Les usines Renault en Espagne recevront 600 millions d’euros d’ici 2030 pour produire cinq nouveaux modèles, dont deux SUV électriques encore sans nom.

Cinq modèles, dont deux SUV électriques
Le plan, annoncé le 24 septembre 2026, concerne Valladolid et Palencia. Ces sites produisent notamment l’Austral, le Rafale et le Captur. Renault y affectera cinq nouveaux modèles, dont deux SUV 100 % électriques. Présent en Espagne depuis 75 ans, le constructeur n’y a encore jamais produit de véhicules électriques.
Renault investira 600 millions d’euros d’ici 2030, avec le soutien de subventions publiques régionales et nationales. Le projet vise à pérenniser plus de 6 000 emplois directs. Les deux usines continueront de produire des modèles de la gamme actuelle. Elles accueilleront aussi des véhicules sans moteur thermique.
Les cinq futurs modèles n’ont pas encore de nom. Renault a toutefois choisi la carrosserie des deux électriques : ce seront des SUV. Le constructeur prévoit également une production espagnole autour de la plateforme RGEV 2.0, dédiée aux véhicules électriques. On connaît donc la direction technique, mais pas les modèles qui en sortiront.
Un marché important et une base pour exporter

Renault a vendu près de 175 000 voitures en Espagne en 2025. Le pays est aussi une base de production tournée vers le reste de l’Europe. Ce double rôle éclaire le choix de Valladolid et Palencia.
L’Espagne est le deuxième producteur européen de véhicules, derrière l’Allemagne. En 2025, 1,77 million de voitures sont sorties de ses usines. Ses routes et ses ports facilitent l’expédition des véhicules. Cette logistique compte pour approvisionner plusieurs marchés européens.
Le coût du travail compte aussi. Le salaire moyen d’un ouvrier de production y est présenté autour de 1 500 euros. Il reste inférieur à celui de la France ou de l’Allemagne. Renault bénéficie aussi de sous-traitants et d’un savoir-faire automobile installés de longue date. On comprend l’intérêt du choix : coût de production, accès aux marchés et maintien d’une activité existante.
Les capacités espagnoles attirent d’autres constructeurs
Les constructeurs chinois cherchent des capacités d’assemblage en Europe. Les droits de douane sur les véhicules électriques importés pèsent dans cette recherche. Produire sur place leur permettrait de vendre des voitures fabriquées en Europe. Cela éviterait de n’y expédier que des véhicules finis.
Chery a repris l’ancienne usine Nissan de Barcelone. À Valence, Ford négocie une coentreprise avec Geely autour de son site. Stellantis envisage de céder une partie de son usine de Madrid à son partenaire Leapmotor. Tous ces projets n’en sont pas au même stade. Ils montrent l’intérêt pour les capacités industrielles espagnoles.
Dans ce paysage, les 600 millions d’euros annoncés visent à sécuriser l’avenir de Valladolid et Palencia. Renault choisit de développer ses propres usines et d’y introduire la production électrique. Leur activité ne sera donc pas limitée aux modèles qui en sortent aujourd’hui.
Les noms des deux SUV restent inconnus
Dans la gamme électrique Renault, le Scénic occupe aujourd’hui le segment supérieur évoqué pour ces SUV. L’Austral, le Rafale ou l’Espace pourraient aussi évoluer à l’avenir. Mais aucun de ces noms n’a été annoncé pour les deux véhicules prévus en Espagne.
Autre possibilité : transférer la production du Scénic en Espagne lors de sa prochaine génération. Ce scénario libérerait de la place dans les usines françaises. Elles sont déjà occupées notamment par la R5 et la Mégane. Mais ce transfert ne figure pas parmi les décisions annoncées.
On sait donc où Renault investira, et pour combien. Le nombre de modèles est fixé, tout comme la silhouette des deux électriques. Leurs noms préciseront la place de Valladolid et Palencia dans la future gamme.
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