La stratégie Mercedes à Madrid a ravivé les doutes de George Russell, cinquième après deux arrêts pendant que Kimi Antonelli remportait une deuxième course consécutive.

Pourquoi Russell a questionné la stratégie Mercedes à Madrid
Sixième sur la grille du Madring, Russell avait opté pour les pneus durs, comme Charles Leclerc devant lui, tandis que Kimi Antonelli et Lando Norris s’élançaient en mediums. Le Britannique comptait ainsi prolonger son premier relais dans une course où la forte dégradation annoncée devait ouvrir plusieurs possibilités stratégiques.
Bloqué derrière la Ferrari, Russell a rapidement demandé à son muret d’envisager une autre approche. Lorsque son ingénieur Marcus Dudley lui a rappelé l’objectif du « plan A », sa réponse a été directe : « Pourquoi ne pas essayer ? » Mercedes lui a alors demandé de poursuivre sa gestion des gommes.
La situation de Leclerc a nourri son incompréhension. Russell estimait que le Monégasque pouvait « facilement aller au bout » avec ses durs, tandis que Ferrari conservait précisément cette possibilité. La suite n’a pas totalement validé cette hypothèse, mais elle a montré que ce pari pouvait être prolongé très loin.
Une Virtual Safety Car décisive pour les deux arrêts
L’arrêt de Lance Stroll a déclenché une Virtual Safety Car qui a bouleversé les stratégies. Antonelli et Max Verstappen sont passés par les stands, tout comme Russell, qui a troqué ses durs contre des mediums. Norris a manqué cette fenêtre avant de subir un arrêt très lent sous régime normal. Il est alors ressorti derrière la Mercedes du Britannique.
Russell pensait pouvoir gérer ses mediums tout en maintenant la Mclaren derrière lui. Mercedes doutait toutefois que ce train puisse tenir jusqu’à l’arrivée. L’écurie l’a donc rappelé pour un deuxième arrêt, cette fois afin de chausser des pneus durs. Cette décision a aussitôt offert la position à Norris, ensuite monté sur le podium.
Leclerc a suivi une logique opposée. Ferrari l’a laissé en piste pendant la VSC, ce qui lui a permis de prendre la tête avec ses vieux pneus durs. Le Monégasque a mené 32 des 57 tours, dans l’espoir qu’un Safety Car tardif récompense ce choix, avant de s’arrêter au 48e passage. Après la course, il a expliqué qu’il referait la même stratégie, sa quatrième place représentant probablement son meilleur résultat sans intervention favorable.
La comparaison finale entretient malgré tout la frustration de Russell. Leclerc a terminé quatrième à 29,116 secondes d’Antonelli, contre 29,829 secondes pour la Mercedes. Seulement sept dixièmes séparaient donc les deux pilotes. Cet écart ne prouve pas que Russell aurait gagné une position en restant en piste, mais il permet de mieux comprendre ses interrogations depuis le cockpit.
Toto Wolff défend la décision de Mercedes
Toto Wolff a assumé le choix de son équipe : « Nous avons fait le bon choix. » Russell avait indiqué que ses mediums n’étaient pas dans un état satisfaisant, et Mercedes doutait sérieusement de leur endurance jusqu’au drapeau à damier. Lorsqu’une fenêtre d’arrêt s’est ouverte, l’écurie a préféré sécuriser le résultat plutôt que miser sur un éventuel drapeau rouge.
Après l’arrivée, Russell a lui aussi tempéré sa réaction. « Sur le moment, je me posais des questions », a-t-il reconnu. Il a admis que le dur était le meilleur composé et estimé qu’il aurait probablement terminé à la même place avec une autre option, tant les dépassements étaient difficiles sur le Madring.
Le pilote britannique ne parle donc pas de traitement défavorable. Son malaise tient plutôt à une succession de décisions qui, deux week-ends de suite, ont précédé une victoire d’Antonelli et laissé Russell avec le sentiment que la course aurait pu être abordée autrement.
Monza et Madrid pèsent sur la lutte pour le titre
Une semaine auparavant à Monza, Russell menait devant Antonelli lorsqu’une VSC avait permis à Mercedes de différencier les stratégies. L’Italien avait reçu des mediums neufs, alors que son équipier poursuivait sur ses durs. Antonelli était revenu sur la première Mercedes avant de la dépasser à trois tours de l’arrivée pour s’imposer.
Russell avait accepté cette décision, logique à ses yeux pour protéger les intérêts de l’écurie, tout en reconnaissant avoir été « un peu agacé » par le timing de la neutralisation. À Madrid, Wolff a ensuite fermement rejeté les accusations de favoritisme formulées après Monza, affirmant qu’il n’existait ni agenda caché ni préférence entre ses pilotes.
Les situations techniques étaient différentes sur les deux circuits. À Madrid, Russell et Antonelli ne partaient pas avec les mêmes gommes, et leurs courses n’ont pas suivi le même scénario. Mercedes disposait également d’un motif concret pour ne pas prolonger le relais du Britannique en mediums.
Le classement rend néanmoins cette séquence difficile pour Russell. Antonelli compte désormais huit victoires en 2026, contre deux pour son équipier, et possède 81 points d’avance. George Russell estime lui-même ne plus être réellement dans la lutte pour le titre pilotes. Mercedes veut maintenant l’aider à « libérer son potentiel », mais chaque nouveau succès d’Antonelli renforce le poids des décisions prises au muret.
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