Le groupe Volkswagen accuse une perte opérationnelle de 5,8 milliards d’euros au troisième trimestre 2026, un résultat qui renforce l’urgence de son programme de réduction des coûts.
Sur les neuf premiers mois de l’année, le bénéfice opérationnel tombe à 100 millions d’euros, contre 5,4 milliards sur la même période de 2025. Arno Antlitz, directeur financier du groupe, appelle à accélérer : « Les résultats à neuf mois montrent clairement une chose : nous ne pouvons pas nous permettre de perdre du temps et devons agir rapidement et résolument. »
Le groupe Volkswagen pénalisé par les dépréciations
La chute du résultat opérationnel s’explique principalement par 8,7 milliards d’euros d’éléments exceptionnels sur neuf mois, dont 7,8 milliards comptabilisés au troisième trimestre.
La charge la plus lourde est une dépréciation de 6,4 milliards d’euros de la survaleur comptable liée à Porsche. S’y ajoutent environ un milliard d’euros de dépréciations d’actifs, sans sortie de trésorerie, dans des sociétés chinoises intégralement consolidées, ainsi que des dépenses liées au projet de cession de Volkswagen Osnabrück GmbH.
Ces écritures comptables n’expliquent toutefois pas à elles seules les difficultés du constructeur. La faiblesse du marché chinois et l’intensification de la concurrence sur les prix pèsent également sur l’activité. Entre janvier et septembre, les ventes de véhicules reculent de 11 %, à 5,9 millions d’unités. Le chiffre d’affaires passe de 238,7 à 233,4 milliards d’euros.
À ces difficultés s’ajoutent, selon Arno Antlitz, le poids des droits de douane américains et une pression concurrentielle qui augmente nettement en Europe.
L’électrique progresse, mais rapporte moins
L’essor de l’électrique pèse lui aussi sur les résultats. Ces modèles représentent 40 % du carnet de commandes du groupe, avec notamment 150 000 commandes pour sa famille de petites voitures électriques, baptisée Electric Urban Car Family.
Cette progression ne s’accompagne pourtant pas encore d’une rentabilité comparable à celle du thermique. « Nous gagnons actuellement moins avec les véhicules électriques qu’avec les véhicules à moteur thermique », explique Arno Antlitz.
Hors éléments exceptionnels, la marge opérationnelle, soit la part du chiffre d’affaires conservée en résultat opérationnel, n’atteint que 3,8 % sur neuf mois. Le directeur financier juge ce niveau insuffisant pour continuer à investir fortement dans l’avenir.
Pour y répondre, le groupe mise sur un programme de coûts d’environ 31 milliards d’euros. Le plan prévoit une gamme resserrée, des structures simplifiées, une baisse des coûts des véhicules et des frais généraux, ainsi que des usines plus efficaces et un développement technologique accéléré. Pour Arno Antlitz, la priorité est désormais de le mettre en œuvre rapidement et avec rigueur.





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