Chez Peugeot, Skoda ou Bmw, l’avenir des voitures thermiques se décide aujourd’hui entre des ventes encore solides, la progression de l’électrique et les contraintes européennes.
L’avenir des voitures thermiques se joue dans les ventes
L’électrique gagne du terrain en Europe sans avoir encore effacé la demande pour les motorisations essence ou à hybridation légère. Plusieurs modèles populaires réalisent toujours l’essentiel de leurs ventes sans motorisation 100 % électrique.
À l’exception des marques chinoises et de Tesla, la plupart des constructeurs présents en Europe font donc face au même dilemme. BMW, Porsche, Audi, Volkswagen, Skoda et Peugeot doivent choisir entre prolonger leurs modèles thermiques et accélérer leur retrait.
Retirer trop tôt une voiture populaire peut provoquer une chute brutale des volumes. La conserver permet de répondre à la demande actuelle, mais prolonge sa coexistence avec les nouveautés électriques, tandis que les constructeurs doivent aussi respecter leurs objectifs de CO2.
Le compromis privilégié consiste donc à maintenir les modèles qui se vendent bien, au moins jusqu’à ce que l’électrique occupe une place suffisamment importante. Cette transition ne suivra toutefois pas le même rythme pour chaque marque ni sur chaque marché européen.

La Peugeot 208 illustre le poids du thermique

À la fin du mois d’août 2026, Peugeot avait vendu 48 000 Peugeot 208, dont à peine 10 000 électriques. Les versions thermiques ou hybrides représentaient ainsi encore plus de 75 % des ventes du modèle.
Peugeot a donc choisi de maintenir quelque temps l’actuelle 208 hybride lorsque la nouvelle génération électrique arrivera. Cette prochaine mouture doit voir le jour en 2027, mais le constructeur ne veut pas abandonner immédiatement la majorité actuelle de sa clientèle.
Ce chevauchement permet de ne pas imposer aux acheteurs de la citadine un passage immédiat à l’électrique. Il protège également les volumes pendant que la nouvelle génération trouve sa place sur le marché. Dans le cas de la 208, rompre totalement avec les motorisations actuelles reviendrait à renoncer d’un coup à une part majeure des ventes.
Skoda doit préserver la Fabia et le Kamiq
Skoda fait face à la même difficulté, notamment sur les marchés où la voiture électrique reste moins présente qu’en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas. Les Fabia et Kamiq y conservent une clientèle importante. Passer trop rapidement à une gamme entièrement électrique risquerait de laisser une partie de ce public sans solution adaptée.
Le constructeur doit à la fois préparer l’avenir de ses berlines Superb et Octavia et assurer la continuité de ses modèles plus accessibles. L’équation concerne particulièrement la Fabia, dont l’arrêt créerait un vide dans plusieurs pays européens.
Skoda assure que la citadine a encore « de beaux jours devant elle ». Un nouveau restylage doit lui permettre de poursuivre sa carrière aux côtés de l’Epiq, plutôt que de disparaître dès l’arrivée de ce modèle électrique.
La marge de manœuvre reste pourtant limitée. Les marchés d’Europe de l’Est sont déjà privés de la Fabia Combi. Le maintien de la berline montre que la transition électrique doit aussi tenir compte des différences de demande entre les régions européennes.
BMW conserve une nouvelle Série 3 thermique
Le 8 août 2026, BMW a officialisé des versions thermiques pour sa nouvelle Série 3 construite sur la plateforme Neue Klasse. Le constructeur avait largement centré sa communication sur les déclinaisons électriques et la future M3 à batterie, mais la marque ne souhaite pas encore se couper des acheteurs de motorisations traditionnelles.
Ce choix montre que le lancement d’une nouvelle architecture tournée vers l’électrique n’entraîne pas nécessairement la disparition immédiate du thermique. BMW organise plutôt une période de coexistence entre plusieurs types de motorisations, afin de répondre à des attentes qui restent différentes.
Tous les modèles n’ont pas obtenu ce sursis. La Suzuki Ignis et le Porsche Macan essence n’ont pas pu poursuivre leur carrière, car ils ne satisfaisaient plus certaines normes, notamment GSR. Les ventes ne sont donc pas l’unique critère pour décider du maintien d’une voiture.
Les normes et le CO2 imposent un équilibre
L’arrivée d’Euro 7 ajoutera une nouvelle contrainte, même si la plupart des modèles thermiques actuels devraient pouvoir s’y conformer. Le principal défi devrait davantage concerner les particules fines que les émissions à l’échappement. Cette question touchera aussi les véhicules électriques.
À cette contrainte technique s’ajoutent les objectifs annuels de CO2 imposés aux constructeurs en Europe. Une proportion trop élevée de voitures thermiques ou hybrides dans les immatriculations complique leur respect. Réduire trop rapidement ces modèles expose toutefois les marques à perdre des clients, qui pourraient alors se tourner vers un concurrent.
Les constructeurs avancent donc sur une ligne étroite. Peugeot prolonge sa 208 hybride, Skoda prépare une nouvelle évolution de la Fabia et BMW prévoit toujours une Série 3 thermique, tandis que certains modèles comme le Macan essence ont déjà quitté la scène.
Le maintien des voitures thermiques les plus demandées apparaît comme une solution transitoire. Leur carrière dépendra de leur succès commercial, de leur capacité à respecter les normes et de la vitesse à laquelle l’électrique progressera sur les différents marchés européens.
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