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La victoire d’Antonelli à Austin s’est jouée en six tours

La victoire d’Antonelli à Austin repose sur un arrêt unique et une accélération décisive après son passage aux stands. Le pilote Mercedes a repris près de sept secondes à Verstappen en six tours, puis conservé ses pneus durs pour battre Leclerc de 13,078 secondes.

Kimi Antonelli au volant de sa Mercedes lors du Grand Prix des États-Unis à Austin. F1
© Getty Images

La victoire d’Antonelli à Austin doit autant à sa gestion des pneus qu’à six tours décisifs, durant lesquels le pilote Mercedes a repris près de sept secondes à Max Verstappen pour faire fonctionner sa stratégie à un arrêt.

Kimi Antonelli a remporté le GP des États-Unis avec 13,078 secondes d’avance sur Charles Leclerc, devant Max Verstappen et Lewis Hamilton. Confortable à l’arrivée, cet écart s’est pourtant construit sur un équilibre délicat : prolonger suffisamment le premier relais sans sacrifier le rythme, puis attaquer avec les pneus durs sans compromettre leur tenue jusqu’au drapeau à damier.

Mercedes a ainsi couvert la course avec un train de mediums C3 et un train de durs C2. Ses principaux adversaires ont changé de pneus deux fois. Encore fallait-il que le temps économisé aux stands compense leur vitesse supérieure sur gommes fraîches.

Un départ qui libère la stratégie Mercedes

Le premier obstacle se présentait dès le départ. Verstappen disposait de tendres C4, alors qu’Antonelli s’élançait en mediums. Ce choix n’était pas totalement libre : le pilote Mercedes a expliqué qu’il ne possédait plus de tendres neufs. Le medium neuf constituait donc l’alternative pratique à un départ en durs.

Verstappen a placé sa Red Bull pour menacer l’intérieur du premier virage, mais Antonelli a réussi son envol. Derrière lui, Leclerc a pris la deuxième place au Néerlandais avant de la reperdre dans leur duel du premier tour. Pendant cet échange, la Mercedes a creusé un écart de 2,365 secondes.

Cette marge permettait à Antonelli de préserver ses pneus sans avoir à défendre à chaque virage. Après dix tours, son avance atteignait 2,775 secondes : les tendres de Verstappen ne lui avaient pas permis de prendre les commandes.

Le pilote Red Bull s’est arrêté à la fin du 13e tour pour monter un nouveau train de tendres. Hamilton l’a imité un tour plus tard, puis Leclerc au 15e passage, les deux Ferrari choisissant les mediums. Mercedes, elle, a poursuivi.

Andrew Shovlin, directeur de l’ingénierie piste de Mercedes, a résumé ce choix : « Les décisions stratégiques n’étaient pas évidentes, mais nous avons gardé notre sang-froid et pris la bonne décision en maintenant la stratégie à un arrêt. »

Antonelli donnait à son équipe des raisons d’attendre. Le rythme revenait avec les mediums, a-t-il expliqué. Ses trois derniers tours complets avant celui de son entrée aux stands se situaient tous autour de 1 min 41 s 1. Son premier relais a ainsi duré 24 tours, réduisant d’autant la distance à couvrir en durs.

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La victoire d’Antonelli à Austin bascule en six tours

Après son unique arrêt, Antonelli est ressorti quatrième, juste devant Hamilton. Verstappen, Leclerc et Isack Hadjar le précédaient. À la fin du 25e tour, il comptait 8,130 secondes de retard sur le leader. L’arrêt de Hadjar lui a ensuite dégagé la voie.

Entre les tours 26 et 30, la Mercedes a repris 5,277 secondes à Verstappen, soit un peu plus d’une seconde par tour. L’écart est tombé à 2,853 secondes. En ajoutant le 31e tour, celui de l’entrée aux stands de la Red Bull, le gain total atteint 6,757 secondes.

La distinction compte : ce sixième tour comprend l’approche des stands de Verstappen. Les cinq précédents offrent une comparaison plus représentative de leur rythme en piste.

