge constitue un argument. Les voitures électriques semblent ainsi mieux adaptées aux trajets quotidiens qu’auparavant.
Le développement du réseau public pèse également dans la décision de 31 % des automobilistes sondés. À mesure que les bornes se multiplient, la crainte de manquer d’énergie ou de ne pas trouver de point de recharge diminue, même si les écarts restent marqués d’un État à l’autre.
Cette expansion se poursuit malgré les prises de position hostiles de Donald Trump, qui considère que les conducteurs de voitures électriques « ont une maladie ». L’évolution des infrastructures répond pourtant à un besoin concret des utilisateurs et atténue progressivement l’un des principaux obstacles à l’achat.

Les propriétaires restent fidèles à l’électrique
L’expérience des conducteurs déjà convertis envoie un autre signal favorable. Les trois quarts se déclarent prêts à remplacer leur voiture électrique actuelle par un modèle utilisant la même énergie. Cette fidélité indique que l’usage quotidien n’incite pas massivement les propriétaires à revenir au thermique.
Les futurs acheteurs citent le rapport qualité-prix, les performances et la réduction du coût d’entretien. Ces critères dépassent la seule question environnementale et replacent l’électrique parmi les options possibles pour les automobilistes attentifs au budget comme aux prestations.
La préférence nationale reste forte : parmi les personnes souhaitant passer à l’électrique, 76 % privilégient un constructeur américain. La progression potentielle du marché pourrait donc profiter en priorité aux marques nationales capables de proposer des modèles adaptés aux attentes locales.
Cette ouverture ne signifie pas pour autant une disparition rapide des motorisations thermiques. Une part importante des acheteurs américains conserve une préférence pour l’essence, notamment pour les mécaniques généreuses comme les V8. Partagé entre un intérêt croissant pour l’électrique et un attachement persistant au thermique, le marché américain demeure profondément polarisé.
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