Seul pour défendre les couleurs de Trackhouse, Raul Fernandez à Misano devra rebondir après l’Aragon sur un circuit favorable à l’Aprilia, mais particulièrement exigeant pour son pilote.
Raul Fernandez à Misano, seul en piste pour Trackhouse
Le forfait d’Ai Ogura, toujours gêné par une blessure au pouce gauche, prive une nouvelle fois Trackhouse de son second titulaire. Lorenzo Savadori, pilote d’essais officiel Aprilia, n’étant pas disponible, Raul Fernandez sera l’unique représentant de l’écurie américaine pendant le Grand Prix de Saint-Marin.
Cette situation intervient après son abandon mécanique en Aragon. Avec 186 points, le Madrilène occupe désormais la septième place du championnat, derrière Ogura, cinquième avec 203 points. Trackhouse doit aussi défendre sa deuxième position au classement des équipes. À neuf étapes de la fin, Fernandez accuse par ailleurs 70 points de retard sur la tête du championnat pilotes.
Davide Brivio veut avant tout libérer son pilote de la pression du classement. « Raul arrivera sans pression et essaiera de repartir de Misano pour bien terminer la saison. Avec lui, nous allons essayer de retrouver la dynamique qui était la sienne après cette fantastique victoire à Silverstone », explique le team principal.
Des souvenirs contrastés sur le circuit de Misano
Misano tient une place particulière dans le parcours de Fernandez. Dès sa première saison en Red Bull Rookies Cup, il y avait obtenu une deuxième place. Son passage en Moto2 lui a ensuite offert un week-end presque parfait en 2021, avec la pole position, le meilleur tour et la victoire.
En MotoGP, le numéro 25 n’a pas encore transformé cette affinité en résultat majeur. En 2025, il avait terminé 9e de la Sprint, à 11 secondes, puis 11e du Grand Prix, à 24 secondes. Sur une manche disputée à domicile pour Aprilia, l’enjeu n’en est que plus important. Son rythme depuis le début de la saison autorise toutefois des ambitions plus élevées.
À ses yeux, cette relation avec Misano reste ambivalente. « J’ai gagné ici, mais j’y ai aussi perdu le titre, donc c’est un compromis », résume Fernandez. Ce constat vaut également pour son approche technique du week-end, tant le tracé exige des qualités différentes d’un secteur à l’autre.
Le compromis au cœur des réglages
Fernandez décrit Misano comme la piste offrant le plus d’adhérence de tout le calendrier. Ce grip élevé permet d’attaquer, tout en accentuant l’effort physique nécessaire sur un tour. Pour en tirer profit, il faudra associer un pilotage précis à des réglages efficaces sur l’ensemble du circuit.
La première partie du tracé est fluide, la deuxième privilégie les freinages et les réaccélérations, tandis que la troisième enchaîne des virages rapides. Impossible, pourtant, de modifier le comportement de la moto entre chaque secteur. Fernandez devra donc adapter son style au fil du tour, selon les points forts et les limites de son Aprilia.
De cet équilibre dépendra aussi sa capacité à se battre avec les Ducati. Trackhouse dispose de nombreuses données à Misano, un avantage que Fernandez veut convertir en performance. Selon lui, un travail précis pourrait permettre à l’Aprilia de se mêler à la lutte face aux machines italiennes, traditionnellement fortes sur ce circuit.
Le tour rapide concentre toutes ces difficultés. Une moto trop orientée vers les changements de direction du premier secteur peut perdre en efficacité dans les zones de freinage. À l’inverse, privilégier le stop-and-go risque de compliquer le passage dans les courbes les plus rapides. Le pilote doit alors compenser ce choix technique par son engagement.
Curvone, le virage où la chute est interdite
Au virage 11, surnommé Curvone, les MotoGP atteignent 300 km/h avant le freinage qui mène vers la dernière partie du circuit. Une telle vitesse impose une approche particulière. Fernandez juge la préparation de la sortie plus importante que l’entrée, sans que ce passage en devienne moins intimidant.
Sa description souligne la faible marge d’erreur ressentie à cet endroit. Le risque de chute fait partie du métier de pilote, mais le numéro 25 fixe une limite nette lorsqu’il évoque cette courbe rapide.
« C’est un virage difficile. Vous devez davantage préparer la sortie que l’entrée, mais vous avez quand même assez peur dans ce virage. Nous sommes des pilotes, nous pouvons chuter, mais vous n’avez pas le droit de tomber dans ce virage. »

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