Au Mondial de Paris 2026, Stellantis mise surtout sur des concepts de voitures basses, tandis que d’autres constructeurs remettent berlines, breaks et monospaces au premier plan.
Stellantis multiplie les concepts au Mondial de Paris 2026
Le salon a ouvert ses portes au grand public le 13 octobre 2026, avec de nombreuses nouveautés et études de style. Stellantis y occupe une place particulière : le groupe expose dix concept-cars, dont neuf études créées pour ce rendez-vous parisien. Dévoilé depuis plusieurs mois, le Peugeot Polygon complète l’ensemble.
Avec 14 marques dans son portefeuille, le groupe dispose de nombreux terrains d’expression. Mais cette présence ne se résume pas au nombre de voitures exposées. Face à l’offensive des constructeurs chinois, les marques européennes cherchent aussi à raviver le désir automobile. Leurs concepts explorent des silhouettes qui vont au-delà d’une nouvelle déclinaison du SUV.
Chez Peugeot, les RCZ et E-T16 côtoient ainsi le Polygon. Sur le stand DS, la DS Fever évoque une remplaçante de l’actuelle DS 3, un modèle qui n’a pas trouvé son public. Cette étude annonce une DS N°3 sous les traits d’une citadine étirée, plutôt que d’un véhicule aux attributs de baroudeur.

Citroën joue une autre carte avec une nouvelle interprétation de la 2CV. Le concept annonce une version de série extrêmement proche pour 2028, tandis qu’une déclinaison fourgonnette accompagne cette renaissance. Le lien entre l’étude de salon et la future voiture commercialisée est ici particulièrement concret.
Les Fiat Multiplay et Multiplina, l’Alfa Romeo Cuorerosso et l’Opel STX complètent l’ensemble. Malgré leur diversité, ces propositions ont un point commun : le SUV n’est plus la silhouette choisie par défaut pour imaginer la suite.
Des silhouettes basses, avec une exception chez Fiat
Citadines, coupés, berlines compactes ou longues : Stellantis explore plusieurs formats. Signé Alejandro Mesonero, le grand coupé quatre portes Alfa Romeo illustre cette recherche, à l’autre extrémité du spectre par rapport à la petite Citroën.
Le Fiat Multiplay fait exception. Il mêle les codes du SUV et du pick-up, avec une extension de cabine à la demande. La proposition reste plus expérimentale, alors que les autres études paraissent presque toutes proches de la route.
Une voiture de salon peut se limiter à un exercice de style, sans perspective commerciale. À Paris, plusieurs concepts indiquent plutôt la direction des futurs modèles : la 2CV dispose d’un horizon de lancement annoncé, et la DS Fever esquisse une succession. Cela ne fait pas pour autant de chaque étude un modèle de série confirmé.
Le signal concerne donc d’abord les choix de carrosserie. Les marques cherchent à proposer autre chose qu’un véhicule surélevé, sans se limiter à une seule alternative. Petite voiture, berline ou coupé peuvent chacun retrouver une place dans leurs projets.
Le succès de Tesla nourrit la réflexion sur les SUV
Pour Thierry Metroz, patron du style DS et auteur du concept Fever, cette orientation répond à une lassitude. À la veille du salon, il résumait son sentiment ainsi : « Les gens en ont un peu marre des SUV. »
Le designer prend le Tesla Model Y comme exemple. À ses yeux, son attrait tient davantage à son habitabilité et à son contenu technologique qu’à son appartenance à une catégorie : « Elle est habitable et techno et c’est pour ça que les gens l’achètent. »

Ce raisonnement distingue l’étiquette SUV des codes stylistiques qu’elle recouvre. Historiquement, ces véhicules empruntent au monde du tout-terrain une silhouette plutôt carrée, des protections de passages de roues, des pare-chocs imposants et une caisse plus haute. Ils n’en offrent pas nécessairement les mêmes capacités hors bitume.
Selon Metroz, le Model Y s’éloigne de ces attributs, malgré sa position de conduite surélevée. Le débat porte donc autant sur la définition du SUV que sur son éventuel recul : une voiture peut séduire sans afficher les signes extérieurs du baroudeur.
La Tesla Model 3 apporte un autre éclairage. Elle a redonné de l’élan à la berline à coffre, délaissée sur une grande partie des marchés européens. Son contenu technologique et son autonomie ont toutefois probablement davantage pesé dans son succès que sa seule carrosserie tricorps. Le format ne suffit pas à expliquer l’attrait d’un modèle.

Monospaces et breaks reviennent aussi dans les projets
Les gammes européennes restent largement composées de SUV. Les concepts parisiens ne permettent donc pas d’annoncer leur disparition des ventes. Ils témoignent plutôt d’une volonté d’élargir l’offre, y compris chez les constructeurs chinois engagés dans la conquête du marché européen.
BYD, Xpeng et MG n’oublient pas les berlines, avec les Seal, P7+ et IM5. L’alternative au SUV ne se limite donc pas à une réaction des marques européennes : plusieurs acteurs travaillent déjà sur d’autres silhouettes.
Le groupe Renault participe également à ce mouvement. La R8 Gordini renaît sous la forme d’un exemplaire unique sans lendemain annoncé, tandis que l’Alpine A310 et le concept E-Space ouvrent des pistes plus prospectives. Malgré ses jantes de 23 pouces, ce dernier conserve une silhouette de monospace identifiable. Le format de la « voiture à vivre » retrouve ainsi une place dans les réflexions du constructeur.
Chez Dacia, le Striker remet en avant le break surélevé, une formule autrefois associée notamment à Volvo et Audi. Les Kia K4, BMW i3 et Range Rover GT élargissent encore cet éventail de propositions.
Le contraste est net : les gammes restent dominées par les SUV, mais les projets explorent davantage de formats. Ces concepts dessinent une alternative au tout-SUV, pas encore un basculement des ventes.






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