Fabio Quartararo chez Yamaha, c’était un pari sur le redressement de la M1, pas un choix motivé par l’argent, assure le pilote français.
Fabio Quartararo chez Yamaha : pourquoi il a prolongé
Quand il signe en 2024 pour deux saisons supplémentaires, Fabio Quartararo n’a plus gagné en MotoGP depuis le Grand Prix d’Allemagne 2022. Sa décision intrigue. La M1 ne lui permet plus de se battre régulièrement pour la victoire, tandis qu’Aprilia apparaît comme une alternative possible et que Ducati figure parmi les pistes évoquées.
Son nouveau contrat, particulièrement rémunérateur, nourrit le soupçon d’un choix financier. Quartararo le conteste : « On dit que c’était une question d’argent, mais ce que les gens ignorent, c’est que je gagnais déjà très bien ma vie avec mon précédent contrat. Ce n’est pas nouveau. »
Il met plutôt en avant les perspectives sportives de Yamaha : « Lorsque j’ai décidé de rester pour 2025 et 2026, je croyais sincèrement au projet. » À ses yeux, la moto n’avait pas déjà retrouvé le niveau nécessaire pour gagner. Il pensait qu’elle pouvait y parvenir pendant la durée de son contrat.
Deux ans après sa prolongation, Quartararo ne présente donc pas sa décision comme une erreur qu’il aurait dû éviter à tout prix. Le pari, en revanche, n’a pas donné les résultats espérés.
Trois poles et un espoir brisé à Silverstone
Le début de 2025 aide à comprendre pourquoi il y croyait encore. Quartararo décroche trois poles consécutives, à Jerez, au Mans puis à Silverstone. Il monte sur le podium à Jerez et mène une course au Mans. Sa série sans victoire se poursuit, mais la M1 lui donne de nouveau des occasions de jouer devant.
À Silverstone, la victoire semble à portée de main. Une défaillance mécanique liée au dispositif de correction d’assiette met pourtant fin à son Grand Prix. Pour un pilote qui attend un succès depuis 2022, cet abandon est d’autant plus difficile à accepter qu’il survient au moment où sa confiance dans le projet Yamaha semblait pouvoir être récompensée.
« Le regret qui persiste est celui de Silverstone », dit-il. Sa déception concerne cette course, pas sa prolongation. Les poles, le podium et la course menée au Mans lui avaient donné des raisons d’espérer en 2025, même si aucune victoire n’a suivi.
Le passage au V4 change le calendrier
Yamaha prend ensuite une autre direction. « À un moment donné, ils ont arrêté le développement de la moto pour se concentrer sur la V4 », résume Quartararo. Le constructeur donne la priorité à une nouvelle architecture moteur plutôt qu’à la poursuite des progrès de sa M1 à quatre cylindres en ligne.
Le V4 représente un chantier majeur pour Yamaha. Honda, Ducati, Aprilia et Ktm disposent déjà d’une expérience de cette architecture. Le constructeur d’Iwata doit aussi préparer le passage aux 850 cc en 2027. En se consacrant à la moto de demain, il interrompt le développement de celle avec laquelle Quartararo venait de retrouver quelques résultats.
Leurs attentes ne coïncident plus. Yamaha travaille à sa transformation technique, alors que Quartararo a déjà passé plusieurs saisons sans gagner. Les signes encourageants de 2025 n’ont pas débouché sur le retour durable qu’il espérait en signant.

Honda en 2027, sans renier le choix de 2024
La saison 2026 ne lui apporte pas la récompense attendue. Quartararo occupe la 15e place du championnat et estime désormais qu’un podium n’est plus un objectif réaliste. Son regard sur la prolongation reste toutefois nuancé : « Est-ce que ça a fonctionné ? Non. Mais je ne le regrette pas. »
Il dit avoir donné le meilleur de lui-même avant d’évoquer la séparation, sans renier ce qu’il croyait en 2024 : « Je crois qu’il est temps pour nous deux de prendre des chemins différents. » Yamaha poursuit son chantier autour du V4. Quartararo a choisi Honda pour la suite, à l’approche de la nouvelle génération de MotoGP prévue en 2027.
Son départ ne change pas les raisons de sa prolongation. Il est resté parce qu’il croyait Yamaha capable de progresser, et les résultats du début de saison 2025 ont un temps conforté cette conviction. Le changement de priorité vers le V4, puis une année 2026 difficile, ont mis fin à cette attente.








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