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Koji Watanabe évoque le programme Honda Aston Martin en Formule 1 dans le paddock.

Honda Aston Martin F1 : Watanabe prône la patience

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Honda Aston Martin F1 traverse une zone de turbulences, et Koji Watanabe prévient déjà qu’un retour au premier plan demandera du temps.

Honda Aston Martin F1 : un chantier plus neuf qu’il n’y paraît

Le bilan est lourd pour Aston Martin à l’approche de l’Autriche, huitième manche de la saison. Entre Fernando Alonso et Lance Stroll, l’équipe ne compte que cinq arrivées en quatorze départs. En qualifications, le meilleur résultat de l’Espagnol se limite à une 17e place, quand son équipier n’a pas fait mieux que 19e. Le seul point inscrit l’a été à Monaco, dans un contexte davantage lié aux erreurs de la FOM et de la FIA qu’à une progression nette de la monoplace ou du groupe propulseur.

Dans ce contexte, Koji Watanabe, président de HRC, refuse de présenter la situation comme une simple continuité de l’ère Red Bull. Le partenariat avec Aston Martin s’ouvre dans un cadre totalement différent, avec une réglementation nouvelle, un carburant Aramco et un lubrifiant Valvoline. Rien ne se transpose mécaniquement depuis le programme précédent.

Watanabe le résume sans détour : « Il est important de reconnaître que la situation actuelle est fondamentalement différente de l’époque où nous travaillions avec Red Bull. La réglementation est assez difficile, c’est un nouveau partenariat avec Aston Martin, le carburant est Aramco, un nouveau partenaire, et le lubrifiant est Valvoline, ce qui est également nouveau. Donc tout est nouveau pour nous et ce n’est pas facile. »

Cette déclaration fixe le cadre. Honda ne se contente pas de remettre un moteur en piste avec une autre écurie. Le constructeur japonais doit faire fonctionner un ensemble inédit, dans une F1 où l’intégration entre châssis, groupe propulseur, carburant, lubrifiant et exploitation d’équipe conditionne directement le niveau de performance.

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Le retrait de 2021 pèse encore sur Honda

Le défi technique ne vient pas de nulle part. Après l’annonce du retrait de Honda de la F1 à la fin de la saison 2021, une partie importante des compétences s’est dispersée. Certains ingénieurs de premier plan ont rejoint Red Bull Powertrains, d’autres ont basculé vers d’autres secteurs de l’entreprise. Pour HRC, il a donc fallu reconstruire une base humaine et technique avant même de retrouver un rythme de développement complet.

Watanabe reconnaît ce retard : « Le rattrapage du délai causé par notre retrait précédent a pris du temps. Le démarrage tardif du développement, ainsi que le temps nécessaire pour reconstruire les capacités indispensables et faire revenir les talents requis, ont été un facteur significatif. »

Cette explication éclaire la prudence actuelle. Honda ne repart pas d’une feuille blanche au sens strict, mais son organisation F1 a été fragilisée par cette coupure. Dans une réglementation aussi contraignante, perdre du temps au lancement d’un programme peut se payer longtemps, surtout lorsque la fiabilité doit être sécurisée avant de chercher la performance pure.

C’est l’ordre de priorité assumé par HRC. Depuis que l’ampleur du travail est apparue, le premier objectif consiste à faire tenir le groupe propulseur. La vitesse viendra ensuite. Cette logique est classique en sport automobile, car une monoplace incapable de finir ne peut pas convertir son potentiel en résultat. Elle reste toutefois difficile à porter pour une équipe qui vise plus haut et pour des pilotes confrontés chaque week-end aux limites du package.

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Fiabilité d’abord, performance ensuite

Honda prévoit une évolution du moteur thermique après la pause estivale. Watanabe coupe pourtant court à l’idée d’un changement radical immédiat. « Cela ne modifiera pas spectaculairement la situation du jour au lendemain, donc notre approche reste inchangée et nous continuerons à travailler avec une perspective à long terme. »

Le message est limpide : l’amélioration existe dans le plan de développement, mais elle ne doit pas être présentée comme une solution miracle. Pour Aston Martin, la remontée sera progressive, à condition que le châssis, l’exploitation et le groupe propulseur avancent ensemble. Watanabe cite d’ailleurs tous ces domaines dans les discussions avec Lawrence Stroll : performance du groupe propulseur, performance du châssis, opérations d’équipe et ensemble de l’organisation.

Cette approche globale compte autant que la puissance brute. Un groupe propulseur compétitif ne compense pas seul une monoplace mal équilibrée ou une exploitation imparfaite. À l’inverse, une base châssis solide peut être bridée par un déficit moteur. Dans le cas Aston Martin Honda, le problème décrit touche plusieurs couches du projet, ce qui explique la référence répétée au long terme.

Pour Alonso, ce discours a forcément une résonance particulière. Le double champion du monde a déjà vécu le fiasco Mclaren Honda en 2015, lorsque le retour très attendu du motoriste japonais avec l’équipe de Woking s’était transformé en échec majeur. La source du malaise actuel n’est pas identique, mais le parallèle sportif est évident : un grand nom, un motoriste ambitieux, un démarrage difficile et une patience demandée aux pilotes.

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Lawrence Stroll garde sa confiance

Malgré les résultats faibles, Watanabe affirme que Lawrence Stroll reste engagé aux côtés de Honda. « Il croit fortement aux capacités de Honda. Bien sûr, il n’est pas satisfait et je ne suis pas satisfait de la situation actuelle, mais nous discutons souvent de la manière dont nous pouvons redresser la situation, y compris la performance du groupe propulseur, la performance du châssis, les opérations de l’équipe et tout ce qui est nécessaire pour revenir à la position que nous voulons. »

Cette déclaration pèse aussi politiquement dans le paddock. Aston Martin ne peut pas se contenter d’attendre un moteur plus performant si le reste de la structure ne suit pas. Honda, de son côté, doit prouver que son retour ne se limite pas à une promesse héritée de ses succès récents avec Red Bull. La confiance de Stroll offre du temps, sans effacer la pression créée par les résultats.

La position d’Alonso ajoute une tension supplémentaire. Le pilote espagnol est présenté comme regardant ailleurs, ce qui n’a rien d’étonnant au vu de la trajectoire sportive actuelle. Pour un pilote de son calibre, entendre parler de « perspective à long terme » peut difficilement suffire, surtout lorsque les places en qualifications et les arrivées en course restent si loin des ambitions affichées.

Watanabe insiste aussi sur l’engagement de Honda envers la F1. « Il n’y a aucun changement dans notre évaluation ou notre engagement envers HRC ou les activités de sport automobile à ce stade. Relever le défi de la Formule 1 fait toujours partie de l’ADN de Honda, et cela n’a pas changé. Nous avons un engagement à long terme. »

Le discours se veut ferme, sans promesse de redressement instantané. Honda assume un programme à reconstruire, Aston Martin encaisse un début de saison très compliqué, et la suite dépendra autant de la fiabilité retrouvée que de la capacité à transformer les évolutions prévues en rythme réel sur la piste.

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A propos de l'auteur

Marion, 31 ans, rédactrice chez Moteur Actu, suit l'actualité automobile et les sorties constructeurs. Passionnée d'auto depuis l'enfance, elle relaie les annonces produits, lancements internationaux et tendances du secteur avec un regard accessible aux passionnés comme aux non-initiés.

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