La Williams FW47 inquiète Carlos Sainz, qui estime que l’écurie de Grove doit revoir sa copie pour retrouver du rythme face à ses rivales directes.
La Williams FW47 face à un déficit clair
Le ton de Carlos Sainz contraste avec l’élan qui avait accompagné son arrivée chez Williams. Écarté par Ferrari au profit de Lewis Hamilton, l’Espagnol avait surpris une partie du paddock en choisissant l’écurie de Grove, dans un marché des pilotes où les baquets réellement attractifs étaient rares.
Ce choix avait pourtant vite trouvé une justification sportive. Sainz avait décroché deux podiums et aidé Williams à s’installer comme la meilleure équipe derrière les références établies que sont Mclaren, Mercedes, Ferrari et Red Bull. Pour une structure en quête de rapprochement avec le haut de la grille, la progression était nette, presque symbolique.
Le changement de saison et de réglementation a cassé cette dynamique. Williams pointe actuellement au huitième rang du classement, et son meilleur résultat est arrivé dans le contexte très particulier d’un Grand Prix de Monaco chaotique. La FW47 ne confirme donc pas encore sur des circuits plus représentatifs, là où le rythme pur compte davantage que les circonstances de course.
Sainz ne masque pas le diagnostic. « Je pense qu’il est temps de reprendre le problème à la base et de commencer à apporter davantage de choses sur la voiture, parce que clairement, sur une piste à vitesse moyenne, nous sommes très loin », explique-t-il. Dans la bouche d’un pilote, cette formulation dépasse la simple frustration d’après-course. Elle désigne un manque plus profond, qui ne se corrige pas avec un réglage isolé entre deux séances.
Sainz pointe l’appui et le poids
Le constat s’est encore précisé après sa course à domicile. Williams s’attendait à souffrir, mais l’écart a été plus sévère que prévu dans les portions rapides et semi-rapides. Sainz parle même d’un choc, avant de nuancer le terme. L’équipe savait qu’elle avait du retard, mais la comparaison directe en piste l’a rendu plus tangible.
Deux zones ressortent dans son analyse. La première concerne le poids, toujours pénalisant en F1 dès que la voiture doit changer d’appui, freiner tard ou relancer proprement. La seconde, plus centrale encore, touche à l’appui aérodynamique. Sans charge suffisante, une monoplace perd de la vitesse de passage en courbe, use davantage ses pneus et oblige le pilote à composer avec une marge plus réduite.
« En partie, c’est lié au poids, mais encore plus à l’appui dans la voiture », détaille Sainz. Cette hiérarchie compte. Une voiture trop lourde coûte du temps partout, tandis qu’un manque d’appui se voit surtout sur les circuits à virages moyens et rapides, précisément le type de tracé où Williams apparaît en difficulté.
L’Espagnol décrit l’écart avec les rivaux de Williams comme une prise de conscience brutale. « Je ne veux pas appeler ça un choc, ni même un signal d’alarme, parce que nous le savions, mais plutôt la réalisation que nous sommes vraiment loin de là où nous devrions être, là où nous avions prévu d’être. » Les attentes internes transparaissent clairement. Williams ne cherchait pas seulement à limiter les dégâts, elle visait un niveau supérieur à celui affiché aujourd’hui.
Albon déjà prudent avant l’Autriche
La préoccupation ne vient pas seulement de Sainz. Alex Albon exprime lui aussi un manque de confiance dans sa voiture et anticipe déjà un week-end difficile en Autriche. Quand les deux pilotes convergent sur le comportement d’une monoplace, le sujet dépasse le ressenti personnel ou l’adaptation à un style de pilotage.
Pour Williams, l’enjeu est double. À court terme, il faut extraire ce qui reste possible de la FW47 sur des circuits qui ne lui conviennent pas naturellement. À moyen terme, l’équipe doit éviter que ce déficit ne l’installe durablement dans le ventre mou du classement. La huitième place actuelle reflète une perte de terrain par rapport à l’élan de la saison précédente.
La difficulté tient aussi au type de progrès recherché. Gagner quelques dixièmes ne se décrète pas, surtout quand le déficit combine masse et aérodynamique. Les réglages peuvent atténuer certains traits, mais ils ne remplacent pas des évolutions capables de modifier le niveau de charge ou d’alléger réellement la monoplace.
Sainz insiste pourtant sur le fait que Williams travaille déjà à pleine intensité. Son message n’a rien d’une attaque frontale contre l’écurie; il met plutôt une pression assumée sur la nécessité d’accélérer. « Chaque semaine, pour l’équipe, il est très important de trouver des points d’appui ou des kilos de poids », dit-il, avant d’ajouter que l’effort actuel pourrait ne pas suffire.
Des évolutions attendues, mais peut-être insuffisantes
Le point positif, dans ce tableau tendu, vient des évolutions prévues. Sainz sait ce qui doit arriver sur la voiture et se montre confiant sur la qualité habituelle des pièces développées par Williams. « Je sais ce qui arrive, et ce qui vient normalement de cette équipe a vraiment tendance à fonctionner », assure-t-il.
Cette confiance ne dissipe pas son inquiétude. Même si les nouveautés donnent les résultats espérés, l’Espagnol doute qu’elles suffisent à combler l’écart observé sur ce type de circuit. La nuance est importante : Williams ne doit pas seulement valider son plan de développement, elle doit peut-être l’amplifier.
Dans une grille où les écarts se resserrent, le développement devient une course parallèle. Chaque point d’appui gagné peut transformer la stabilité en courbe, chaque kilo économisé peut améliorer la réactivité de la monoplace. Sainz réclame précisément cette accumulation de gains, semaine après semaine, pour replacer Williams dans la zone qu’elle visait.
La situation est d’autant plus sensible que le nom de Sainz circule déjà du côté d’équipes rivales. La source du problème reste sportive : un pilote arrivé avec l’ambition de prolonger la progression de Grove se retrouve à demander davantage à une voiture qui plafonne. La FW47 a besoin d’évolutions, mais surtout d’un cap plus tranché pour retrouver la trajectoire espérée par Williams.
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