Le livre de Christian Horner doit livrer sa version des luttes de pouvoir, des rivalités et de son éviction après vingt années à la tête de Red Bull.
Drive paraîtra le 22 octobre 2026, avec la promesse d’un récit franc et sans concession. Son contenu précis reste toutefois inconnu tant que l’ouvrage n’est pas publié. À ce stade, les révélations sur le départ de l’ancien patron de l’écurie constituent donc surtout l’un des arguments de sa campagne de lancement.
Dans la semaine du 7 septembre 2026, le Britannique est entré en studio pour enregistrer lui-même la version audio de ses mémoires. Une tournée au Royaume-Uni est également prévue. Après avoir longtemps contrôlé la communication de Red Bull depuis le muret des stands, Horner s’apprête désormais à défendre publiquement son propre récit.

Ce que le livre de Christian Horner promet de raconter
Christian Horner avait rejoint Red Bull en 2005, à seulement 31 ans. Il a ensuite dirigé l’écurie durant vingt saisons, jusqu’à son éviction le 9 juillet 2025. Sous sa direction, la structure de Milton Keynes a remporté six titres Constructeurs et huit couronnes Pilotes, réparties à parts égales entre Sebastian Vettel et Max Verstappen.
La soudaineté de son départ a contrasté avec la durée de ce règne. Quelques mois plus tard, Horner confiait que tout était arrivé « assez soudainement » et qu’il n’avait pas réellement pu faire ses adieux. Ce dénouement devrait occuper une place centrale dans les 320 pages de Drive, bien au-delà des succès sportifs accumulés depuis les débuts de Red Bull en F1.
Les dernières saisons offrent une matière particulièrement sensible. Après sa domination en 2023, l’écurie avait perdu Adrian Newey, puis Jonathan Wheatley, tandis que ses tensions internes devenaient publiques. Ses performances avaient aussi commencé à reculer au moment où la pression augmentait autour de son patron.
Red Bull n’a jamais communiqué le montant de son accord de départ. La BBC avait évoqué environ 60 millions d’euros, soit près de 52 millions de livres sterling, tandis que d’autres estimations britanniques étaient plus élevées. Cette indemnité n’a pas fermé la porte à un retour de Horner dans le paddock.

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Verstappen dédouané, Marko et Mintzlaff davantage visés
La crise interne de 2024 avait alimenté l’idée d’une offensive du clan Verstappen contre Christian Horner. Jos Verstappen avait alors critiqué publiquement le dirigeant britannique. Au début de 2026, Horner a néanmoins rejeté cette interprétation en présentant sa version dans Drive to Survive : « Je ne crois pas que les Verstappen aient été responsables. »
Il pointe plutôt le nouvel équilibre politique installé au sein du groupe après la mort de Dietrich Mateschitz, en octobre 2022. Horner estime que son influence croissante était devenue gênante. Dans ce récit, Oliver Mintzlaff et Helmut Marko occupent donc une place plus exposée que Max Verstappen et son entourage.
Drive devrait approfondir cette lecture des événements, sans constituer pour autant un arbitrage neutre des guerres internes de Red Bull. Horner choisira les épisodes racontés, leur chronologie et le rôle accordé à chacun. L’intérêt du livre tiendra précisément à cette tentative de reprendre la maîtrise d’une histoire dont la conclusion lui a échappé.
Un récit personnel sur vingt ans de pouvoir en F1
La présentation de l’éditeur ne réduit pas l’ouvrage au licenciement de 2025. Les rivalités, les difficultés personnelles et le prix humain payé pour maintenir Red Bull au sommet doivent aussi y être abordés. Horner reviendra sur ses rapports avec Mateschitz, Bernie Ecclestone, Sebastian Vettel, Max Verstappen, Daniel Ricciardo et son épouse Geri.
Cette galerie de personnages traverse plusieurs générations de la F1. Elle permet également à l’ancien dirigeant de raconter la transformation d’une jeune équipe en puissance dominante, puis la fragilisation progressive de son organisation. Le livre peut ainsi faire office d’autobiographie sportive autant que de droit de réponse après une sortie sans cérémonie.
Cette narration devra néanmoins être abordée avec prudence. Helmut Marko, Oliver Mintzlaff et les Verstappen n’y disposeront pas du même espace pour défendre leur lecture. Horner connaît en outre les mécanismes de communication d’une écurie de pointe et l’importance du contrôle politique dans le paddock. Drive montrera donc autant la façon dont il souhaite présenter sa chute que les événements eux-mêmes.
Un possible retour en F1 après Red Bull
Christian Horner a reparu à Silverstone en juillet 2026, après environ une année largement passée loin des circuits. Il y a confirmé qu’un retour en Formule 1 restait envisageable, mais uniquement dans un projet où il pourrait peser sur les décisions et viser la victoire.
Son nom reste associé à plusieurs équipes. Alpine est régulièrement évoquée pour un projet susceptible de combiner un rôle opérationnel et une participation au capital. Des discussions avec Lawrence Stroll autour d’Aston Martin ont également été rapportées, tandis que Ferrari apparaît périodiquement parmi les possibilités. Aucune arrivée n’a été officialisée.
Horner a parallèlement rejoint Oakley Capital comme conseiller pour les investissements sportifs. Cette fonction et la publication de ses mémoires dessinent davantage une reprise d’activité qu’une retraite. Le livre peut lui permettre de rappeler son palmarès, de reconstruire son image et de se replacer dans le jeu politique de la F1.
Drive paraîtra ainsi à un moment où Red Bull poursuit son histoire sans celui qui l’a dirigé pendant vingt ans. La portée de l’ouvrage dépendra des faits que Horner acceptera de détailler, mais son calendrier est déjà significatif : il reprend la parole alors que son avenir professionnel reste ouvert et que les comptes de son départ ne paraissent pas soldés.

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