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De Fuji à Motegi, l’histoire du Grand Prix du Japon moto

Le Grand Prix du Japon moto naît des courses de côte du mont Fuji, avant un premier rendez-vous international à Suzuka en 1962. Du mont Asama au retour de l’épreuve, puis à Motegi, retour sur les circuits, les constructeurs et les pilotes qui ont marqué son histoire.

Des motos de course lors d'une épreuve motocycliste au Japon. Moto GP

Le Grand Prix du Japon moto s’enracine dans les courses de côte du mont Fuji, bien avant l’arrivée des pilotes internationaux à Suzuka et l’installation à Motegi.

Du mont Fuji aux premières courses japonaises

Entre 1953 et 1956, les premières épreuves motocyclistes japonaises prennent la forme d’une course de côte sur les pentes du mont Fuji. Le parcours emprunte une piste de terre longue de 27 kilomètres, avec 1 500 mètres de dénivelé. Avec leurs pneus à crampons, les motos sont alors plus proches de Pikes Peak que d’un Grand Prix de vitesse.

L’organisateur n’est pas une fédération motocycliste, mais l’association touristique Fujinomiya. La course se tient en juillet, pendant la période d’ouverture annuelle du mont Fuji, avec un objectif simple : attirer des visiteurs. Une centaine de motos y participent. Lors de la première édition, certaines ressemblent davantage à des cyclomoteurs, tandis que le règlement laisse peu de place aux modifications.

Les images de l’épreuve retracent la montée, du départ à l’arrivée.

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Parmi les participants figurent des pilotes Yamaha sur des YA-1. Ils portent les mêmes combinaisons en coton blanc que les ouvriers de l’usine : l’équipement de course n’a pas encore l’allure qu’il prendra sur circuit.

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Le mont Asama met les constructeurs en concurrence

Dès 1955, la course du mont Asama devient l’épreuve phare. Organisée tous les deux ans pour promouvoir les productions locales, elle répond aussi à une ambition technique. Son sponsor, l’association des constructeurs de motos de l’époque, affiche ce mot d’ordre : « S’il n’y a pas de concurrence, il n’y aura pas de progrès technologique. »

Cette fois, le parcours emprunte 9 kilomètres de chemins publics, parcourus quatre fois par course. Alors que l’épreuve du mont Fuji était initialement réservée aux pilotes privés, les usines s’engagent d’emblée au mont Asama. Honda, Yamaha et Suzuki sont présents avec de vraies motos de course, toujours équipées de pneus à crampons.

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Honda remporte les catégories 500 et 350 cm³, cette dernière avec une 250 cm³. En 250 cm³, la marque termine deuxième derrière une Lilac fabriquée par Marusho Motor Co, société créée par un ancien collaborateur de Honda. Soichiro Honda prend cette défaite comme un affront personnel. En 125 cm³, Yamaha occupe les quatre premières places, devant Suzuki. La rivalité entre constructeurs est désormais au cœur de la compétition japonaise.

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Suzuka accueille le premier Grand Prix du Japon moto

En 1962, le circuit de Suzuka, propriété de Honda située à environ 150 kilomètres au nord-est d’Osaka, accueille le premier Grand Prix du Japon. L’épreuve ne compte pas encore pour le championnat du monde : la fédération internationale impose alors la tenue préalable d’une épreuve internationale avant d’attribuer une manche mondiale. Ce rendez-vous se déroule les 3 et 4 novembre, après une course réservée aux pilotes japonais.

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Dessiné par le Néerlandais John Hugenholtz, également concepteur de Zandvoort, Suzuka se distingue par son tracé qui se croise au milieu. Sa construction a commencé en 1961, à quelques kilomètres d’une usine Honda. Pour les concurrents, le changement est net : ils roulent sur une piste de vitesse, et non plus sur les chemins en terre des premières années.

Les machines engagées témoignent de cette évolution. Honda aligne notamment la RC112 bicylindre en 50 cm³; Yamaha dispose de la RD56 bicylindre en 250 cm³, sa première moto dotée d’une admission par distributeurs rotatifs. Des pilotes étrangers sont présents, dont Tommy Robb et Jim Redman chez Honda. Le constructeur remporte toutes les courses : Robb gagne en 50 et 125 cm³, Redman en 250 et 350 cm³.

Le changement de statut intervient en 1963, avec le premier Grand Prix du Japon inscrit au championnat du monde. Ernst Degner, passé de MZ à Suzuki en 1961, est au départ. Son transfert avait apporté au constructeur japonais les connaissances acquises au sein de la firme est-allemande.

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Dès le premier tour de la course des 250 cm³, Degner chute et perd connaissance dans l’incendie de sa moto. Sorti du brasier, il passe un mois à l’hôpital au Japon. Il poursuit sa convalescence en Allemagne, où il subit 56 interventions de chirurgie réparatrice et greffes.

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Du Fuji Speedway à vingt ans d’absence

Le Grand Prix reste à Suzuka jusqu’en 1965, puis passe au Fuji Speedway en 1966 et 1967. Ce déplacement provoque la colère de Honda, qui ne participe pas à l’édition 1966. À cette période, la compétition voit apparaître des projets techniques comme une Suzuki 50 cm³ à trois cylindres ou une Honda 125 cm³ à cinq cylindres. Il n’y a toutefois pas encore de course de 500 cm³ au Japon.

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En 1968, la fédération internationale modifie le règlement et interdit les moteurs à cinq et six cylindres. Honda, puis Suzuki, se retirent officiellement des Grands Prix. L’épreuve japonaise disparaît du calendrier pendant deux décennies, avant de revenir à Suzuka de 1987 à 1997.

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Motegi prend le relais, sans effacer Suzuka

En 1999, le Grand Prix utilise pour la première fois le Twin Ring Motegi, autre circuit appartenant à Honda. Le site réunit une piste routière de 4,6 kilomètres et un ovale de 2,4 kilomètres, à l’origine de son nom. Un parc d’attractions complète l’ensemble.

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Motegi se trouve dans les collines, à environ 100 kilomètres au nord de Tokyo. Dans un rayon de 10 kilomètres se situent aussi des pistes d’essais du Japan Automobile Research Institute, de Hino et d’UD Trucks. Le circuit s’inscrit ainsi dans un environnement consacré à l’automobile et aux véhicules industriels.

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Le passage à Motegi n’est pas immédiatement définitif. En 2002, Arnaud Vincent remporte le Grand Prix du Japon en 125 cm³ à Suzuka. L’épreuve s’installe durablement à Motegi à partir de 2004. Johann Zarco y gagne ensuite en 125 cm³ en 2011, puis en Moto2 en 2015 : deux victoires françaises sur le circuit qui accueille désormais le Grand Prix.

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Louis

Louis, rédacteur en chef de Moteur Actu depuis 2024, couvre quotidiennement l'actualité automobile et la Formule 1. Spécialisé sur les véhicules électriques, l'industrie européenne et les nouveautés constructeurs, il décrypte les annonces, résultats financiers et tendances du marché auto.

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