Un week-end de reprise sous surveillance
À Miami, personne n’a vraiment le luxe d’attendre. Le GP de Miami F1 s’ouvre sur une reprise déjà chargée : réglages à affiner, développements à accélérer, écarts à réduire. Après la première séance libre, Ferrari, Williams et Audi ont surtout parlé d’équilibre. Et dans un championnat où Mercedes a signé trois poles et trois victoires sur les trois premiers rendez-vous, le moindre dixième pèse lourd.
Les changements techniques introduits avant Miami ont été reçus sans emballement. Frédéric Vasseur rappelle qu’il n’est « jamais facile de changer quelque chose pendant la saison », une modification réglementaire pouvant toujours déplacer les rapports de force. James Vowles, lui, met en avant le travail mené entre la FIA et les équipes, avec « 20 ou 30 » pistes étudiées. Mattia Binotto reste sur la même ligne de prudence : l’effet ne sera pas forcément lisible dès Miami, surtout après une séance libre « désordonnée » pour Audi.

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Audi installe McNish au cœur du dispositif
Chez Audi F1, le week-end marque aussi l’arrivée opérationnelle d’Allan McNish comme Racing Director. Pour Mattia Binotto, le choix coule de source : ancien pilote, familier d’Audi, passé par la direction d’équipe en Formule E, McNish connaît les pilotes et le fonctionnement du muret des stands. Le point central, pour Binotto, reste la confiance qu’il peut lui accorder lorsqu’il n’est pas présent sur tous les Grands Prix.
Le projet Audi avance encore en phase de construction. Binotto se dit satisfait du travail déjà accompli dans la transition de Sauber vers Audi, sans chercher à minimiser l’écart avec les meilleures structures. Le déficit le plus visible concerne le groupe propulseur, ce qui reste attendu pour un nouveau motoriste. Son constat est franc : l’écart est « grand », même « énorme ». Audi affirme toutefois disposer d’un plan de développement pour les prochaines étapes.
Williams vise un retour dans le haut du peloton intermédiaire
Pour Williams, Miami ressemble à un nouveau point de départ après un hiver jugé « vraiment désordonné » par James Vowles. La pause a permis de souffler, de remettre les priorités en ordre et d’apporter des évolutions en Floride. Le patron de l’écurie voit un léger progrès, mais refuse d’en faire trop : une seule séance ne suffit pas, et l’avant du peloton reste encore loin.
La trajectoire pour 2026 est posée. Vowles veut retrouver une voiture capable de viser le haut du milieu de grille lorsque le développement de la monoplace actuelle arrivera à son terme, après la pause d’août. Le travail sur l’allègement est présenté comme achevé, avec le poids retiré de la voiture puis 10 kg supplémentaires en préparation. Même logique dans les stands : les arrêts doivent revenir dans le top 3 ou top 4, après 150 pit stops effectués à l’entraînement.
Le recrutement doit donner du poids à cette relance. Dan Millner, arrivé de Mercedes, influence déjà la direction technique selon Vowles. Claire Simpson, elle aussi venue de Mercedes, a débuté ce 1er mai. Le message est clair : Williams accepte de changer en profondeur si cela sert une ambition de niveau championnat. Reste maintenant à convertir cette nouvelle organisation en performance mesurable.
Ferrari assume la pression de Mercedes
Chez Ferrari, les nouveautés amenées à Miami ont livré un premier retour positif des pilotes. Vasseur, toutefois, garde le pied sur le frein. Les températures de piste, inédites cette saison selon lui, pèsent encore lourd dans l’analyse. Le vrai verdict viendra après les qualifications. La Scuderia peut tout de même s’appuyer sur un début de saison propre, avec des podiums lors des trois premiers Grands Prix et aucun point laissé de côté selon son directeur.
Face à Mercedes, Vasseur ne cherche pas à maquiller la situation. Trois poles, trois victoires : l’avantage est net. Ferrari doit donc maximiser chaque occasion, pendant que le développement reste très soutenu. Le directeur de la Scuderia estime qu’il faudra attendre six ou sept courses pour voir la hiérarchie se stabiliser davantage.
Reste aussi le dossier moteur, avec l’ADUO, cette opportunité de développement supplémentaire du groupe propulseur. Vasseur pense que le moteur Ferrari pourrait entrer dans la fenêtre concernée, mais renvoie la décision aux chiffres que la FIA doit communiquer. Sur le plan aérodynamique, le choix est déjà tranché : l’aileron surnommé « macarena » restera sur la voiture ce week-end. Le GP de Miami F1 s’annonce donc comme un premier révélateur, pas encore comme un juge définitif.
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