La Kia EV4 GT mise sur l’efficacité et les sensations plutôt que sur la course à la puissance, avec 292 ch, une suspension pilotée et une boîte de vitesses virtuelle.
Kia EV4 GT : une compacte au style bien affirmé
Avec ses 4,43 m de long et un empattement supérieur à celui d’un Scénic E-TECH, l’EV4 se classe parmi les grandes compactes. Ces proportions bénéficient autant à l’espace intérieur qu’à l’intégration de la batterie. Kia conserve une silhouette à hayon adaptée aux attentes du marché européen, sans reprendre les codes visuels les plus répandus.
La face avant très géométrique, les lignes tendues et la signature lumineuse verticale donnent d’emblée une identité à la voiture. Les feux matriciels sont montés de série sur les finitions GT Line et GT. Sur les flancs, les poignées escamotables participent au travail aérodynamique, tandis que les passages de roue accentuent l’aspect anguleux de la carrosserie.

À l’arrière, Kia délaisse le bandeau lumineux horizontal au profit de feux en forme de boomerang. La version GT reçoit en plus un bouclier avant plus agressif et un diffuseur arrière inspiré de la F1. Les jantes en alliage de 20 pouces et les étriers de frein jaunes lui sont également réservés. Sur cette configuration entièrement noire, ces touches colorées suffisent à distinguer la déclinaison sportive.
À bord, la planche de bord reprend l’organisation déjà utilisée par l’EV3. Un large bandeau regroupe trois écrans distincts, dédiés à l’instrumentation, à la climatisation et au système multimédia. Cette disposition étire visuellement l’habitacle tout en conservant certaines commandes physiques.

L’ergonomie réclame néanmoins un temps d’adaptation. Identifiée par la mention « EV », la commande de démarrage prend place sur le commodo qui sert aussi à sélectionner le sens de marche. Touches classiques, surfaces haptiques, écran tactile et volant multifonction se côtoient. L’ensemble paraît plus complexe qu’une interface centralisée, mais plusieurs fonctions restent directement accessibles.
La présentation sportive repose sur des ceintures jaunes, une touche GT assortie sur le volant et des surpiqûres de la même couleur. La sellerie spécifique mêle cuir et Alcantara. Grâce aux dimensions généreuses de la voiture, deux adultes disposent de suffisamment de place sur les principales places arrière.
Sous le hayon motorisé, le coffre offre 435 litres. Son ouverture peut aussi être commandée à distance depuis la télécommande. Cette capacité et cet équipement correspondent bien à l’usage familial d’une grande compacte.

Deux moteurs et un châssis retravaillé
Les EV4 standard utilisent un moteur avant de 204 ch. La GT en adopte deux, une implantation partagée avec l’EV4 GT Line de 265 ch. Le bloc avant développe 197 ch, tandis que le moteur arrière ajoute 95 ch, pour une puissance cumulée de 292 ch transmise aux quatre roues.
Kia reste sous le seuil symbolique des 300 ch, mais les performances progressent nettement. Le 0 à 100 km/h est annoncé en 5,6 s, une accélération qui apporte à cette compacte électrique le répondant attendu d’une version sportive.
Les différences ne se limitent pas aux moteurs. La direction bénéficie de réglages spécifiques, tandis que le train avant gagne en précision et en remontée d’informations. Le modèle essayé était chaussé de Pirelli P Zero, moins orientés vers l’efficience que les pneumatiques des versions classiques, mais mieux adaptés à une conduite dynamique.

Lorsque le mode GT est activé, la suspension pilotée contient efficacement les mouvements de caisse. L’EV4 bénéficie aussi d’un centre de gravité plus bas que celui d’un SUV électrique, ce qui favorise les prises d’appui. En ville, le compromis se montre logiquement plus ferme. Avec le réglage le plus sportif, les pneus à taille basse transmettent davantage les irrégularités de la chaussée.
L’élément le plus distinctif demeure la boîte de vitesses virtuelle, une technologie déjà employée par Hyundai sur la Ioniq 5 N. Les palettes servent à simuler les changements de rapport et leurs ruptures de couple. La poussée perd ainsi sa parfaite linéarité, ce qui rythme les accélérations et implique davantage le conducteur.
Ce dispositif ne vise pas à améliorer le chronomètre. Il recrée plutôt une partie des interactions propres à une sportive thermique, souvent absentes sur une électrique. Son activation reste facultative, afin de retrouver une conduite fluide au quotidien.
Une batterie de 81,4 kWh et plus de 500 km
La GT reçoit la plus grande batterie de la gamme, un pack NMC fourni par LG d’une capacité de 81,4 kWh. Son poids et ses pneumatiques sportifs pénalisent son efficience face à l’EV4 la plus sobre, mais l’autonomie annoncée demeure supérieure à 500 km.
L’architecture électrique fonctionne sous 400 V et ne permet donc pas d’atteindre les puissances de recharge des rares modèles dotés d’un système 800 V. Aucun chiffre précis de puissance ou de durée de charge n’est communiqué, mais les performances sont présentées comme se situant dans la moyenne du marché.

L’EV4 GT dispose également d’une fonction de déplacement à distance. Elle peut avancer ou reculer sans conducteur à bord, notamment pour entrer dans une place étroite ou se rapprocher d’un mur sans empêcher l’ouverture de la portière.
Kia facilite aussi la désactivation de l’alerte de survitesse. Un appui long sur la commande de volume du volant suffit, sans avoir à parcourir les menus après chaque redémarrage. Ce raccourci atténue l’un des irritants liés aux aides à la conduite obligatoires.
Un prix élevé compensé par l’équipement
La gamme Kia EV4 débute à 38 690 euros avec la version Air 4×2 de 204 ch et sa batterie de 58 kWh. Parmi les versions dont le tarif est précisé, l’EV4 GT Line 4×4 de 265 ch se place à l’autre extrémité avec un prix de 50 490 euros.
La GT réclame plus de 6 000 euros supplémentaires par rapport à cette GT Line, alors que l’écart de puissance reste inférieur à 30 ch. La différence repose donc largement sur le châssis, la présentation spécifique et une dotation toutes options, plutôt que sur la seule fiche moteur.

L’EV4 est produite à Zilina, en Slovaquie, tandis que ses batteries LG sont assemblées en Pologne. Cette fabrication européenne lui donne accès aux aides à l’achat françaises, avec une bonification liée à l’origine européenne de la batterie. Les versions les plus onéreuses en restent toutefois exclues. Ailleurs dans la gamme, une configuration combinant la grande batterie et une autonomie pouvant atteindre 625 km demeure accessible.
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