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Une Alpine A390 électrique photographiée sur la route.

Production de l’Alpine A390 réduite de moitié à Dieppe

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L’Alpine A390 peine à concrétiser les ambitions de la marque, qui réduira de moitié sa production à Dieppe dès la fin septembre.

L’Alpine A390 démarre loin derrière l’A290

Quelques mois après son arrivée dans les concessions, le crossover électrique fait déjà l’objet d’un sérieux ajustement industriel. À partir de la fin septembre, la cadence de l’usine de Dieppe doit passer de 30 à 15 voitures par jour. Cette division par deux illustre l’écart entre les volumes espérés et la demande enregistrée durant les premiers mois de commercialisation.

Ce ralentissement contraste avec la dynamique générale d’Alpine. Au premier semestre 2026, la marque a écoulé 8 538 voitures dans le monde, soit une progression de 69,1 % en un an. Cette croissance repose toutefois en grande partie sur l’A290, avec 5 890 ventes. Malgré l’arrêt de sa production en juin, l’A110 a encore séduit 1 607 clients. L’A390 ferme la marche avec 1 041 exemplaires vendus sur les marchés où elle était alors commercialisée.

L’Alpine A290 à Lyon
Les ventes Alpine sont tirées par l’A290
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Un tarif qui expose l’Alpine A390 au premium

Le positionnement tarifaire de l’A390 complique sa mission. La version GT débute à 67 500 euros, tandis que la GTS atteint 78 000 euros. À ce niveau de prix, les performances et le design ne suffisent plus. Les acheteurs évaluent aussi la qualité perçue, l’autonomie, la recharge, les technologies embarquées et l’image de marque.

La fiche technique ne manque pourtant pas d’arguments. L’A390 GT associe trois moteurs électriques pour développer 400 ch, avec quatre roues motrices et un 0 à 100 km/h réalisé en 4,8 secondes. Sa batterie de 89 kWh utiles lui permet d’atteindre 555 km WLTP. Ces caractéristiques la placent parmi les électriques performantes, sans pour autant rendre son positionnement évident face aux constructeurs premium déjà établis.

L’A390 doit également répondre aux attentes propres à un véhicule familial de plus de deux tonnes, conçu pour cinq personnes. Elle cherche à réunir le comportement d’une Alpine, la polyvalence d’un crossover et les prestations attendues d’une électrique haut de gamme. Cette combinaison élargit son terrain de jeu, mais brouille davantage son identité que celle des autres modèles de la gamme.

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Une sportive plus difficile à définir

L’A110 se présente comme une sportive basse, légère et biplace, entièrement tournée vers le plaisir de conduite. De son côté, l’A290 profite d’un format compact et d’une parenté claire avec la Renault 5. L’A390 exige davantage d’explications, car elle se trouve au croisement de plusieurs catégories sans appartenir pleinement à l’une d’elles.

Alpine a travaillé la répartition des masses et l’Active Torque Vectoring, un système qui module le couple transmis aux roues afin d’améliorer l’agilité. La gestion indépendante des deux roues arrière doit notamment aider le crossover à pivoter dans les virages malgré son poids. Cette approche le distingue des SUV électriques qui misent surtout sur leurs accélérations en ligne droite.

Un client disposant de près de 70 000 euros peut toutefois privilégier d’autres critères. L’espace intérieur, l’autonomie et la recharge sont susceptibles de peser davantage dans son choix que le comportement dynamique. L’A390 doit ainsi vendre une philosophie de conduite dans une catégorie où les décisions reposent souvent sur des considérations plus pratiques.

Son habitacle constitue une difficulté supplémentaire. Il conserve de nombreux éléments issus de l’univers Renault, conséquence logique du partage industriel destiné à contenir les coûts de développement. À plus de 70 000 euros, cette proximité devient néanmoins plus délicate à défendre. L’acheteur d’un modèle premium attend une expérience et une identité aussi marquées que les qualités de l’architecture technique.

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Dieppe contrainte de ralentir sa montée en cadence

La baisse de production touche une usine historiquement associée à l’A110 et aux sportives fabriquées en petites séries. Le site normand a bénéficié d’importants investissements pour accueillir l’A390. Ses salariés ont aussi été formés en vue d’une hausse des volumes autour de ce modèle électrique.

L’A110 de deuxième génération a quitté les chaînes en juin 2026, après 28 701 exemplaires produits depuis son lancement. L’A390 devait occuper une place centrale dans l’avenir industriel de Dieppe et permettre à Alpine de changer d’échelle. La réduction de cadence ne condamne pas ce projet, mais elle en retarde la montée en puissance et oblige la marque à adapter ses ambitions à la demande réelle.

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L’électrique n’explique pas à lui seul ce départ

Les difficultés de l’A390 ne peuvent pas être attribuées uniquement à sa motorisation. Également électrique, l’A290 constitue le principal moteur commercial d’Alpine au premier semestre 2026. Son format compact et son lien avec la Renault 5 rendent toutefois sa place dans la gamme plus facile à comprendre.

À près de 80 000 euros en version GTS, l’A390 s’adresse à une clientèle disposant d’un choix bien plus vaste parmi les constructeurs premium. Son enjeu consiste désormais à transformer ses qualités dynamiques en un argument d’achat assez fort pour compenser son tarif élevé et son identité complexe. Ce départ délicat rend également plus sensible la prochaine étape de la gamme Alpine, celle de la future A110 électrique.

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A propos de l'auteur

Louis, rédacteur en chef de Moteur Actu depuis 2024, couvre quotidiennement l'actualité automobile et la Formule 1. Spécialisé sur les véhicules électriques, l'industrie européenne et les nouveautés constructeurs, il décrypte les annonces, résultats financiers et tendances du marché auto.

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