L’arrivée de Pedro Acosta chez Ducati en 2027 aurait reçu l’aval de Marc Marquez, pourtant assez influent pour tenter de bloquer ce recrutement.
Pedro Acosta chez Ducati avec l’aval de Marquez
En 2027, ducati doit réunir deux générations dans le même garage. Marc Marquez demeure la référence du MotoGP, tandis que Pedro Acosta incarne déjà un possible successeur et affiche son intention de se mesurer directement au champion.
Pour Oscar Haro, ancien responsable chez LCR Honda qui connaît bien Marquez, ce duo n’aurait pas pu voir le jour sans l’accord, au moins tacite, de ce dernier. L’Espagnol aurait acquis suffisamment de poids chez Ducati pour faire entendre une éventuelle opposition.
« S’il y a bien une personne qui a ouvert la porte à Pedro chez Ducati, c’est Marc Marquez », estime Haro. Il fonde son raisonnement sur les relations étroites du pilote avec Luigi Dall’Igna et Davide Tardozzi, deux figures centrales du programme MotoGP de la marque.
Haro se dit même convaincu qu’une discussion a eu lieu au sujet de l’arrivée d’Acosta. À ses yeux, Marquez aurait pu faire savoir qu’il ne voulait pas du jeune Espagnol à ses côtés, mais le champion aurait choisi de ne pas utiliser son influence dans ce sens.
Aucun droit de veto contractuel établi
Cette lecture ne signifie pas que Marquez disposait officiellement d’une clause lui permettant de choisir ou de refuser son futur coéquipier. Les déclarations d’Oscar Haro n’établissent aucun droit de veto contractuel.
La nuance est essentielle : l’ancien responsable décrit une influence sportive et politique auprès de la direction de Ducati, et non un pouvoir inscrit dans un contrat. Marquez n’aurait donc pas renoncé à une clause particulière. Il aurait simplement décidé de ne pas peser contre le recrutement d’Acosta.
La décision se place ainsi sur un autre terrain. Le champion aurait accepté que Ducati installe de l’autre côté du garage le pilote appelé à représenter la génération suivante, avec les mêmes moyens techniques à partir de 2027.

Un jeune rival plutôt qu’un coéquipier protégé
L’arrivée de Pedro Acosta expose directement Marquez à un adversaire dont les ambitions sont déjà claires. Haro rapproche cette situation des tensions apparues chez Yamaha lorsque Jorge Lorenzo avait rejoint Valentino Rossi, un autre champion peu enclin à faciliter l’installation d’un jeune rival.
Marquez aurait emprunté une autre voie, bien qu’il connaisse le potentiel d’Acosta. À 22 ans, celui-ci s’est affirmé comme l’un des pilotes majeurs de sa génération. Le pilote Ktm cherche encore sa première victoire dominicale en MotoGP, mais ses performances avec la RC16 ont convaincu Ducati de lui confier la succession de Francesco Bagnaia.
Ce transfert changera surtout la nature de la comparaison entre les deux Espagnols. Tant qu’Acosta roule sur une KTM et Marquez sur une Ducati, leurs résultats dépendent aussi de machines différentes. Dans le même environnement technique, cet écart disparaîtra largement et leur duel deviendra bien plus direct.
En acceptant cette confrontation, Marquez pourra également mesurer sa vitesse à celle du pilote présenté comme son successeur potentiel. Pour Ducati, l’association promet une compétition interne relevée, avec le risque que chacun cherche rapidement à imposer son statut dans le garage.
Valence puis Buriram pour lancer le duel
Le premier test d’Acosta sur la Ducati pourrait offrir un aperçu immédiat de cette rivalité. Son objectif serait de terminer devant Marquez dès les essais de Valence, faisant de sa découverte de la moto une première confrontation chronométrée avec son futur coéquipier.
Acosta a toutefois tempéré ces attentes. Après avoir accompli l’essentiel de son parcours en Grand Prix dans l’écosystème KTM, il devra découvrir une nouvelle moto, comprendre une autre équipe et s’adapter à un environnement technique différent. Cette transition pourrait compter davantage que la recherche immédiate d’un temps de référence.
Le face-à-face devrait se prolonger au début de la saison 2027 à Buriram, appelé à accueillir de nouveau la manche d’ouverture. Les deux pilotes y ont déjà livré un duel spectaculaire en 2026, mais ils devraient cette fois disposer de machines identiques.
Ducati prépare ainsi l’association d’un champion établi et du pilote qui ambitionne de prendre sa place. Si l’analyse d’Oscar Haro est juste, Marquez n’a pas seulement accepté cette concurrence interne : il a aussi choisi de ne pas fermer la porte au rival qui pourrait devenir sa principale menace dans le même garage.

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