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Toprak Razgatlioglu au guidon de la Yamaha de Pramac pendant sa saison 2026 en MotoGP.

Toprak Razgatlioglu en MotoGP cible son point faible

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Toprak Razgatlioglu en MotoGP ne compte pas sur l’arrivée de Pirelli pour masquer sa faiblesse actuelle : la vitesse en courbe.

Toprak Razgatlioglu en MotoGP vise la vitesse en courbe

Sur le papier, l’arrivée de Pirelli en 2027 semble offrir un scénario idéal au pilote turc. Après une première saison à découvrir les Michelin avec Pramac Yamaha, il retrouvera le manufacturier associé à ses succès en WorldSBK. Il disposera ainsi d’une expérience rare, alors que la majorité de la grille devra reconstruire ses repères.

Cet avantage potentiel ne résout toutefois pas la principale difficulté de Razgatlioglu. Son efficacité au freinage a façonné son pilotage en Superbike, mais une MotoGP réclame d’autres compromis. Il doit notamment conserver davantage de rythme entre l’entrée et la sortie du virage.

Le pilote désigne lui-même la vitesse de passage en courbe comme son point faible. « La vitesse en virage n’est pas mon point fort », reconnaît-il. Retrouver un pneumatique familier pourra l’aider, mais ne transformera pas automatiquement sa manière de piloter.

Pol Espargaró anticipe lui aussi un bouleversement majeur. Selon l’Espagnol, le passage de Michelin à Pirelli pourrait avoir davantage d’impact que le remplacement de Bridgestone par Michelin en 2016. Les pilotes venus du Moto2 et du WorldSBK pourraient ainsi disposer d’une longueur d’avance.

Razgatlioglu refuse pourtant d’attendre ce changement pour progresser. « Si j’y arrive en 2026, ça me sera peut-être utile en 2027. Bien sûr, le pneu Pirelli conviendrait peut-être mieux à mon style de pilotage. Mais j’ai aussi besoin de vitesse en virage. » Sa priorité va donc bien au-delà de la seule adaptation aux pneumatiques.

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Une saison 2026 consacrée à l’apprentissage

Les résultats obtenus avec Pramac Yamaha illustrent la difficulté de cette transition. Référence du WorldSBK, Razgatlioglu évolue régulièrement beaucoup plus loin dans la hiérarchie en MotoGP. Il doit encore assimiler les réactions de la Yamaha, son aérodynamique, son électronique et la manière d’exploiter les Michelin.

À Aragon, le Turc a notamment expliqué avoir souffert de la dégradation de ses pneus. À ce problème s’ajoute un chantier plus profond : modifier les automatismes acquis pendant ses années en Superbike. La MotoGP ne récompense pas nécessairement les mêmes gestes ni les mêmes compromis en courbe.

Chaque Grand Prix de cette saison 2026 sert ainsi le présent autant que 2027. Le classement brut ne raconte qu’une partie de cet apprentissage. En cherchant davantage de vitesse en virage avec les Michelin, Razgatlioglu développe une qualité qui restera utile après le changement de manufacturier.

Corriger cette faiblesse avant l’entrée en vigueur du nouveau règlement lui permettrait d’aborder la prochaine étape avec un pilotage plus complet. Pirelli pourrait alors renforcer ses qualités existantes, plutôt que servir de solution à un manque technique encore présent.

Toprak Razgatlioglu
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Pirelli conservera un rôle important

Il serait tout aussi trompeur de minimiser l’expérience acquise par Razgatlioglu avec le manufacturier italien. Le pilote connaît le comportement des Pirelli, leurs réactions à la dégradation et la façon dont son style agressif peut les exploiter. Ces sensations ne disparaîtront pas avec son passage en MotoGP.

Pendant que de nombreux concurrents devront retrouver des références, certaines réactions du pneumatique lui seront déjà familières. Ce bagage peut raccourcir son adaptation, même si les pneus conçus pour la future MotoGP ne reproduiront pas exactement le contexte du WorldSBK.

L’enjeu consiste donc à combiner deux acquis. Razgatlioglu veut conserver le freinage qui constitue son arme principale, tout en ajoutant la vitesse en courbe qui lui manque actuellement. Dans cette perspective, Pirelli représente un avantage, pas un raccourci vers la compétitivité.

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Le règlement 2027 changera plus que les pneus

La prochaine réglementation ne se limitera pas au remplacement de Michelin. La cylindrée des moteurs passera de 1 000 à 850 cm³, l’aérodynamique sera réduite et les dispositifs de correction d’assiette disparaîtront. Plusieurs fondations techniques des MotoGP actuelles évolueront donc en même temps.

Cette accumulation de changements peut bouleverser la hiérarchie et obliger les pilotes à revoir leurs repères. Dans ce contexte, l’expérience de Pirelli constitue une carte intéressante pour Razgatlioglu. Elle ne compensera cependant ni une adaptation incomplète à la Yamaha ni un déficit persistant en courbe.

Le pilote turc met ainsi la saison 2026 à profit pour élargir son répertoire. Ses difficultés actuelles l’obligent à travailler un domaine moins déterminant durant ses années de succès en Superbike. Cette progression compte autant que sa familiarité avec les futurs pneus.

En 2027, Toprak Razgatlioglu ne veut donc pas être seulement un spécialiste de Pirelli retrouvant ses anciennes sensations. Son objectif est d’aborder le changement de règlement avec un pilotage mieux adapté aux exigences du MotoGP, sans renoncer à sa force au freinage.

Miller Toprak Razgatlioglu

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A propos de l'auteur

Quentin, rédacteur essais chez Moteur Actu, est spécialiste de la culture automobile japonaise (JDM) : Toyota, Nissan, Honda, Mazda, Subaru, Mitsubishi et Lexus. Ses essais "à hauteur de conducteur" mêlent mesures objectives, retour d'expérience sur route et conseils d'achat directs, sans complaisance avec les constructeurs.

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