Le titre MotoGP 2026 est désormais à portée de Marc Marquez, revenu à hauteur de Jorge Martin alors qu’il reste sept Grands Prix à disputer.
Le titre MotoGP 2026 bascule à Misano
Marc Marquez a quitté le Grand Prix de Saint-Marin en tête du championnat, à égalité de points avec Jorge Martin. Avant le rendez-vous italien, le pilote Ducati comptait pourtant 19 longueurs de retard sur son rival. Sa cinquième victoire de la saison, décrochée devant son frère Alex, lui a permis de combler cet écart en un seul week-end.
Les deux prétendants totalisent 274 points, mais le numéro 93 occupe la première place grâce au nombre de victoires. Il en compte cinq, contre une pour le pilote Aprilia. Marquez a surtout réalisé le score maximal à Misano, avec 37 points sur 37, tandis que Martin abordait l’épreuve en position de force.
Ce renversement donne une autre dimension aux sept Grands Prix encore au programme. La bataille reste totalement ouverte, mais Marquez ne se contente plus de défendre ses chances après un début de saison perturbé. Il peut désormais écrire un nouveau chapitre dans l’histoire du championnat du monde.
Une dixième couronne pour dépasser Valentino Rossi
Champion MotoGP en 2025, Marc Marquez possède déjà neuf titres mondiaux. Son palmarès compte sept couronnes dans la catégorie reine, auxquelles s’ajoutent un titre en 125 cc et un autre en Moto2. Il se trouve ainsi à égalité avec Valentino Rossi, lui aussi neuf fois champion du monde et sept fois titré au plus haut niveau.
Un nouveau sacre modifierait directement cette hiérarchie. Marquez atteindrait dix titres mondiaux et huit en catégorie reine. Il dépasserait Rossi sur les deux tableaux et rejoindrait Giacomo Agostini au record de huit couronnes dans la catégorie reine.
Agostini conserverait néanmoins une nette avance au classement toutes catégories confondues, avec quinze championnats du monde remportés. La portée d’un titre de Marquez en 2026 resterait majeure : aucun pilote n’a atteint dix couronnes mondiales depuis l’Italien.
Cette perspective paraissait pourtant lointaine quelques mois plus tôt. Après le Grand Prix d’Italie, Marquez accusait encore 102 points de retard sur Marco Bezzecchi. Les conséquences de sa blessure à l’épaule contractée en Indonésie en 2025 avaient perturbé son hiver, avant qu’une fracture du cinquième métatarsien du pied droit au Mans ne complique encore sa campagne.
Aprilia avait alors pris le contrôle du championnat. Marquez a dû attendre la Hongrie pour renouer avec la victoire, avant d’enchaîner en République tchèque, en Allemagne, en Aragon et à Misano. Ces cinq succès ont transformé une saison jusque-là consacrée à limiter les dégâts en possible marche vers un dixième titre.

Un pilotage adapté à un corps lourdement éprouvé
La remontée du pilote ducati prend aussi du relief au regard de son parcours médical. Marc Marquez a subi quatre opérations de l’humérus droit, plusieurs interventions à l’épaule et deux épisodes de diplopie. D’autres blessures ont encore jalonné sa carrière depuis son retour.
À 33 ans, l’Espagnol ne peut plus aborder chaque séance comme durant ses années chez Honda. Claudio Domenicali, le PDG de Ducati, a souligné cette évolution. À cette époque, Marquez cherchait constamment la limite pendant les essais, au prix de chutes fréquentes. Son état physique l’oblige désormais à mieux répartir son énergie sur l’ensemble du week-end.
Cette adaptation ne signifie pas qu’il a renoncé à prendre des risques. Elle l’amène plutôt à choisir les moments décisifs, au lieu de pousser sans relâche dès les premiers tours de piste. Sa série de victoires montre que cette gestion reste compatible avec le niveau de performance nécessaire pour jouer le championnat.
Jorge Martin et Marco Bezzecchi restent dans la course
La dimension historique du défi ne doit pas masquer l’équilibre du classement. Jorge Martin possède exactement le même total que Marquez. Les 19 points d’avance qu’il détenait avant Misano ont disparu, mais seul le nombre de victoires départage encore les deux rivaux au championnat.
Marco Bezzecchi n’est pas non plus éliminé. Sa chute l’a repoussé à 33 points de la tête, un retard qui le maintient mathématiquement dans la bataille. Avec sept Grands Prix à disputer, les écarts peuvent encore évoluer rapidement, comme l’a montré le week-end de Saint-Marin.
Marquez a néanmoins repris la maîtrise de sa trajectoire. S’il conserve l’avantage jusqu’au terme de la saison, il deviendra dix fois champion du monde, dépassera Valentino Rossi et égalera les huit titres de Giacomo Agostini dans la catégorie reine. Une telle couronne consacrerait autant sa remontée de 2026 que sa capacité à reconstruire sa carrière après des années de blessures.
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