Sur cette séquence de cinq tours, Antonelli a gagné 3,426 secondes dans le seul secteur central, soit près des deux tiers de son avantage. Il y a été plus rapide à chaque passage. Ce secteur comprend la fin de l’enchaînement rapide, l’approche du virage 11 et la longue ligne droite opposée. Le pilote Mercedes a ensuite décrit sa monoplace comme particulièrement efficace dans les courbes à moyenne et haute vitesse.

Verstappen devait aussi composer avec plusieurs difficultés. Red Bull a indiqué qu’un débris heurté vers le huitième tour avait endommagé sa voiture. D’autres problèmes affectaient son équilibre et accentuaient la dégradation. « Nous avons souffert d’un fonctionnement irrégulier du moteur pendant toute la course », a expliqué le Néerlandais.

Impossible d’isoler précisément le poids des dégâts, de l’âge des pneus ou du composé dans cet écart de performance. Pour Mercedes, l’essentiel était qu’Antonelli revenait rapidement alors que Verstappen devait encore s’arrêter.

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Des pneus durs rapides sans s’effondrer

Red Bull a rappelé Verstappen à la fin du 31e tour pour chausser des mediums. Leclerc a brièvement hérité de la tête, avant qu’Antonelli ne le dépasse au 32e passage. Il restait alors 24 tours à parcourir, sans nouvel arrêt prévu pour la Mercedes.

Le pilote italien n’avait pas effectué de long relais en durs pendant les essais. Avec son ingénieur Peter Bonnington, il a donc continué à échanger sur le rythme qu’il pouvait imposer à ses pneus. Rassuré par ses premières sensations, il a maintenu des chronos autour de 1 min 39 s 8 durant la douzaine de tours suivante.

Dario Marrafuschi, directeur de Pirelli Motorsport, a jugé que le dur avait fonctionné « légèrement mieux que prévu ». Il a également estimé que l’arrêt unique était la stratégie la plus efficace, mais « avec une marge très étroite ».

Leclerc ne pointait qu’à 0,629 seconde au terme du 32e tour. Au 37e, son retard atteignait déjà 3,049 secondes. Les Ferrari ont ensuite effectué leur second arrêt, Hamilton au 38e tour et Leclerc au 39e, pour repartir en durs neufs.

Le Monégasque a signé le meilleur tour en 1 min 37 s 976 au 42e passage. Mais la baisse de rythme attendue chez Antonelli n’est jamais venue. « Il n’a jamais vraiment été en difficulté en fin de course », a constaté Leclerc.

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Le trafic achève de protéger le leader

Les Ferrari disposaient de pneus plus frais, mais devaient encore rattraper le temps perdu lors de leur arrêt supplémentaire. Elles avaient aussi du trafic à dépasser, contrairement à Antonelli.

Lando Norris occupait une place centrale dans cette fin de course. Arrêté dès le 16e tour, il avait prolongé son relais en durs pour ne s’arrêter qu’une fois. Il s’est retrouvé deuxième après les derniers passages aux stands de Ferrari, devant Verstappen et Leclerc.

Le pilote McLaren a expliqué avoir dû pousser sa voiture « bien au-delà de sa zone de confort », avant d’en payer le prix dans le second relais. Verstappen l’a dépassé au 47e tour, puis Leclerc est passé à son tour. Deux boucles plus tard, le pilote Ferrari a pris la deuxième place à la Red Bull.

Ces batailles laissaient de moins en moins de tours pour revenir sur Antonelli. Une neutralisation virtuelle tardive, provoquée par l’immobilisation de la Cadillac de Valtteri Bottas, a modifié les écarts sans menacer sa victoire.

Antonelli quitte Austin avec 123 points d’avance sur George Russell. Une neuvième place au Mexique lui suffira pour décrocher le titre. Au Texas, il a construit son succès en préservant ses pneus, puis en exploitant leur potentiel au moment précis où sa stratégie l’exigeait.

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La rédaction

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