Le plan d’économies de Mercedes pourrait atteindre 800 millions d’euros et toucher directement les salariés de ses sites allemands.

Le plan d’économies de Mercedes encore en discussion
Mercedes-Benz cherche à réduire ses coûts alors que ses principaux marchés traversent une période difficile. Au sein du constructeur, un projet chiffré à 800 millions d’euros serait en discussion. Il ne s’agit pas d’économies déjà réalisées : les mesures susceptibles de permettre d’atteindre ce montant restent à l’étude.
La direction juge la production automobile en Allemagne trop coûteuse pour préserver la compétitivité de la marque. Les dépenses de personnel sont donc au cœur des pistes étudiées. Pour les salariés, ces discussions pourraient se traduire par des changements de rémunération et de temps de travail.

Primes réduites et semaine de travail allongée
Certaines primes pourraient être réduites, d’autres supprimées. Mercedes étudierait aussi la possibilité de demander aux salariés de travailler cinq heures de plus par semaine, sans augmentation de salaire correspondante. Le constructeur refuse pour l’instant de commenter ces pistes.
Pour les employés concernés, ces mesures n’auraient pas les mêmes effets. Une baisse des primes réduirait une partie de leur rémunération; l’allongement de la semaine, à salaire inchangé, leur ferait effectuer davantage d’heures pour la même paie. Aucune de ces pistes n’est toutefois définitivement adoptée.
Les syndicats devraient s’opposer à de telles coupes. Ce risque de tensions complique la tâche de la direction. Chez Volkswagen, qui traverse également de graves difficultés, des mouvements de grève d’ampleur ont eu lieu ces dernières semaines. Cela ne signifie pas qu’une grève est annoncée chez Mercedes, mais montre les tensions que pourrait provoquer un programme d’économies touchant les salariés.
Les usines allemandes face au coût de production
La réflexion pourrait aussi porter sur l’avenir des usines. Si les économies recherchées ne sont pas obtenues, Mercedes envisagerait la fermeture d’une ou deux usines en Allemagne. Le responsable de la production, Michael Schiebe, a évoqué cette possibilité le 22 septembre, lors d’une réunion sur le site de Sindelfingen. Cette éventualité dépendrait des résultats du plan : aucune fermeture n’a été décidée.
Cette perspective suscite déjà une réaction syndicale. Elle montre que le débat ne porte pas seulement sur des dépenses ponctuelles, mais aussi sur le coût de fabrication des voitures Mercedes en Allemagne.
En parallèle, le groupe continue d’investir dans son usine hongroise de Kecskemét pour en augmenter la cadence. Ce site peut désormais produire plus de voitures que chacune des usines historiques allemandes de Mercedes. La main-d’œuvre y coûte trois fois moins cher qu’en Allemagne, un écart qui pèse dans cette stratégie.
Cette montée en puissance ne constitue pas, à elle seule, l’annonce d’un transfert de production ou d’une fermeture outre-Rhin. Elle éclaire toutefois les discussions sur les économies demandées aux sites allemands.

La Chine et les États-Unis ajoutent à la pression
Les coûts de production ne sont pas la seule source de difficultés pour Mercedes. Aux États-Unis, où le constructeur emploie des milliers de personnes et fabrique de nombreux SUV à Tuscaloosa, une incertitude demeure. L’administration Trump laisse planer la possibilité d’une interdiction visant les constructeurs détenus à au moins 15 % par des capitaux chinois. Mercedes se trouve dans cette situation, sans qu’une interdiction soit présentée comme déjà appliquée.
En Chine, les ventes de la marque ont chuté tandis que des clients privilégient les constructeurs nationaux. Ceux-ci exercent aussi une pression en Europe, où ils proposent des voitures aux ambitions premium à des tarifs inférieurs. Mercedes fait ainsi face à la concurrence sur plusieurs marchés au moment même où il cherche à réduire ses dépenses.
Pour les salariés allemands, les primes, le temps de travail et, en dernier recours, l’avenir de certaines usines restent des scénarios envisagés, non des décisions prises. Le constructeur n’a pas encore détaillé de mesures arrêtées.





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