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Au Mondial de l’Auto 2026, l’héritage face au défi chinois

Au Mondial de l’Auto 2026, environ une marque sur trois vient de Chine. Les constructeurs européens répondent notamment par leurs modèles historiques, de la 2CV à la R5. Cet héritage peut les distinguer, mais les prix et les prestations restent décisifs face aux nouveaux concurrents.

Des modèles automobiles exposés sur les stands du Mondial de l’Auto 2026 à Paris. Actualités
© Image générée par IA

Au Mondial de l’Auto 2026, les constructeurs européens misent sur leurs modèles emblématiques pour se distinguer de marques chinoises toujours plus nombreuses, mais la bataille se jouera aussi sur les prix.

Les constructeurs européens valorisent leur héritage face à l’offensive chinoise.
Peugeot, Citroën, Alpine et Renault puisent dans leur histoire pour imaginer leurs futurs modèles. Un héritage que les constructeurs européens entendent valoriser face à l’offensive chinoise. — © Image générée par IA

Les icônes européennes reprennent du service

Dans les allées du salon parisien, le passé occupe une place de choix. Citroën 2CV et 2CV Fourgonnette, Peugeot E-T16 et RCZ, Renault E-Space, Fiat Multiplina ou Alpine A310 : les références historiques se multiplient. Avec ces noms et ces silhouettes, les constructeurs présentent leurs projets en s’appuyant sur des voitures déjà ancrées dans la mémoire du public.

La recette n’est pas nouvelle. Volkswagen l’a utilisée avec la New Beetle, Fiat avec la 500. Plus récemment, Renault a réinterprété les R4, R5 et Twingo en leur donnant une motorisation électrique. Le principe reste le même : rendre une nouveauté immédiatement reconnaissable grâce à une filiation familière.

Cette accumulation prend toutefois un sens particulier en 2026. Les marques européennes ne revisitent pas seulement leurs archives pour séduire les nostalgiques : elles cherchent aussi à affirmer leur identité face à des concurrents dont les noms commencent tout juste à se faire une place sur le marché européen.

La Citroën 2 CV Fourgonnette préfigure un éventuel utilitaire électrique abordable.
Citroën a également révélé la 2 CV Fourgonnette au Mondial de Paris, préfigurant une futur utilitaire pas cher et électrique. Mais qui reste encore à confirmer. — © Didier Ric
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Au Mondial de l’Auto 2026, une marque sur trois est chinoise

Environ 20 marques chinoises participent au rendez-vous parisien, sur quelque 60 constructeurs présents. Leur nombre a doublé depuis 2024, lorsque le salon en accueillait une dizaine. Cette progression donne une mesure concrète de leurs ambitions européennes.

BYD, Mg, Leapmotor, Chery, Jaecoo et Geely poursuivent leur développement avec des gammes plus larges. D’autres font de Paris un point de rencontre avec le public européen. Aito figure ainsi parmi les nouveaux noms présents, tout comme Li Auto. Changan met pour sa part en avant Nevo et Avatr.

Pour ces constructeurs, exposer au Mondial ne consiste pas uniquement à montrer des voitures. Le salon leur permet de se faire connaître et de préparer leur implantation commerciale, face à des rivaux européens qui ont déjà une longue histoire auprès des automobilistes.

Le grand SUV Atto 8 étoffe la gamme de BYD.
Déjà très présent sur le marché français, BYD profite du Mondial pour étoffer sa gamme avec un grand SUV, l’Atto 8. — © BYD

Cette poussée répond aussi aux difficultés rencontrées en Chine. Selon Reuters, les ventes automobiles sur le marché intérieur chinois ont reculé de 20 % au premier semestre 2026. La guerre des prix et le ralentissement des ventes incitent les constructeurs à chercher d’autres débouchés.

Le marché américain leur restant largement fermé, l’Europe représente une destination stratégique. Les droits de douane européens sur les voitures électriques produites en Chine ne freinent pas cette expansion. Les marques chinoises développent notamment leur offre hybride et multiplient les projets de production dans des usines européennes.

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Peugeot défend un avantage que l’investissement ne remplace pas

À la veille de l’ouverture du salon, lors d’une soirée organisée par Stellantis, Alain Favey, directeur général de Peugeot, a résumé la réponse des marques historiques : « Par rapport à certains nouveaux entrants que je ne citerai pas, nous avons une différence fondamentale : nous possédons un héritage, une histoire, un passé qui nous inspire. »

Peugeot présente un concept RCZ en hommage au coupé de 2009.
Pas besoin d’aller exhumer des modèles disparus depuis des décennies : Peugeot a décider de présenter un concept RCZ, en hommage au coupé apparu en 2009. — © Peugeot

L’argument se situe sur un autre terrain que celui des performances ou des équipements. Une plateforme se développe, une usine se construit et des designers se recrutent. Les souvenirs associés à une 2CV, une R5 ou une Fiat 500 ne se créent pas aussi directement. Ils peuvent même toucher des automobilistes qui n’ont jamais possédé ces voitures.

Cet héritage aide les constructeurs européens à rendre leur offre identifiable. Sans remplacer le produit, il peut lui donner une personnalité immédiate, là où les nouveaux entrants doivent encore installer leur nom et leur image.

Chez Stellantis, Antonio Filosa, directeur général du groupe, a présenté la renaissance de la 2CV comme un symbole de la reconquête européenne. Le projet porte sur une petite voiture électrique fabriquée en Europe, avec un prix de départ visé autour de 15 000 euros. La présentation du modèle de série est annoncée d’ici 2028.

La référence historique sert ici une ambition concrète : proposer une électrique accessible, reconnaissable avant même de consulter sa fiche technique. Le tarif reste néanmoins un objectif, pas un prix de commercialisation acquis.

La Citroën 2CV est présentée au Mondial de Paris 2026.
La Citroën 2CV est sans conteste l’attraction principale du Mondial de Paris 2026. Mais au-delà de son physique, la marque veut également faire revivre l’esprit de la "Deuche" : une voiture simple, populaire et accessible, adaptée cette fois aux exigences de la mobilité électrique. — © François Lemaur
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Le prix et le produit décideront au-delà du dessin

Le succès de la Renault 5 électrique montre qu’un dessin familier peut contribuer à rendre un modèle désirable. Il ne démontre pas pour autant que toutes les anciennes gloires peuvent réussir leur retour. Autonomie, recharge, prestations et prix doivent répondre aux attentes actuelles, quelle que soit la force du nom inscrit sur la carrosserie.

Pour la future 2CV électrique, tenir l’objectif tarifaire sera donc aussi déterminant que réussir la réinterprétation du modèle. Une silhouette évocatrice attire l’attention, mais ne suffit pas à justifier l’achat face à une offre concurrente convaincante.

La séparation entre constructeurs européens et chinois devient par ailleurs moins nette sur le terrain industriel. Renault et Geely développent leurs liens. Geely prévoit également de produire des SUV électriques dans une usine Ford en Espagne. De son côté, Stellantis s’appuie sur son partenariat avec Leapmotor pour renforcer sa présence sur le marché électrique.

Les nouveaux entrants ne cherchent donc plus seulement à exporter vers l’Europe : ils veulent aussi y inscrire leur activité industrielle. Face à cette évolution, l’héritage permet de se distinguer, mais ne constitue pas une protection commerciale. Pour les constructeurs historiques, l’enjeu est de transformer les références du passé en voitures compétitives aujourd’hui.

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La rédaction

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