Isack Hadjar chez Red Bull résume un défi rare en F1 : progresser assez vite pour exister aux côtés de Max Verstappen sans se laisser écraser par la comparaison.
Isack Hadjar chez Red Bull, un baquet sous tension
S’installer dans le second baquet Red Bull en 2026 ne ressemble pas à un simple changement d’écurie pour Isack Hadjar. Le Français se retrouve face à Max Verstappen, référence absolue en interne, dans une structure où la comparaison laisse très peu de place aux nuances. Chaque séance, chaque tour lancé, chaque écart devient un indicateur de niveau.
Sergio Pérez, ancien équipier de Verstappen à Milton Keynes, a résumé la difficulté du poste avec des mots très directs. Le Mexicain a décrit le rôle de coéquipier de Max chez Red Bull comme « de loin le pire travail en Formule 1 ». Son constat est brutal : « Je savais dans quoi je m’engageais. Tout ce projet tourne autour de Max. Chez Red Bull, tout était un problème. Si j’étais trop rapide, c’était un problème, parce que cela créait naturellement une atmosphère très tendue chez Red Bull. Si j’étais plus rapide que Max, c’était un problème. Si j’étais plus lent que Max, c’était un problème. Donc tout était un problème. »
Cette phrase dit beaucoup de la pression propre à ce baquet. Dans une écurie construite autour d’un pilote aussi dominant, le coéquipier ne doit pas seulement aller vite. Il doit aussi avancer dans un cadre où la hiérarchie sportive, la confiance technique et la solidité mentale sont mises à l’épreuve en permanence.
Le précédent Pérez, Lawson et Tsunoda
La trajectoire des pilotes passés par ce baquet donne du relief au diagnostic de Pérez. Liam Lawson n’a tenu que deux courses avant de perdre sa place. Yuki Tsunoda, lui aussi confronté au niveau de Verstappen, a lourdement souffert de la comparaison avant de céder son baquet à Isack Hadjar à la fin de 2025.
Hadjar arrive donc dans un environnement déjà marqué par plusieurs échecs récents. Son début de parcours n’en est que plus scruté, d’autant qu’il fait mieux que ses prédécesseurs. Le Français semble d’ailleurs conscient de cette différence. À Barcelone, où il a évoqué sa période aux côtés de Verstappen, il sortait du week-end précédant le 18 juin 2026 avec son premier podium comme pilote Red Bull Racing.
Ce résultat ne gomme pas l’ampleur du chantier, mais il change le ton autour de lui. Hadjar ne donne pas l’image d’un pilote dépassé par la tâche. Il décrit plutôt un apprentissage exigeant, avec des progrès à produire vite, sans minimiser l’écart d’expérience et de maîtrise qui le sépare de Verstappen.
Un écart d’expérience que Hadjar assume
Le Français estime que le regard de l’écurie reste globalement positif. « Nous parlons surtout des choses que je dois encore améliorer. Je pense que nous sommes tous satisfaits de là où je me situe actuellement, en tout cas en ce qui concerne mes performances générales », explique-t-il.
La suite de son analyse montre pourtant qu’il ne se contente pas de ce premier bilan. « Mais oui, d’un autre côté, je veux aussi faire encore mieux. Je veux me rapprocher davantage de Max. C’est là-dessus que je me concentre maintenant. Mais oui, c’est la différence entre un an en Formule 1 et onze ans en Formule 1. Cela se ressent dans tous les domaines. Je dois améliorer l’ensemble, et cela prend du temps. »
La nuance compte. Hadjar ne réduit pas l’écart à un détail de pilotage, à un réglage ou à un secteur de piste. Il parle du « tableau d’ensemble », ce qui renvoie autant à la constance qu’à la compréhension de la monoplace, à la capacité à construire un week-end et à l’exécution sous pression.
Face à Verstappen, la moindre approximation prend immédiatement plus de poids. Un pilote moins expérimenté peut signer un bon tour ou réussir une course solide. La vraie difficulté consiste à répéter ce niveau sans baisse d’intensité. C’est là que le contraste entre une première saison complète et onze années de Formule 1 devient central.
Verstappen impose un rythme permanent
Hadjar ne cache pas l’impact produit par Verstappen lorsqu’ils partagent la même voiture et les mêmes références de performance. Le Français le décrit comme un pilote capable d’extraire le maximum de lui-même et de son matériel, en continu, quelles que soient les conditions de roulage.
Cette régularité installe une pression très particulière. « Il n’y a tout simplement pas de temps pour se relâcher. À chaque fois que tu es en piste, il signe un tour du plus haut niveau que nous ayons jamais vu. Je dois vraiment faire de grands pas en avant et cela me demande beaucoup d’efforts pour atteindre le même niveau, ou même simplement m’en approcher. À chaque fois que je suis en piste, je dois tirer le maximum de moi-même. Il est juste tellement impressionnant », confie le pilote Red Bull.
Dans ce passage, Hadjar ne décrit pas seulement un duel classique. Verstappen fixe un standard permanent. Il n’est pas seulement le coéquipier à battre, mais la mesure quotidienne du niveau requis. Pour le Français, cela laisse très peu de temps mort dans la construction de sa progression.
Pour Red Bull, l’enjeu dépasse le seul cas Hadjar. Après les difficultés connues par les précédents occupants du baquet, voir un jeune pilote encaisser cette pression tout en signant un podium change la perception de son adaptation. Le défi reste immense, mais Hadjar donne au moins l’image d’un pilote qui comprend exactement la hauteur de la marche.
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