Marché automobile Europe-USA : le grand écart

Marché automobile Europe-USA : le grand écart

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Le marché automobile Europe-USA creuse ses écarts. Alors que les États-Unis voient leurs ventes de véhicules légers reculer dans un contexte de virage politique, l’Europe continue d’avancer, timidement à l’Ouest, plus nettement à l’Est. Et en toile de fond, un même acteur gagne du terrain partout : l’Asie, désormais centrale dans la production comme dans la chaîne d’approvisionnement.

Les États-Unis freinent, l’Europe résiste

La transition vers l’électrique se poursuit à l’échelle mondiale. 14,7 millions de véhicules électriques ont été vendus en 2025, et le volume doit atteindre 17,4 millions en 2026. Mais entre les deux rives de l’Atlantique, la cadence n’a rien de comparable.

Aux États-Unis, la Californie reste de très loin le cœur du marché électrique. En septembre 2024, l’État concentrait environ 35 % des véhicules électriques immatriculés, soit 1,256 million d’unités. La Floride suivait avec 254 878 véhicules, devant le Texas avec 230 125. Cette avance s’explique notamment par la législation ZEV, qui impose aux constructeurs une part croissante de modèles zéro émission jusqu’en 2035, avec l’objectif d’atteindre 100 % des ventes neuves dans la prochaine décennie.

Le contraste s’est encore accentué avec le recentrage de la politique fédérale. La suppression des crédits d’impôt pour les véhicules électriques a pesé sur les ventes de véhicules légers. En novembre 2025, le marché américain est tombé à 1,289 million d’unités, contre 1,368 million un an plus tôt, soit une baisse de 5,8 %. Ce changement de cap pourrait en revanche accélérer le rapatriement industriel de proximité et renforcer la chaîne d’approvisionnement locale, au moment où les droits de douane sur des matériaux clés comme l’aluminium risquent de renchérir les importations.

En Europe, l’évolution est moins heurtée. L’Europe de l’Ouest a progressé de 0,4 % sur un an en novembre 2025, avec 1,090 million de véhicules légers vendus contre 1,086 million douze mois plus tôt. À l’Est, la dynamique est plus solide : 428 842 ventes en novembre 2025, contre 418 317 en novembre 2024, soit une hausse de 2,5 %.

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L’Asie pèse sur toute l’industrie mondiale

Le marché automobile Europe-USA ne se comprend plus sans l’Asie. Aux États-Unis, deux des modèles les plus vendus, la Toyota Camry et la Honda Accord, proviennent de constructeurs asiatiques. Plusieurs groupes produisent aussi sur place, parmi lesquels Honda, Hyundai, Kia, Mazda, Nissan, Subaru et Toyota.

Même tendance en Europe, où Nissan, BYD, Chery et Toyota figurent parmi les industriels asiatiques dotés de sites de production. Cette montée en puissance se retrouve dans les volumes mondiaux attendus pour 2026. Toyota doit rester en tête avec 8,74 millions de véhicules légers produits. Volkswagen suit avec 5,79 millions, puis Stellantis avec 5,69 millions. Derrière, BYD est attendu à 5,45 millions, l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi à 4,02 millions, Hyundai à 3,71 millions, General Motors Group à 3,48 millions, Geely Group à 3,47 millions, Chery à 2,84 millions et Ford Group à 2,78 millions.

Sur l’électrique, l’avantage chinois est encore plus marqué. La production de véhicules électriques en Chine doit passer de 5,526 millions en 2022 à 12,246 millions en 2030, sur un total mondial projeté à 16,516 millions.

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Batteries, semi-conducteurs : la nouvelle bataille industrielle

La montée en puissance de l’électrique modifie aussi en profondeur la structure de la filière. L’assemblage d’un véhicule électrique est plus simple que celui d’un modèle thermique, avec une chaîne de traction moins complexe. La tension se déplace donc vers les matières premières indispensables aux batteries : lithium, graphite, cobalt et nickel.

Sur le raffinage, la Chine domine les approvisionnements mondiaux, et cette situation doit se prolonger au moins jusqu’en 2030. Reste un point particulièrement sensible : la traçabilité. Plusieurs signalements de pratiques contraires à l’éthique dans certaines mines ont poussé les États et les régions à rechercher des sources plus transparentes.

L’Union européenne prépare sa riposte. À partir de 2027, le Battery Passport imposera un enregistrement numérique de tous les matériaux utilisés dans chaque batterie. En parallèle, l’industrie porte encore les traces de la pénurie mondiale de semi-conducteurs. Les voitures embarquent désormais des centaines de puces, et une dépendance excessive à quelques zones de production suffit à déstabiliser toute la chaîne.

Au final, le paysage se précise : entre politiques publiques divergentes, montée en puissance des groupes asiatiques et bataille industrielle autour des batteries, le marché automobile entre les États-Unis et l’Europe suit désormais deux trajectoires bien distinctes.

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Petit bout de femme âgée de 31 ans et passionnée du monde automobile depuis toute petite :)
C’est avec un immense plaisir que je partage avec vous toutes les dernières actualités et découvertes de cet univers que j’adore !

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