Ai Ogura et Dani Pedrosa partagent, aux yeux de Cal Crutchlow, un petit gabarit et certains traits de pilotage, mais le Japonais possède une gestion des pneus bien à lui.
Ce qui rapproche Ai Ogura et Dani Pedrosa
À Aragon, Ogura n’a pas pu défendre ses chances. Présent pour prendre le relais de Johann Zarco si nécessaire, Cal Crutchlow n’a finalement pas eu à enfiler le cuir. L’ancien pilote a néanmoins expliqué quels traits du Japonais lui rappelaient Pedrosa.
Le premier point commun tient au gabarit. Ogura ne pèse que 60 kg, une donnée centrale dans cette comparaison. « Son poids, ça fait très Dani Pedrosa. J’aime bien son style de pilotage. Le seul inconvénient, c’est qu’il met beaucoup plus de temps à se lancer en course », explique Crutchlow.
Mais le parallèle ne repose pas uniquement sur la silhouette des deux pilotes. Crutchlow apprécie également la manière dont Ogura conduit sa moto. Il relève toutefois une montée en rythme plus lente, particulièrement visible durant la première partie des courses.
Des pneus plus longs à mettre en action
La principale réserve de Crutchlow concerne la mise en action des pneus. Ogura ne les exploite pas comme ses adversaires dans les premiers tours. Il lui faut davantage de temps avant de pouvoir attaquer, mais cette patience lui permet de conserver une réserve supérieure en fin de course.
« Ai n’active pas les pneus comme les autres au début. Et puis, à la fin de la course, il préserve tellement ses pneus qu’il lui en reste beaucoup plus que les autres », détaille Crutchlow.
Ce fonctionnement impose un compromis. Le Japonais ne peut pas pousser immédiatement lorsque ses pneus tardent à monter en régime. Une fois cette phase passée, leur usure contenue lui laisse davantage de marge que ses rivaux en fin d’épreuve.
Son style présente donc deux facettes. Les débuts de course peuvent lui coûter du terrain, tandis que sa gestion sur la durée constitue un point fort. La température de la piste joue alors un rôle déterminant dans sa capacité à imposer rapidement son rythme.
La chaleur favorise le style d’Ogura
Dans les courses les plus chaudes, le comportement décrit par Crutchlow devient moins contraignant. Ogura peut attaquer immédiatement, sans attendre aussi longtemps la mise en action de ses pneus. Ces conditions atténuent ainsi la faiblesse observée en début d’épreuve.
« Dans les courses plus chaudes, il est bien meilleur, car il peut attaquer immédiatement. Mais si vous allez dans un endroit comme Phillip Island, la situation pourrait être difficile pour lui, surtout en cas de pluie », poursuit Crutchlow.
Phillip Island illustre la limite de cette approche. Lorsque les conditions compliquent l’activation des pneus, en particulier sous la pluie, le temps nécessaire à Ogura pour trouver son rythme risque de peser davantage sur son début de course.
Son style reste donc étroitement lié aux conditions rencontrées. Aidé par la température, il peut disposer rapidement de ses pneus. Si leur mise en action ralentit, son entame devient en revanche plus délicate.
Un candidat au titre avant sa blessure
Avant l’accident de motocross d’Ogura, Crutchlow le plaçait très haut parmi les pilotes capables de contester le titre mondial à Marc Marquez. Son jugement dépassait donc la seule comparaison stylistique avec Pedrosa.
« Si vous m’aviez demandé de choisir quelqu’un d’autre que Marc Marquez, j’aurais choisi Ai Ogura avant sa blessure », affirme-t-il.
L’absence en Aragon a ensuite pesé lourd dans la situation sportive du Japonais. Après cette course manquée, Ogura s’est retrouvé à 53 points du leader, Jorge Martin. Cet écart traduit le coût immédiat de son forfait dans la lutte au championnat.
Son retour est attendu pour le Grand Prix de Saint-Marin à venir. Ogura devra retrouver le rythme tout en composant avec cette particularité relevée par Crutchlow : une gestion très économe des pneus, mais parfois difficile à exploiter dès les premiers tours.

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