Le développement des voitures Renault doit durer au moins deux ans pour un modèle inédit afin de préserver la qualité, la fiabilité et la sécurité.

Renault accélère le développement de ses voitures
Alors qu’elle s’étalait autrefois sur trois à cinq ans, la conception d’une voiture doit désormais suivre le rythme imposé par la Chine. Certains constructeurs chinois travaillent couramment sur des cycles de deux ans, tandis que les plus rapides approchent les 18 mois. Cette cadence leur permet d’intégrer plus vite les progrès des batteries, de l’électronique et des logiciels.

Avec son plan Futuready 2030, présenté en mars, Renault veut ramener à deux ans ou moins le délai entre le gel du concept et la présentation publique pour les projets adaptés. L’intelligence artificielle, les jumeaux numériques et les composants réutilisables doivent réduire de 40 % le coût initial de développement, ainsi que de 30 % les dépenses associées en biens et services.
La simplification des véhicules contribue également à cet effort. La dernière Twingo compte environ 750 pièces, soit 25 % de moins que la Renault 5. Son développement a aussi mobilisé l’Ampere China Development Center de Shanghai.

Pour la Twingo électrique, un peu plus de deux ans se sont écoulés entre l’annonce de novembre 2023 et l’ouverture des commandes en décembre 2025. François Provost précise toutefois qu’un modèle entièrement nouveau, reposant sur une plateforme inédite, exige plutôt deux ans et demi sur l’ensemble de son cycle.
Les essais imposent un délai incompressible
Accélérer ne revient pas à raccourcir toutes les étapes. Renault entend surtout mener davantage de tâches en parallèle, prendre certaines décisions plus vite et multiplier les simulations. Les prototypes doivent toujours parcourir des millions de kilomètres, dans le froid comme sous de fortes chaleurs, afin de révéler les défauts tardifs.

Un dérivé peut, en revanche, passer sous le seuil des deux ans puisque son architecture et de nombreux composants sont déjà validés. La nouvelle Dacia Spring a ainsi demandé 16 mois entre le gel de son concept et le début de sa production, en profitant du travail effectué sur la Twingo.
La Chine commence elle-même à s’interroger sur cette course. Plus de 600 nouveaux modèles auraient été présentés sur son marché durant les premiers mois de 2026. Robin Zeng, président de CATL, a alerté sur les risques liés à des validations trop courtes. Des dirigeants de Geely, Great Wall Motor et Chery ont exprimé des craintes similaires.

Les autorités chinoises ont lancé une campagne de contrôle d’un an, comprenant des inspections inopinées sur la conformité, la durabilité et la fiabilité. Fin août, un exemplaire du Geely EX2 présentait notamment un écart d’empattement supérieur à la tolérance réglementaire de 1 %. Renault défend, de son côté, une approche à « zéro compromis » sur la qualité.
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