L’usine Stellantis de Douvrin ferme définitivement ce 30 octobre 2026, après 57 ans d’activité, tandis que la transition vers les batteries nourrit le débat sur l’emploi.
Née en 1969 d’une alliance entre Peugeot et Renault, la Française de Mécanique termine son histoire avec plus de 52 millions de moteurs produits. Sa fermeture met fin à une activité qui avait fait de Douvrin un site majeur de la mécanique automobile.
Du moteur TU aux souvenirs des salariés
Dans les années 1970 et 1980, le site réunissait près de 6 800 salariés et pouvait produire jusqu’à 10 400 blocs par jour, selon L’Automobile Magazine. Le moteur TU tient une place particulière dans ce bilan. Lancé en 1986 et fabriqué jusqu’en 2013, il a dépassé les 15,6 millions d’unités produites, indique le magazine.
Au-delà de ces volumes, la fermeture touche aussi une mémoire ouvrière. Henri Davroux, entré comme opérateur en 1970, a confié à Ici Hauts-de-France : « C’était vraiment une bonne boîte, très familiale. Quand on y retourne aujourd’hui et qu’on voit ce que c’est devenu, on a envie de pleurer. »
Les batteries ACC ne reprennent qu’une partie des effectifs
Face à l’ancien site, la gigafactory ACC représente une autre activité industrielle, celle des batteries. Elle a bénéficié de 1,3 milliard d’euros de subventions publiques, selon L’Automobile Magazine. Mais l’ensemble des équipes de la Française de Mécanique n’y a pas été transféré.
Parmi les 1 500 salariés que comptait encore l’usine en 2021, 348 ont rejoint ACC, selon le magazine. La direction assure qu’aucun salarié de cet effectif n’a été laissé sans solution de reclassement.
Cette assurance ne désamorce pas la critique syndicale. Régis Scheenaerts, figure de la CGT locale, dénonce une « giga prime à la casse » financée par l’État pour réduire l’emploi. À Douvrin, le passage des moteurs aux batteries se mesure aussi à l’écart entre les effectifs de l’ancienne usine et ceux qui ont rejoint ACC.





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