Selon le Wall Street Journal, Jim Farley aurait fixé un objectif de cinq millions de véhicules par an d’ici 2032 pour les ventes de Ford, alors que les livraisons du constructeur reculent.
Le dirigeant aurait présenté cette ambition à ses équipes lors d’une réunion interne, le 29 octobre 2026. Il ne s’agit donc pas d’une prévision commerciale officiellement annoncée. Ce cap donnerait néanmoins la mesure du rebond recherché : Ford n’a plus franchi le seuil des cinq millions de ventes annuelles depuis 2019. Une décennie plus tôt, le constructeur dépassait les six millions d’unités vendues par an.
Pour retrouver cette échelle, Ford miserait notamment sur des modèles moins chers aux États-Unis. En Europe, son accord avec Renault doit lui apporter deux voitures électriques, tandis qu’un rapprochement industriel avec Geely est également évoqué.
Les ventes de Ford face à un recul des livraisons
Sur les neuf premiers mois de 2026, Ford a livré environ trois millions de véhicules à ses concessionnaires dans le monde. C’est 9 % de moins qu’à la même période de 2025. Ce bilan porte sur les livraisons au réseau, et non directement sur les achats des clients : il ne faut donc pas le confondre avec un total de ventes au détail.
La baisse des volumes n’empêche pas le groupe de dégager des bénéfices. Au troisième trimestre, son bénéfice opérationnel ajusté, qui mesure le résultat de l’activité après retraitements, a atteint 2,7 milliards de dollars. Le bénéfice net s’établit à deux milliards de dollars.
Ford a aussi relevé sa prévision annuelle de bénéfice opérationnel ajusté, désormais comprise entre 10,5 et 11 milliards de dollars. Les livraisons diminuent donc, mais les perspectives de résultat ont été revues à la hausse. L’objectif prêté à Jim Farley porterait, lui, sur une reconquête des volumes.
Des modèles moins chers pour élargir la clientèle
Selon L’Automobile Magazine, Ford préparerait cinq nouveaux modèles à moins de 40 000 dollars pour les États-Unis, avec des lancements d’ici la fin de la décennie. Le prix serait l’un des leviers de cette offensive commerciale. Ces montants concernent le marché américain et ne constituent pas des tarifs annoncés pour l’Europe.
Parmi les projets évoqués figure un pick-up électrique autour de 30 000 dollars. Toujours d’après L’Automobile Magazine, sa production devrait démarrer fin 2027. Le Wall Street Journal avance pour sa part un objectif supérieur à 100 000 ventes dès la première année de fabrication.
Ce pick-up aurait vocation à contribuer rapidement aux volumes. Son calendrier précéderait toutefois de plusieurs années l’échéance de 2032 : le retour vers cinq millions de ventes ne reposerait pas sur un seul lancement. La gamme de modèles abordables évoquée aux États-Unis s’inscrirait dans un effort commercial plus large.
Renault apporte une base industrielle déjà actée
Le volet européen dispose d’un socle officiel. En décembre 2025, Ford et Renault ont conclu un accord portant sur le développement de deux voitures électriques utilisant la plateforme Ampere. Elles porteront la marque Ford, mais seront fabriquées par Renault dans le nord de la France.
La première est attendue en concession début 2028. Cet accord permet à Ford de préparer de nouveaux modèles électriques en s’appuyant sur la plateforme et l’outil industriel de son partenaire, plutôt que sur une production entièrement assurée dans ses propres usines.
Un autre dossier demeure non officiel. Selon L’Automobile Magazine, Ford et Geely auraient engagé un rapprochement autour de l’usine Ford de Valence, en Espagne, notamment pour partager les capacités de production et les investissements.
Ces deux pistes n’ont donc pas le même statut : la coopération avec Renault est conclue, celle avec Geely reste une information attribuée. Entre nouveaux modèles et partenariats industriels, Ford prépare plusieurs leviers de développement. Le cap des cinq millions de ventes en 2032 reste, à ce stade, un objectif interne prêté à Jim Farley par le Wall Street Journal.





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